‹ Les Adénopathies Tuberculeuses Chirurgicales: Étude pathogénique, et quelques points de diagnosticChapitre 25 sur 33 · SR · texte numérisé non relu

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région des capsules surrénales avaient pénétré, au niveau des dernières vertèbres dorsales, jusque dans le canal spinal et la moelle était fortement comprimée.

Les vertèbres, sauf quelques petites rugosités, étaient intactes sur leur face externe. La dernière vertèbre dorsale montrait, contraste frappant avec les autres, une moelle d’un brun rougeâtre, tandis que les autres vertèbres présentaient une surface de section gris clair. Evidemment il y avait eu, par suite de la compression des vaisseaux une anémie de la moelle. Il n’y avait pas de caséification dans ces deux métastases. Les autres organes, et avant tout, ce qui est d’une importance capitale,tous les ganglions des diverses parties du corps, à l'exception de ceux du côté gauche du cou, et la rate, n'étaient pas modifiés, et ne montraient ni altérations tuberculeuses anciennes, ni métastases. L'autopsie a donc fourni la confirmation du diagnostic clinique de lymphosarcome et pouvait, rien que par la constatation des points de caséification des tumeurs, être un stimulant, vu l'intérêt particulier de la question, pour des recherches plus précises. Voici le résultat des recherches microscopiques :

Toutes les tumeurs étaient formées par un tissu qui présentait en grand et en petit la structure des ganglions modifiés par l'inflammation. Les sinus et les centres embryonnaires n'étaient plus visibles. Dans les mailles d'un tissu réticulaire se trouvaient des cellules libres ayant la forme des deux sortes de cellules du tissu lymphadénoïde : les grosses endothéliales contenant des noyaux pauvres en chromatine, gros, ovales ; et, dépassant les premières en nombre, de petits lymphocytes, avec des noyaux très ronds, très colorés, et des corps protoplasmiques peu visibles. Par ci, par là, des tractus conjonctifs semblables aux travées traversaient ce tissu adénoïde, comme cela s’observe dans les ganglions enflammés. Comine la quantité de tissu conjonctif variait dans les divers points, il est très difficile de ranger ces tumeurs dans une des divisions (classification toujours difficile à établir) des lymphosarcomes en forme dure et forme molle. Quoiqu'on trouvât dans ce tissu un certain nombre de cellules à cinq et six noyaux placés les uns à côté des autres, du type des cellules endothéliales, il n’y avait pas de véritables cellules géantes, surtout de celles qu’on observe dans la tuberculose. Ces cellules étaient assez abondantes au niveau du centre reconnu aussi microscopiquement comme caséeux. Elles l’entouraient en lui formant une couronne étroite ; souvent aussi elles se disposaient par groupes et avaient tout à fait l'aspect des cellules géantes tuberculeuses.

En dedans d'elles commençait, après une limite nette, le centre caséeux homogène, tandis que seulement par endroits, et vers la périphérie, on rencontrait un noyau fragmenté ou des cellules isolées à

chromatine.

Lorsque les coupes des différentes parties des tumeurs furent sou-

SAONE

mises à la coloration ordinaire du bacille tuberculeux, on constata dans la zone contenant des cellules géantes une richesse surprenante de bacilles. Is se trouvaient, et en très grande quantité, dans toutes les coupes, à la limite du tissu sain et du tissu mort, mais manquaient presque complètement des deux côtés de cette limite, et dans les noyaux non caséeux. Ils étaient surtout libres, mais on les trouvait aussi dans les cellules géantes. On trouvait toujours dans les tumeurs une union étroite entre la caséification et les bacilles tuberculeux. Seulement les tuméfactions ganglionnaires n'étaient pas le seul endroit dans lequel on trouva des bacilles, car lorsqu'on examina une bande étroite voisine de la métastase, reconnaissable seulement au microscope comme un foyer de pneumonie alvéolaire, et située dans le lobe moyen du poumon droit, on en trouva en quantité relativement considérable. Les bacilles avaient donc, après avoir quitté une des tumeurs, par un mécanisme encore inconnu, transformé une partie du tissu pulmonaire voisin en un foyer de pneumonie tuberculeuse. Ici comme partout où l’on avait pratiqué des coupes, on ne trouva pas de tubercules.

OgservarTion XVI. — Lymphome tuberculeux évoluant sous l'aspect d'une pseudoleucémie fébrile (Tuberculôse Lymphome unter dem Bilde febriler Pseudoleucemie verlaufend), par Askanazy in Beiträge zur path. Anat. und zur allg. Pathol., 3° vol. 1888, Jena, p. 415.

D. W., femme d’un instituteur, âgée de trente-deux ans, née de parents bien portants. Son père est mort d’une maladie inconnue à l’âge de soixante-treize ans ; sa mère vit encore. La malade a été bien portante en dehors des maladies d'enfant.

Les troubles dont la malade souffre et qui l’ont obligée à garder le lit, ont débuté il y a trois semaines. Elle à beaucoup maigri et se plaint de chaleur et de soif ardentes. Ce qui la tourmente le plus est une toux qui est plus fréquente la nuit.

Les crachats se détachent difficilement, sont gris verdâtre et relativement abondants.

La malade ne se plaint pas de douleurs thoraciques. L'appétit est très mauvais, mais il n'y a pas de sensation gustative spéciale dans la bouche.

Les nausées et les vomissements sont rares.

La malade ne peut pas donner de renseignements sur les matières vomies. Elle ressent une douleur dans le côté droit de l'abdomen. L'urine est émise en quantité abondante; sa couleur est jaune. Les menstrues sont régulières et abondantes. La malade a eu sept grossesses. Les deux plus jeunes enfants sont vivants,le deuxième et le troisième étaient mort-nés et avant terme. La malade se plaint d'insomnies.

Etat actuel, 4 avril 1888.

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