SCÈNE VI
M. DUBREUIL, seul. J
Diable?... moi, qui n'ai jamais été bien fort, me trouver ainsi , à mon âge, et pour la première fois de ma vie, à la léte d'une intrigue !... Je ne sais pas trop comment je m'en tirerai... d'autant que d'ordinaire ce ne sont j as pères qui se mêlent de ces choses-là... Mais c'est pour le bonheur de ma fille... et puis, avec ma femme, ça m pargne une querelle; et, en ménage, c'est une économie
q'î'on n'est pas fâché de faire... Il y a tant d'autres occasions de dépenses... Hein! qui vient là? un jokei anglais.
SCËiNE VII.
M. DUBREUIL, un Jocket.
LE JOCKEI.
Est-ce ici, M. Dubreuil, un marchand d'étoffe*?
M. DUBREUIL
Oui, mon ami.
LE JOCKEY
Je viens de lu part de mon maître, M. le comte de St- Edmond.
M. DUBREUIL
Ali! M. deSt-Edmond,... ruede la Cliaussée-d'Àntin !
LE JOCKEY
Oui, monsieur.
M. DUBREUIL
C'est celui dont ma femme me parlait tout-à-1'heure,... qu'y a-t-il pour son service?
LE JOCKEY
Il vous prie de passer demain matin, chez lui,... c'est pour un nouvel ameublement dans son petit salon?
M. DUBREUIL
C'est Lien, mais encore faudrait' il savoir .... est-il la avec toi, dans sa voiture?
LE JOCKEY
Non , monsieur, mon maître déjeûne en ville ,... je viens de le conduire ; et je ne dois aller le reprendre que dans trois heures avec la voiture.
Dans trois heures,., (à part) ahl mon dieu, quelle idée ! voilà mon plan qui m'arrive... (haut) dis-moi , mon garçon , tu m'as l'air d'un garçon intelligent?...
LE JOCKEY
Dam'... monsieur, je fais mon état de jockey anglais du mieux que je peux.
M. DUBREUIL
Et tu es bien attaché à ton maître ?
iG
LE JOCKEY
Monsieur sait ce que c'est ,... un jeune homme à la mode qui a une très-grande fortune.,... on a toujours un attachement proportionné,..
M. DUDREUIL.
C'est juste ;... et si , malgré ta fidélité , on le proposait de le quitter ce matin ?
LE JOCKEY
Comment , monsieur?
M. DUBREUIL
Pour trois heures seulement (lui donnant de fardent). et moyennant vingt francs par heure.
LE JOCKEY
A ce prix -là, monsieur, je servirais vingt maîtres à la fois, voyons que faut-il faire !
{M. Dubreuil le tire à l'écart et lui parle bas,) Tais-toi,... c'est ma femme.