PATHOGÉNIE
Par quelles voies le bacille de Koch peut-il parvenir au ganglion lymphatique ? Il est évident 4 priori qu'il n'en existe que deux possibles : la voie lymphatique et la voie sanguine. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette dernière. Quant à l'infection tuberculeuse des ganglions par la voie lymphatique, le mécanisme en est facile à comprendre. Partout où le bacille aura pu faire effraction dans les tissus, à travers une muqueuse ou à travers le revêtement cutané, qu'il ait d’ailleurs laissé ou non des traces de son effraction sous forme d'une lésion spécifique au point d’entrée, il se trouvera en contact, dès le tégument franchi, dans les mailles du tissu conjonctif, avec un leucocyte qui l’englobera et l’entraînera dans un vaisseau lymphatique et bientôt dans un ganglion voisin.
On a souvent observé la coïncidence de tuberculose osseuse et de tuberculose ganglionnaire chez le même individu : quelles que soient les relations anatomiques qui existent entre le système lymphatique et la moelle osseuse, la tuberculose adéno-osseuse nous semble indéniable, et nous verrons qu'on peut rapporter à des ostéites tuberculeuses le point de départ de certaines adénopathies similaires.
Nous allons successivement passer en revue ces différentes portes d'entrée du bacille de Koch dans le système lymphatique ; nous le suivrons dans sa marche jusqu'aux ganglions en passant par les vaisseaux blancs, et nous étudierons les lésions et les réactions qu’il détermine dans les ganglions. Nous essaierons de détermi-
es tip
ner ensuite les conditions de propagation du virus dans le système ganglionnaire, et ses voies degénéralisation possibles. Nous serons ainsi amené à examiner les relations qui peuvent exister entre les adénopathies tuberculeuses et les tuberculoses viscérales, la tuberculose pulmonaire en particulier. Enfin nous essaierons de voir quelle part doit être attribuée à la voie d'infection sanguine dans la pathogénie de la tuberculose ganglionnaire.
Dans toute cette étude, aussi expérimentale que clinique, nous nous bornerons de parti pris à la tuberculose ganglionnaire pure, sans nous occuper de ses rapports avec les autres infections : soit que ces infections aient précédé le processus tuberculeux en lui préparant le terrain par l'atteinte déjà portée à l'intégrité et à la résistance du ganglion, soit qu’elles favorisent par leur intervention le développement des lésions dans un ganglion où le bacille de Koch était resté jusqu'alors à l’état latent.