‹ Les Adénopathies Tuberculeuses Chirurgicales: Étude pathogénique, et quelques points de diagnosticChapitre 28 sur 33 · LAON · texte numérisé non relu

LAON

La rate paraît un peu augmentée de volume ; on ne trouve pas d’hypertrophie des ganglions cervicaux, axillaires ni épitrochléens.

Le 3 février 1900, M. le D' Morestin opéra le malade. Une incision courbe au-dessus du pli de l’aine de chaque côté (l’incision classique pour la ligature de l'artère iliaque externe) permit d’extirper par la

. voie sous-péritonéale le ganglion iliaque gauche, peu adhérent, et deux très gros ganglions iliaques droits, reliés l’un à l’autre, et plus adhérents, mais qui se laissèrent cependant énucléer avec le doigt et attirer au dehors ; ces derniers constituaient à eux seuls la tumeur sentie à la palpation. A gauche, M. Morestin enleva également deux petits ganglions, à peine plus volumineux que normalement, voisins de celui qui était considérablement hypertrophié. Drainage bilatéral et sutures.

Les trois gros ganglions offraient la même consistance mollasse, sans fluctuation ; à la coupe, tissu homogène, blanchâtre, élastique, sans points opaques ni hémorragiques, donnant un peu de suc au râclage. Une portion est prélevée pour l'examen histologique.

Cet examen nous a donné le résultat suivant, que nous avons fait contrôler par la haute autorité de MM. les Ds Letulle et Bezançon: il n’y a aucune trace de formation tuberculeuse, ni même aucun caractère d'adénite chronique ; et il s’agit selon toutes probabilités d'un lymphadénome métatypique.

RéFLExIONS. — En admettant, malgré l’absence d'examen microscopique, que les ganglions inguinaux extirpés lors de la première intervention aient été réellement le siège d’un processus tuberculeux, faut-il en conclure à la coexistence simple de tuberculose ganglionnaire de l’aine et de lymphadénome des ganglions illaques contigus ? Gette hypothèse est fort peu vraisemblable, et nous croyons plus volontiers à une infection tuberculeuse surajoutée à l'hypertrophie lymphadénique qui avait atteint d'abord les ganglions ingumaux. Le néoplasme envahit ensuite les ganglions iliaques, mais sans y être suivi par cette infection bacillaire secondaire.

Mais il serait téméraire de rien affirmer, car les zones qui avaient paru en voie de caséification vraie ou de fonte purulente pouvaient fort bien n'être que des points de ramollissement du lymphadénome, comme On en trouve quelquefois dans ces tumeurs.

à 8 20m Cl RTE Pl RE

Ben he

OBservaTioN XVIII. — Pseudo-leucémie ou tuberculose miliaire chronique (Pseudo-leukæmie oder kronische Miliartuberculose), par WærzoLor, in Centralbl. f. kl, Med., 1890, p. 809.

Femme S..., âgée de 30 ans. Son père est mort d’une maladie des centres nerveux. Un frère de la malade est hémophilique et souffre de tuméfactions périodiques des articulations. Elle à été mariée à un homme qui mourut d’une maladie du cœur et des reins. De cette union naquit un garçon âgé actuellement de 9 ans et sain d'apparence.

Pendant son enfance elle avait souvent des tuméfactions ganglionnaires, et pendant l'adolescence elle présenta de la chlorose. Depuis l’âge de cinq ans, elle présenta par intervalles des tuméfactions œdémateuses de la peau, de l’arrière-bouche et de la muqueuse laryngée, qui étaient liées aux troubles de l'état général. Ces attaques duraient environ 24 à 48 heures, Les règles avaient toujours été régulières, et cessèrent un an et demi avant sa mort.

La maladie actuelle commenca trois ans et demi avant sa mort, soidisant à la suite d’un refroidissement, par des tuméfactions ganglionnaires des deux côtés du cou. La tuméfaction indolente augmenta dans de telles proportions qu'un médecin de Hambourg pratiqua, six mois après, l’extirpation de ces ganglions.

Peu de semaines après, de nouvelles tumeurs survinrent, au lieu et place des anciennes, qui résistèrent à tous les moyens thérapeutiques. En même temps, s'installèrent tous les troubles qui caractérisent le tableau de la pseudo-leucémie : diarrhée, toux pénible, prurit insupportable, insomnie, perte d’appétit, sensation de faiblesse.

Deux ans après le début de la maladie, le professeur Gussenbauer de Prague extirpa, pour La deuxième fois, les volumineux paquets ganglionnaires du cou, qui se présentèrent comme des lymphomes hyperplasiques purs, sans foyers de ramollissement ou de caséification. Une amélioration passagère de l’état général suivit cette opération et au bout de six mois (novembre 1888) la malade était tellement faible qu’elle était obligée de garder continuellement le lit. Elle était considérablement amaigrie, La peau sèche, ridée, couverte de cicatrices et de traces de grattage consécutives au prurit. Elle passait des nuits blanches et n’arrivait pas à s’endormir malgré tous les narcotiques.

Au contraire ces derniers produisaient, à quelque dose qu’ils fussent employés, et après quelque usage, une aggravation de l’état général. La toux était plus intense que jamais, quoiqu’on ne trouvât à aucun moment de manifestations pulmonaires. Elle était reliée à des attaques ‘analogues à des crises d’asthme.

La température, normale au début, commença à présenter des ascensions irrégulières qui, dans la deuxième moitié de décembre et en janvier, s’accompagnèrent de frissons,dont on ne trouva pas la cause exacte. La malade présenta de la diarrhée, du manque d’appétit, de la dépres-

Page 1