CHAPITRE Ii
Adénites post-scarlatineuses
Définition et historique
Le terme d’adénite post-scarlatineuse a été créé par le médecin viennois Bela Schick (1) pour désigner une variété particulière dadénite scarlatineuse survenant dans les conditions suivantes : l’éruption est depuis longtemps terminée, l’apyrexie est complète depuis plusieurs jours déjà, le malade est convalescent, quand entre le vingtième et le trentième jour survient une tuméfaction des ganglions de l'angle de la mâchoire avec fièvre assez élevée. Fièvre et tuméfaction ganglionnaire persistent deux ou trois jours et disparaissent ensuite. Ce qui achève de caractériser cette adénite c’est que, très souvent, en même temps ou peu après, apparaissent d’autres complications, dont la plus grave et la plus fréquente est la néphrite.
Avant Schick, l'existence des tuméfactions ganglionnaires survenant pendant la convalescence de la scarlatine
n’avait pas passé tout à fait inaperçue. Leichtenstein (2),
1. Schick. « Die post-skarlatinose lymphadenitis ». /ahrbuch fur Kinderheilkunde, 1905, vol. LXII, n°5.
2. Leichtenstein. « Ueber die (1880 et 1881 zx Koln) Herrchende Skarlachepidemie. Deutsche medic. Wochenschuft, 1882, no° 13, 18, 19, 22.
le premier, remarqua que chez des sujets ayant succombé aux suites d’une néphrite scarlatineuse on trouvait à l’autopsie une tuméfaction parfois très notable des ganglions mésentériques et rétro-péritonéaux ; la rate pouvait être augmentée de volume. Le même auteur dit avoir souvent observé un gonflement des ganglions du cou, précédant une néphrite. Jurgensen et Filatow firent la même constatation.
En 1900, un médecin russe, Stembo (1) étudie ces adénites qui, apparaissant au cours de la convalescence de la scarlatine sont, pour lui, les signes avant-coureurs de la néphrite.
Mais ce fut surtout Schick, en 1905 et en 1907, qui publia les plus importants travaux sur ces adénites qu'il dénomma post-scarlatineuses. Il montra que, contrairement à ce que pensaient les auteurs précédents, elles pouvaient exister en dehors de toute néphrite.
En France, avons-nous dit, peu d'auteurs ont (raité cette question. Toutefois nous devons citer un article de Romme (2) qui met au point l'adénopathie post-scarlatineuse étudiée par Schick, Stembo et les autres auteurs que nous avons nommés plus haut. Le D: Thirion (3) dans la Pédiâtrie pratique cite une observation qui appuie la thèse
de Bela Schick. Les D" Babonneix et Berteaux font paraitre
4. Stembo. « Ueber die diagnostische und prognosüsche Bedentung der sekundaren lymphdrusen schwellung bei Scherlach ». Deutsche medie. Wochenschuft, 1900, no 22.