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Véritable et fidèle procès-verbal, p

LES ÉLECTIONS DE 1 789 EN GEVAUDAN 5j

concours éclairé et non une adhésion passive que vous devez offrir à tout ce qui sera voté pour la restauration de la chose publique. Il faut des rangs dans une monarchie ; sachez les respecter et souvenez-vous de n'employer votre force que contre les ennemis du roi et de la patrie. »

Ce discours, sans pousser à l'émeute, accentuait habilement la méfiance du peuple ; il calma les courages émus, et « les nobles durent peut-être plutôt leur salut à cette harangue qu'à la précaution tardive qu'ils prirent d'enlever les bourdons des Pénitents, qui étaient dans le choeur. »

Pendant le discours de Siran, Charpentier, le directeur du grenier à sel de Mende, ouvrit la claire-voie, monta sur un tabouret, et, visant l'abbé, exigea l'exclusion de tous ceux qui n'étaient pas du Tiers-Etat. Un soldat intervint-il pour procéder à l'expulsion? Le fait n'est pas certain. Les adversaires l'affirment, témoin ces lignes d'une lettre écrite de Nîmes :

« Gare votre fameux contretenant, dont il se parle comme du loup blanc. ...Aux Etats, on n'a pas voulu de sa morale non plus que de son esprit de paix, et il s'est adressé au rédacteur de la « Gazette », à Avignon, pour en tenter le débit. Mais que ne laissait-on faire le brave soldat figurant à vos Pénitents, qui en aurait fait l'abrégé? 1 »

Siran proteste hardiment :

« Voilà, dit-il, la seule réclamation qu'il y eut; le soldat et sa harangue brutale n'ont existé que dans l'écrit où l'on a créé ce rôle saillant et où l'on a travesti tous les faits relatifs aux troubles de la ville de Mende 2. »

Escorté d'artisans et d'ouvriers, « de la canaille », au dire du noble Réclamant, il se retira à l'évêché.

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