CHAPITRE IV
Doléances de Meyrueis, Villefort, Saint- André- Capcèze, Vialas, Langogne et La Canouxgue. — Très humbles supplications au Roi par le pays de Bas-Gévaudan. — Cahier du Tiers-Etat de Mende. — Mémoire de l'abbé Béraud. — Assemblée plénière du 23 mars 1789. — Cahiers du Clergé, de la Noblesse et du Tiersr-Etat. — Dessous d'élections, les députés.
Pendant ce temps, les communautés s'assemblaient pour examiner leurs doléances et nommer leurs représentants à l'assemblée bailliagère. De ces vœux particuliers, il ne reste trace qu'à Mende, Barre, Langogne, La Canourgue, Saint-André-Capcèze, Villefort et Meyrueis. Encore ces trois dernières paroisses étaient-elles alors étrangères au Gévaudan; et s'il en est question ici, c'est qu'elles ont été distraites, en 1790, des diocèses d'Alais et "d'Uzès, pour faire partie du département de la Lozère.
Meyrueis, très bien habité, puisqu'on y comptait douze chevaliers de Saint-Louis, beaucoup d'officiers dans les armées du roi et une bourgeoisie nombreuse ; Meyrueis, qui a contribué de tous temps aux frais
y2 CAHIERS ET ELECTIONS
des chemins publics de la province, réclame justement des routes, pour exporter des mulets en Espagne et des moutons en Languedoc l.
Villefort demande « que les prêtres pourvus de bénéfices et prieurés simples soient tenus de payer annuellement le cinquième de leurs revenus quittes, à titre d'aumône, au bureau de charité ou maladrerie des lieux où sont situés leurs bénéfices » ; qu'on impose le capital, qui ne paie rien, tandis que la terre, qui supporte toutes les charges, est dépréciée et manque de bras pour la mettre en valeur 2.
Saint-André-Capcèze se plaint de ses gorges, de son sol ingrat et des inondations, qui, trois ou quatre fois Tan, emportent et la récolte des châtaignes et le terrain soutenu seulement par des « amphithéâtres » y aussi les trois quarts des habitants abandonnent-ils le pays, pour aller en Bas-Languedoc, Vivarais et Gévaudan, « gagner à la sueur de leur front de quoi payer leur taille, qui a fait plus que doubler depuis vingt ans 3. »
Vialas, d'un style emphatique, accuse de sa misère, les neiges, le brouillard, les vents irrités, les torrents, ses montagnes et la dîme payée aux chanoines de Bédouès ; il crie contre la cherté du sel, contre les droits exorbitants du contrôle, à cause de quoi beaucoup de gens « préfèrent mourir sans disposer de leurs biens, plutôt que d'exposer leurs successeurs à payer des droits qui absorbent la plus grande partie de leur héritage » ; il demande la liberté des religions (la communauté est en majorité protestante) et