‹ Les âElections de 1789 en GâevaudanChapitre 18 sur 47 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'opposition. — Assemblées de novembre-décembre 1788 et du 7 janvier 1789. — Arrêté du 10 janvier 1789. Le 29 janvier 1789 à Marvejols.

Le 5 janvier 1789, l'abbé de Siran, absent depuis le mois de juin, arrivait à Mende, tombant en pleine agitation des esprits : épisode suprême de la lutte séculaire entre la noblesse et le pouvoir épiscopal, où les deux adversaires allaient périr dans une dernière étreinte, emportés par la tempête.

Le pouvoir temporel de l'évêque avait devant lui une opposition assez forte, composée d'éléments divers. Il y avait d'abord, sinon toute la Noblesse, du moins une partie, menée, semble-t-il, par le marquis de Châteauneuf-Randon, Châtaignier de Puygrenier, Lescure St-Denis, le vicomte de Framond et Randon de Mirandol. Puis les avocats et les officiers royaux de Marvejols, outre le vieil antagonisme de la ville du roi contre la ville de l'évêque, avaient des griefs récents contre l'administration épiscopale, qui les avait voulu supprimer. Enfin il y avait à Mende même un

groupe d'opposants, mi-laïque, mi-ecclésiastique, dont les ancêtres avaient dû lutter contre Mgr de Ghoiseul et Mgr de Marcilhac *, et dont l'abbé de Siran — un adversaire — nous révèle ainsi i'existence :

« Il est à Mende quelques familles, qui, semblables aux castes avilies parmi les Indiens, ne se mêlent jamais' avec les autres. L'esprit qui s'y perpétue, déguisé, éclipsé, suffoqué pendant des années entières, est de la nature du feu caché dans les cendres ou plutôt dans les profondes cavernes de quelques montagnes. Tel est le génie inquiet et turbulent, substitué avec quelques noms obscurs d'une génération à l'autre, depuis des siècles, à Mende ; remplaçant ses pertes par des alliances, qui le propagent; ne perdant rien de sa malignité, lors même qu'il tombe en quenouille; conservant toujourssaplaceàla cathédrale, il ne semble rebuté par de mauvais succès que pour épier l'occasion d'exhaler de nouveau ses vapeurs pestilentielles -. »

Telle était l'opposition qui s'agitait contre le pouvoir temporel du comte-évêque et contre l'abbé de Siran, son grand vicaire. Celui-ci, qui avait pour lui le pouvoir, sa plume et la cause du Tiers vaillamment défendue, fit front hardiment à ses adversaires et la guerre de brochures commença : le Réclamant pour les trois ordres de Mende, UAois pressant au Gévaudan contre l'abbé ; et, de sa part, une Réponse pressée h un avis pressant et le Véritable et fidèle procès-verbal des s-fmblées tenues en Gévaudan pour ou sous le prétexte de la chose publique 3. »

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