‹ Les Adénopathies Tuberculeuses Chirurgicales: Étude pathogénique, et quelques points de diagnosticChapitre 15 sur 33 · HN · texte numérisé non relu

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ganglions voisins par contiguité ou en suivant le cours de la lymphe. Les rapports anatomiques qui existent entre les ganglions médiastinaux antérieurs et les ganglions sus-claviculaires nous expliquent pourquoi ces derniers sont particulièrement intéressés; et quand la dégénérescence les a envahis, les ganglions axillaires se prennent à leur tour. À l’autopsie, on peut constater de visu la marche suivie par le virus. »

Quel que soit le sens dans lequel se fasse la propagation tuberculeuse de ganglion à ganglion, la marche de cette propagation est soumise aux plus grandes variations suivant les cas. Chez tel sujet une adénite tuberculeuse se déclarera, suppurera, se guérira, sans que les ganglions voisins en subissent aucune atteinte, et cette manifestation de tuberculose lymphatique aura été unique dans l'existence de l'individu. Chez un autre au contraire, à la suite d'un premier ganglion pris, tous les voisins seront successivement envahis, et l’on aura, s'ils suppurent, ces traînées écrouelleuses que l’on voit chez certaines personnes consteller les deux côtés du cou ; s'ils ne suppurent pas, on se trouvera en présence de ces chapelets ganglionnaires qui peuvent s'étendre de la nuque à l’aisselle et prendre quelquefois un développement hypertrophique considérable. Question de tempérament, disaient les anciens qui admettaient une diathèse scrofuleuse ; question de résistance organique et cellulaire, dit-on de nos jours sans avoir à ce sujet de données plus précises : mais aussi et peut-être surtout, question de virulence du bacille. Or il est à peu près impossible de réunir dans chaque cas particulier les éléments du problème et de prévoir la marche de l'infection. Il est mème souvent impossible de se rendre compte d’une façon exacte de l'étendue actuelle des lésions chez un sujet donné, non seulement par l'examen clinique, mais encore par l'exploration directe, opératoire. Des ganglions peuvent être en effet déjà atteints par l’infection tuberculeuse sans que rien, à la vue ou à la palpation, les différencie d’un ganglion sain. Histologiquement nous avons trouvé des formations tuberculeuses nettes dans des ganglions voisins de ganglions manifestement dégénérés que nous avions extirpés, et

paraissant normaux à l'examen microscopique. R. Petit, inoculant au cobaye des ganglions recueillis dans les mêmes conditions. a eu 28 inoculations positives sur 50. Il ne faudrait pourtant pas voir là un argument contre la doctrine que nous soutenons et qui admet que la tuberculose ganglionnaire est le plus souvent une maladie locale.

Nous arrivons en elfet à cette grosse question des relations des adénopathies tuberculeuses avec les autres tuberculoses et en particulier avec la tuberculose pulmonaire. Il ne nous appartient pas d'essayer de la trancher d’une façon générale, puisque nous n'avons en vue dans ce travail que les adénopathies chirurgicales. Mais, même pour celles-ci le problème se pose, puisque certains défenseurs de la loi de Parrot, dépassant la pensée de son auteur, vont jusqu’à prétendre qu’à moinsdelésion périphérique originelle nettement constatée et signalant la porte d'entrée du bacille, toute adénite tuberculeuse externe doit être considérée comme une localisation secondaire de l'infection, relevant ordinairement d’une tuberculose thoracique primitive, manifeste ou latente. M. G. Küss, dans sa thèse si remarquable, s'appuie pour soutenir cette opinion sur la proposition suivante : « l’étude expérimentale du mode d'entrée des bacilles de la tuberculose dans l’organisme montre que, sans exception, les tissus, au point de pénétration ou à son voisinage immédiat, réagissent par une tuberculose typique ». Or nous avons précédemment relaté l'intéressante expérience de Wyssokowicz qui déterminait une adénopathie tuberculeuse cervicale chez des cobaves dont il frottait la muqueuse pharyngée avec du coton imbibé de crachats de phtisique sans que cette muqueuse présentât de lésions ; nous avons fait remarquer, et d’autres expérimentateurs ont également constaté qu’en injectant des cultures pures de bacilles de Koch sous la peau des cobayes avec une seringue de Pravaz stérilisée, on ne provoque pas la formation d’un chancre d’inoculation. Voilà des faits qui prouvent, à notre avis, d’une façon péremptoire la réalité de l’adénopathie tuberculeuse primitive.

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