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contribue également aux charges publiques, « alors il sera juste qu'il ait aussi ses députés librement choisis *. » La distinction était habile de la part d'un abbé, défenseur d'une administration locale dont le président était un évêque, membre né des Etats provinciaux.
Cependant l'opposition, d'accord sur la réforme des Etats du Languedoc et du Gévaudan, se divisait sur la question des rapports entre la province et le pays : les uns voulaient l'union ancienne, les autres, la séparation.
L'évêque, premier propriétaire et seigneur suzerain, favorisait les tendances séparatistes, qui feraient ses coudées plus franches dans Tadministrationdu diocèse ; d'autres, à vue plus courte, voyaient dans le projet de rupture avec le Languedoc l'avantage immédiat d'empêcher l'évêque d'envoyer aux Etats, qui allaient se tenir à Montpellier, un député que l'on savait être l'abbé de Siran. « Nos fougueux tabellions, dit malicieusement celui-ci, sont aux portes de l'Aéropage ; l'un se croit Necker éclairant la France, l'autre se regarde comme Franklin dirigeant la foudre et brisant les fers du nouveau continent 2. »
On fit circuler des pétitions, qui réclamaient pour le Gévaudan autonome des Etats « à la Dauphinoise »; puis, donnant libéralement le bien d'autrui, on crut devoir faire paraître l'évêque souscrivant lui-même à sa déchéance politique. Dans le tumulte d'une assemblée convoquée vers le i5 décembre par l'abbé de Bruges, vicaire général, partisan de la séparation, « quelques voix s'élevèrent et on assura que M. l'évê-