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dans la moelle du fémur de deux lapins, les vit mourir au bout de deux mois et demi, avec des lésions de tuberculose généralisée et après suppuration du fémur. À l’autopsie, il trouva des chaînes continues de tuberculose jeune suivant le trajet des lymphatiques de la cuisse et du tissu cellulaire de l’abdomen,et une dégénérescence caséeuse des ganglions inguinaux et pelviens.
De même les observations abondent qui relatent des adénopathies similaires accompagnant la tuberculose osseuse. M. Mauclaire dans sa thèse, après avoir essayé de prouver que le système osseux n'est, comme tout le système conjonctif, qu’un territoire du système lymphatique, propose mème l'appellation de /uberculose adéno-osseuse pour ces formes d’infection tuberculeuse qui peuvent rester longtemps, quelquefois toujours, limitées aux os et aux ganglions.
Nous croyons pour notre part, et pour l’avoir observée, à la réalité clinique de la tuberculose adéno-osseuse : nous pensons même qu'il est possible de s’en expliquer la pathogénie dans certains cas sans être forcé d'admettre l'existence un peu hypothétique des communications de la moelle osseuse avec les Iymphatiques.C'est par le périoste et par les tissus qui l’entourent que se ferait la propagation au système lymphatique. On sait que le périoste est bien souvent le premier atteint dans l’ostéite et l'ostéoarthrite tuberculeuses ; même quand les lésions commencent par la moelle, quand on a affaire à une ostéomyélite tuberculeuse, le périoste se prend secondairement. Or les lymphatiques du périoste sont admis. Et puis l’infection gagne de proche en proche, envahit le tissu cellulaire voisin, quelquefois même la peau : et ce sont là autant de brèches ouvertes par où le bacille peut pénétrer dans le système lymphatique (1). L'expérience de Pawlowski, que nous citions tout à l'heure, peut être considérée comme relevant de ce processus, car l’auteur rapporte qu'il y eut suppura-
(4) Prioleau rapporte cinq observations de tuberculoses cutanées consécutives à des tuberculoses osseuses, par ensemencement autour de l’orifice des fistules ; dans tous les cas une lymphangite tuberculeuse chronique s'établit et fut
confirmée par l'examen microscopique ; chez deux malades une adénite de méme nature s’ensuivit.
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tion extérieure du fémur des deux lapins peu après l’inoculation de la culture dans la moelle de cet os. Il en est de même dans les observations IT et IIE qui nous sont personnelles et qu’on lira plus loin.
Les ganglions atteints consécutivement à une ostéite ou à une ostéo-arthrite tuberculeuses ne sont pas toujours les ganglions les plus voisins, comme il arrive d’ailleurs dans des cas où la porte d'entrée estd ifférente : il peut y avoir des manifestations ganglionnaires à distance.
Il est aussi des cas où c’est la lésion osseuse qui semble secondaire, et consécutive à la tuberculose ganglionnaire : on ne peut s'empêcher de considérer ce renversement des rôles habituels comme un argument de plus en faveur de l’existence réelle d’une forme à part, la tuberculose adéno-osseuse. Les observations Il et IV viennent à l'appui de cette manière de voir.
Enfin, dernière raison à invoquer pour confirmer son autonomie, la tuberculose adéno-osseuse est souvent la seule manifestation bacillaire chez les sujets qui en sont porteurs, sans concomitance de localisations pulmonaires ou viscérales.
OBsERvATION I (personnelle). — Mamnite, lymphangite, __ adénite tuberculeuses.
La nommée Roy... Charlotte, âgée de 63 ans, entre le 17 juin 1899 à l'infirmerie de la maison de Nanterre, salle de chirurgie (femmes), lit n° 1, dans le service de M. le D' Rémy.
Cette femme, presque complètement sourde, est à la maison de Nanterre depuis le 11 janvier 1897. Elle ne se rappelle pas avoir été jamais malade antérieurement,
Elle présente à la partie externe du sein droit une petite tumeur mobile sous la peau et sur les parties profondes, mais faisant manifestement partie de la glande mammaire, de forme lobulée, de consistance ferme, peu douloureuse à la pression. La peau a conservé à ce niveau sa coloration normale.
De cette petite tumeur part un faisceau de trois ou quatre petits cordons moniliformes, indolores, mobiles sous la peau, se dirigeant vers l'aisselle.
Dans l’aisselle correspondante on trouve deux ganglions dont le plus gros a le volume d’un œuf de pigeon, adhérents à la peau, fluctuants à leur centre, peu douloureux.