‹ Les Adénopathies Tuberculeuses Chirurgicales: Étude pathogénique, et quelques points de diagnosticChapitre 11 sur 33 · SUR EM · texte numérisé non relu

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noyaux eux-mêmes se colorent moins vivement. À un stade plus avancé, sa place n’est plus indiquée que par quelques noyaux indistincts rangés en cercle, ou même par des débris nucléaires. La caséification a débuté par le centre du follicule, elle gagne ensuite de proche en proche à la périphérie, atteignant les cellules épithélioïdes, puis les cellules embryonnaires, dont les limites deviennent de plus en plus vagues jusqu’à former une masse amorphe ne prenant presque plus les colorants.

En même temps les follicules voisins, se développant lentement à leur périphérie, arrivent au contact les uns des autres et se fusionnent de façon à former par leur réunion des masses nécrosées à bords polycycliques. Les lymphocytes survivants se réunissent en petits amas entre ces masses. Et ainsi se trouve constituée à son début la forme caséeuse.

c) Formes caséEusE (1), cASÉO-PURULENTE. — Le type caséeux pur est représenté par ces ganglions plus ou moins volumineux, sans adhérences, dont la consistance est ferme et la surface de section uniforme, opaque et terne, quelquefois résistante à l’ongle, quelquefois un peu plus tendre et friable, mais sans ramollissement. Lorsque le centre s’effrite sous le couteau, il y a déjà un commencement de fonte purulente ; celle-ci peut prendre une plus grande extension et on voit alors au milieu du ganglion une petite quantité de pus épais ; enfin le ganglion tout entier peut suppurer, à l'exception de la coque fibreuse qui s’est alors formée par l’épaississement de la capsule et son adhérence aux tissus voisins.

Pour expliquer la genèse de ces variétés, il n’y a qu’à se reporter au type précédent, de tuberculose mihaire, au stade où nous l'avons laissé : des follicules tuberculeux à centre déjà nécrosé se partageant le ganglion, à l'exception de quelques amas lymphocytaires. Ges derniers finissent par disparaître devant l'extension croissante des foyers tuberculeux, et ceux-ci, subissant de plus en plus la fermentation spéciale due au bacille de Koch, se caséifient du centre à la périphérie en perdant peu à peu toute

(1) V. planche IV, fig. 2.

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organisation cellulaire. Et le ganglion finit par n'être plus constitué que par un bloc de caséum sans structure dans une capsule peu hypertrophiée.

Mais souvent un autre processus entre en scène, avant même que la caséification soit totale : l'apparition de globules de pus au milieu d’une zone nécrosée. Cette suppuration, quelquefois due à une infection secondaire, peut être et est en réalité le plus fréquemment provoquée par le bacille de Koch seul, dont le pouvoir pyogène est actuellement reconnu.

D’ordinaire quand la suppuration survient, la capsule du ganglion se vascularise, s’épaissit ; une zone inflammatoire Punit au tissu cellulaire environnant : en un mot la périadénite s'organise. Et à la phase ultime cette coque conjonctive peut rester seule, le reste du ganglion s’éliminant par voie de suppuration.

d) Forme risreuse (1). — Elle est représentée par ces ganglions qui résistent à la coupe et crient sous le couteau, et dont la surface de section présente des travées dures, lisses, d’un blanc brillant, d'aspect fibrillaire, séparant des parties de parenchyme ganglionnaire plus ou moins touchées par l'évolution tuberculeuse, et doublant la capsule épaissie de l'organe.

Ce développement du tissu fibreux, nous en avons surpris le début dans nos essais expérimentaux sur les cobayes, dans la prolifération des cellules conjonctives fixes du réticulum du ganglion, qui se disposent en faisceaux autour des zones de dégénérescence. Cette hyperplasie conjonctive se manifeste souvent dès les premières phases de la tuberculose miliaire, et peut prendre un énorme développement. D'épaisses travées fibreuses cloisonnent et les follicules tuberculeux naissants, et mème des parties encore saines du ganglion ; elles finissent même par étouffer quelquefois ces dernières et par ne plus laisser des follicules tuberculeux que la cellule géante ou ses débris. D’autres fois, le processus pathologique provoqué par le bacille peut cependant se continuer, eton a alors une sorte de feutrage de nature fibreuse, cir-

(1) V. planche IV, fig. 8.

conscrivant des sortes d’alvéoles où l’on rencontre des masses caséeuses,ou suppurées, ou des amas lymphocytaires.Les ganglions du malade de notre observation IX présentaient un bel exemple de cette disposition.

e) Foru£ carcirée. — Nous n'insisterons pas sur cette variété que nous n’avons jamais observée, et qui est caractérisée par le dépôt de sels calcaires au centre d’une formation tuberculeuse : la masse ainsi constituée est composée de couches concentriques au centre desquelles on voit les restes d’une cellule géante. Autour de ce corps calcaire on trouve des zones de petites cellules rondes et de tissu fibreux.

I ne faut pas confondre ces calcifications avec les corpuscules de Schüppel, formations très rares, de petites dimensions, ayant leur centre dans une cellule géante qui donne naissance à deszones stratifiées empruntant aux cellules voisines des sels calcaires qui s’y déposent.

{) Forme LympHomATEusE. — L’adénopathie tuberculeuse à type spécial pour laquelle M. le professeur Berger a proposé le nom de lymphôme tuberculeux est caractérisée, suivant la description qu’en ont donnée MM. Berger et F. Bezançon, « par une tumeur unique, plus rarement par un petit groupe de tumeurs juxtaposées, voisines, mais indépendantes les unes des autres. Ces tumeurs sont parfaitement circonscrites, mobiles sur les plans profonds, indépendantes de la peau et des plans superficiels qui ne présentent à ce niveau aucune modification de leur consistance et de leur coloration. Leur volume varie de celui d’une noix à celui d’une mandarine ou d'une pomme. Leur surface est régulière et lisse, leur consistance est régulière et ferme ; on n'y trouve ni points de ramollissement, ni fluctuation. Elles sont parfaitement indolentes à la palpation. Elles ne déterminent pas davantage de douleurs spontanées ou de gène, elles ne donnent lieu à aucun trouble fonctionnel ni à la compression des troncs nerveux ou des organes voisins. »

« La lenteur de leur évolution en est le trait le plus caractéristique ; le sujet qui les porte les connaît depuis des années lorsqu'il

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