‹ Les âElections de 1789 en GâevaudanChapitre 11 sur 47 · Arch. Lozère, C · texte numérisé non relu

Arch. Lozère, C

dant la belle saison, à l'engrais de leurs bestiaux et à la fabrication de quelques étoffes pendant l'hiver. » Les Cévenols du midi, « placés dans un pays pénible et escarpé, semblent par leur travail avoir forcé la nature; sobres, laborieux et vifs, rien n'est inculte chez eux ; aucune difficulté ne les arrête d'abord qu'ils aperçoivent le moindre profit, prompts à concevoir et ardents dans l'exécution *. »

Les habitants du Gévaudan essayèrent de suppléer à la pauvreté du sol par le commerce des bestiaux et la fabrication des étoffes. Les maquignons de la Provence, de la Haute- Auvergne et du Languedoc affluaient à leurs foires ; les Juifs en particulier y venaient acheter les mules et les mulets. Les serges et les cadis étaient une autre ressource. Outre les tisserands en titre, la plupart des laboureurs travaillaient eux-mêmes leur laine ; le profit n'était pas grand en soi, mais toute la maison était employée, faisant main-d'œuvre de cardeurs, de peigneurs, de fileuses et de tisserands. Cette manufacture était répandue dans presque tous les cantons et occupait un grand nombre de gens pendant une partie de l'année. Mais les revenus étaient diminués par la cherté du sel, dont le paysan ne pouvait pas toujours donner à ses bêtes la quantité suffisante. « Ce secours, souvent refusé ou trop rarement accordé, exposait les animaux à des maladies mortelles, dont il est le seul préservatif; d'ailleurs cette privation rendait leurs toisons moins belles et moins pesantes » ; d'où la nécessité d'acheter des laines à l'étranger.

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