Bulletin Lozère 1885, p
3. Bligny-Bondurand, Cahier de doléances de la Sénéchaussée de Nimes, 2 vol. in-8% Nîmes. Chastanier, 1910.
LES ÉLECTIONS DE 1 789 EN GEVAUDAN 'jZ
l'admission de tous aux charges publiques ; enfin, comme « la misère générale de ce peuple le met dans l'impossibilité de subvenir aux besoins réels de l'Etat, il propose la suppression d'un grand nombre de couvents et de bénéfices simples, pour faire face à une grande partie de la dette de la Nation *. »
Langogne, au centre d'un fief donné, pour la dotation d'un monastère, par un ancien vicomte de Gévaudan, .gémit d'un sol couvert de neige pendant six mois, qui ne produit que du seigle et des pois noirs ; il se plaint aussi de l'absence de fontaines capables d'éteindre les incendies, dont un a dévoré, en 1784, le presbytère et le clocher. Après un procès avec son seigneur féodal, l'abbé de la Chaise-Dieu, sur la limitation de la part de police que ses consuls peuvent exercer, la ville ne sait pas plus qu'avant jusqu'à quel point ses officiers municipaux peuvent concourir à la tranquillité publique. Enfin, après avoir été en proie aux procureurs de la sénéchaussée de Nîmes, « qui étaient en course du premier septembre au premier janvier pour fureter des appels ou des citations, et qui, une fois nantis, restaient maîtres de la cause et la liquidaient de connivence deux à deux, sans entendre les parties sur les ordres donnés ou refusés pour les poursuites », Langogne a été mis, par arrêt du Parlement, dans le ressort du bailliage de Gévaudan ; mais « les magistrats de. la séance épiscopale ne sont pas pourvus par le roi et se trouvent amovibles, ce qui froisse la dignité de l'administration de la justice et la confiance des justiciables » ; de plus l'alternative des villes de
1. Bligny-Bondurand, Cahier de doléances de la Sénéchaussée de Nîmes, 2 vol. in-8% Nîmes, Chastanier, 1910.
Mende et de Marvejols est une source d'interruptions et d'autres abus, qu'il faut supprimer *.
La Ganourgue, dans un cahier intelligent, demande le vote « par lettre et non par ordre », sauf le cas de fusion des deux ordres privilégiés ; le retour périodique des Etats généraux ; la régénération des Etats provinciaux du Languedoc et particuliers du Gévaudan d'après les principes du Dauphiné ; l'impôt sur toutes les terres sans distinction d'ordre ni de personne ; — trois degrés simplement dans la justice : le premier juge, les présidiaux et les cours souveraines : « à La Canourgue notamment, on ne compte pas moins de dix à douze juridictions, qui n'ont ni prisons ni auditoires » ; l'élévation du bailliage du Gévaudan au rang de sénéchaussée et de présidial fixé à Mende ; — la suppression du casuel et des dispenses, moyennant une pension honnête pour les desservants ; la mise des cures au concours, les candidats ayant au moins 35 ans et les élus devant payer le salaire des maîtres d'école ; l'obligation pour les ecclésiastiques « d'aliéner leurs biens fonds autres que maisons, jardins, parcs et enclos », et la résidence imposée à tous : archevêques, évêques, abbés, prieurs et autres bénéficiers 2.
Le Bas-Gévaudan aussi fit entendre sa plainte, Florac était, cette année-là, commissaire de tour pour convoquer le colloque des Cévennes ; mais, vu le mauvais temps et la situation excentrique de cette ville, c'est à Barre que les communautés cévenoles se