‹ Les Adénopathies Tuberculeuses Chirurgicales: Étude pathogénique, et quelques points de diagnosticChapitre 13 sur 33 · APT · texte numérisé non relu

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L'existence du lymphôme tuberculeux ainsi décrit nous parait indéniable, en tant que forme clinique spéciale de l’adénite tuberculeuse. Nous avons eu l'occasion d’observer nous-même des cas analogues à ceux que rapporte M. le professeur Berger (V. les observations XIE et XIII). Et nous pensons que la nature tuberculeuse de semblables tumeurs n’est pas douteuse, mème si les recherches bactériologiques ne décèlent pas le bacille de Koch, même si l'inoculation au cobaye ne donne qu'un résultat négatif, comme il est arrivé dans l’un des cas de MM. Berger et Bezançon. La structure histologique du Iymphôme ci-dessus décrite, n'est-elle pas en effet identique à celle du ganglion atteint de tuberculose miliaire, que nous avons étudiée plus haut? Il ne s’agit que d’une différence de volume de la tumeur entre les deux formes. M. le D' Bezançon, à qui nous avons soumis nos préparations de tuberculose ganglionnaire miliaire, a lui-même reconnu leur ressemblance parfaite avec ses propres préparations de Iymphôme. Mais il y a plus : il nous a été donné d'observer des cas où le tableau clinique du lymphôme était au complet, et où l'examen microscopique nous a révélé la dégénérescence caséeuse, complète dans certains ganglions, moins avancée dans d’autres, commençante seulement dans d’autres encore où elle s’associait aux lésions typiques de la tuberculose miliaire, le tout chez le même sujet et dans le même groupe ganglionnaire atteint (observation XII). Nous avons pu également chez d’autres malades constater la coexistence de ganglions volumineux remplis de granulations miliaires, et d’autres ganglions caséo-purulents, et même franchement suppurés, avec toutes les formes intermédiaires (V.observation VIT). MM. Berger et Bezançon sont d’ailleurs entrés eux-mêmes les premiers dans la voie de ce rapprochement entre le lymphôme et les autres adénopathies tuberculeuses, lorsqu'ils ont dit : « Que deviennent ces tumeurs ganglionnaires quand on les abandonne à elles-mêmes? Cela est difficile à dire : l'accroissement plus rapide qu’elles présentent à un moment de leur évolution peut faire supposer que celle-ci finirait par aboutir à la caséification, au ramollissement, à la suppuration.…. ; il est

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très possible qu’un certain nombre de tuberculisations ganglionnaires de forme banale, terminées par le ramollissement, la suppuration, la formation de fistules, aient eu cette origine. »

C’est aussi l’opinion à laquelle nous nous rangeons, et d'autant plus volontiers que des faits sont venus la corroborer. Nous conclurons donc que le lymphôme tuberculeux est une forme clinique spéciale des adénopathies tuberculeuses, reproduisant histologiquement le type de la tuberculose ganglionnaire miliaire, et pouvant rester longtemps stationnaire à l’une des phases évolutives déjà décrites de ce type.

$S &. — Les voies de propagation.

Maintenant que nous avons essayé de nous rendre compte de ce qui se passe dans le premier ganglion touché par l'infection tuberculeuse, voyons ce qu’il advient, si pour une raison quelconque, la lutte entre l'organisme et le bacille sur ce premier terrain ne s’est pas terminée par la destruction ou l’annihilation de l'agent morbide.

Chez le cobaye,où le bacille est presque toujours victorieux,les choses se passent avec une grande régularité ; Arloïing en a donné cette description : « Lorsqu'on inocule un cobaye à la cuisse avec de la tuberculose humaine, voici l’ordre dans lequel évoluent les effets. L'accident local est insignifiant, uniquement composé de quelques granulations jaunâtres, si la matière inoculée est bien pure ; il se présente au contraire sous forme d’un clapier purulent, si des agents pyogènes ont été introduits avec la matière tuberculeuse ; mais la marche consécutive de l'infection Iymphatique diffère peu dans les deux cas. Quinze jours environ après l'insertion du virus, les ganglions inguinaux de la cuisse inoculée commencent à se tuméfier et sont dès lors un signe certain que l’animal mourra tuberculeux. Vers le 20° jour, les ganglions souslombaires du mème côté se prennent à leur tour, tout le système lymphatique du côté opposé restant absolument sain. Entre le 22e et le 25 jour, les tubercules apparaissent dans la rate en même

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temps que le ganglion rétro-hépatique s’engorge à son tour. A partir de cette période, le virus traverse le diaphragme et sa dissémination ne conserve plus son caractère unilatéral ; les deux poumons et les ganglions bronchiques se tubereulisent indistinctement ; en deux mois environ la tuberculose est générale : elle apparaît aussi à la longue dans les ganglions sous-lombaires et inguinaux du côté opposé à l’inoculation. L'évolution que je viens d'indiquer est tellement constante, chez le cobaye inoculé à la cuisse, qu’on peut, en présence des lésions d’un animal, diagnostiquer le lieu et la date de l’inoculation, d’après le point où s’arrête l’envahissement des lymphatiques. »

« Si le cobaye est inoculé à la base de l'oreille, l’envahissement est descendant au lieu d’être ascendant, mais il conserve sés mêmes caractères de régularité ot d’unilatéralité. Le ganglion pré-auriculaire du côté inoculé se prend d’abord, puis le pré-scapulaire correspondant ; enfin les poumons et les ganglions bronchiques. Tout le système lymphatique inférieur et le supérieur du côté opposé sont intacts. »

Il ne nous a pas été donné de constater chez l’homme une marche aussi régulière des adénopathies tuberculeuses, et cela pour plusieurs raisons : les observations de malades n’ont pas la rigueur précise de l’expérimentation, les autopsies sont rares, et surtout l’homme est un terrain de culture bien plus réfractaire que le cobaye. Il est pourtant vraisemblable que l'infection lymphatique devrait suivre dans l’espèce humaine la même voie, qui est la voie logique, à moins de circonstances spéciales, et si rien ne l’arrêtait.

Nous avons d’abord supposé un seul ganglion envahi par le bacille : or il est probable que cette hypothèse ne se vérifie pas souvent, et que du point de pénétration plusieurs germes sont transportés par un certain nombre de lymphatiques jusqu'à plusieurs ganglions du groupe voisin. Les lésions peuvent donc évoluer parallèlement en divers points, et de fait, on trouve assez fréquemment deux ou trois ganglions rapprochés, mais distincts, atteints au même degré par le processus tuberculeux. Mais au

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