‹ Les âElections de 1789 en GâevaudanChapitre 19 sur 47 · Abbé de Siran, Véritable procès-verbal, etc. p · texte numérisé non relu

Abbé de Siran, Véritable procès-verbal, etc. p

3. Voici ce que l'abbé de Siran dit lui-même de cette intéressante brochure, qui fait la trame des événements de janvier: « Le Récla-

Par malheur pour la certitude historique, sauf trois ou quatre lettres privées €t les procès-verbaux officiels des réunions politiques, nous n'avons pour connaître les dessous de cette période agitée que les écrits de l'abbé de Siran. Le contrôle lui a bien été favorable toutes les fois qu'il a été possible, mais la probité n'en exige pas moins que le lecteur soit prévenu.

La campagne électorale se fit dans plusieurs assemblées, dont les principales furent tenues le 27 novembre et le 23 décembre 1788, le 7 et le 10 janvier 1789, à Mende, et le 29 janvier, à Marvejols.

Un peu partout en Languedoc, les esprits s'agitaient pour ou contre, surtout contre la vieille constitution des Etats provinciaux, mais le mouvement semblait expirer au pied des Cévennes, et Mende vivait tranquille dans ses montagnes, lorsqu'à la fin de novembre, quelques habitants demandèrent une réunion de la municipalité, pour réclamer apparemment contre l'organisation provinciale et en réalité contre le pouvoir de l'évêque et les Etats particuliers du Gévaudan.

Le conseil, renforcé de quelques notables et propriétaires fonciers, ne s'occupa que des Etats généraux, et émit les vœux suivants sur la liberté des suffrages, le nombre des députés du Tiers et le caractère censitaire de l'élection :

i° « Que les députés soient librement choisis par leurs pairs, de manière qu'aucun ne puisse prétendre être député par sa place ni par son office ;

20 « Que le nombre des représentants du Tiers-Etat égale celui des deux premiers ordres réunis ;

-« mant pour les trois ordres de la ville de Mende a laissé sans « réponse le Véritable et fidèle procès-ver <al, que j'ai opposé avec « quelque succès à ses impostures. »

Cf. Réponse pressée à un Avis pressant, p. 6.

3° « Que les électeurs des députés aux dits Etats ne puissent obtenir cette qualité, s'ils ne payent quatrevingt livres d'imposition réelle dans l'enclave qui les députera, et que nul ne puisse être élu, s'il ne paie au moins cent livres d'imposition réelle dans cette enclave 1. »

Ces vœux étaient sages, mais ne faisaient point l'affaire de quelques nobles et de certaine roture en passe, d'allonger son nom patronymique. On y fit opposition sous prétexte d'atteinte portée à laNoblesse par la prétention du Tiers-Etat à une double représentation, et aussi par dépit de ne s'être pas trouvés en force à l'assemblée pour développer d'autres pians particuliers.

Le 23 décembre, l'assemblée aborda la question provinciale et locale. Le premier consul, Barrandon- Dufraisse, fut chargé de voter aux Etats du Languedoc contre les fonctions et places représentatives des trois ordres et pour la libre élection des représentants.

L'abbé de Siran admettait ce principe, mais avec un tempérament pour son ordre : « Tant que le « Clergé, dit-il, sera sans intérêt dans les Etats et « qu'on n'y votera que des impôts auxquels il ne « participe pas, pourquoi y augmenter sa prépondé- « rance ? D'ailleurs les évêques, différant des autres « ministres des autels, non comme les barons des « Etats différent de la Noblesse par des prétentions « ou au plus par un titre, mais par un caractère sacré, '« sont, comme l'a reconnu l'arrêt du Parlement du « 14 juillet 1770, naturellement les chefs et les « représentants de leur ordre. » Que si le Clergé

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