POUMON PATHOLOGIQUE
Ayant ainsi étudié les possibilités qu'offrait l'aérosolisation des substance bronchomotrices, les réactions qu'elle pouvait amener, on a commencé d'utiliser l'aérosolthérapie sur des poumons à l'état pathologique.
On peut distinguer en gros trois sériss d'atteintes pulmonaires :
Les affections spasmodiques où l'on voit la crice d'asthme.
Les affections réactionnelles des muqueuses re:piratoires avec le corysa spasmodique, la bronchite spasmodique, la toux coqueluchoide et divers aspects de l'asthme.
Les affections inflammatoires microbiennes diverses comprenant les trachéites, les sinusites, la bronchite aiguës et chroniques, les congestions pulmonaires, les pneumonies et broncho-pneumonies, les diverses suppurations pulmonaires et la bronchectasie. Au cours de ces atteintes d'étiologie et de pathogénie si diverses, le médecin praticien aura-t-il intérêt à utiliser systématiquement cette voir d'absorption transpulmonaire ? L'aérosolthérapie jouera-t-elle toujours un rôle aussi actif et bienfaisant ?
Par la comparaison des résultats obtenus on peut voir le mérite de chacune des diverses méthodes thérapeutiques employées.
RE ire ASTHME. ù
Considérons l'asthme dans sa forme spamodique, c'est-à-dire la crise d'àsthme essentiel.
Arété parlait déjà des asthmatiques, de leur soif d'air, de leur angoisse, « de leurs yeux saillants comme chez ceux que l'on étrangle », dit-il.
Pendant fort longtemps, on considéra comme rare et partiel le suczès des nombreuses médications employées. La connaissance de l'étiologie et de la pathogénie des crises permit d'arriver à une théra-: peutique aux résultats passagers sans doute, mais réels.
Mettons à part l'asthme allergique ; la connaissance de l'antigène son éviction où une vaccination arrêteront l'évolution. Il n'y aura plus de crise.
Dans tous les auires cas d'asthme essentiel, on utilise des bronchodilatateurs comme l'éphédrine, l'adrénaline, l'aleudrine. Ceuxci viennent agir sur le déséquilibre neuro-végétatif et, en abaissant la vaguotonicité, empêchent la création des bronchospasmes. L'EPHEDRINE est donnée en comprimés de 0,03 grammes. Deux comprimés à trente minutes d'intervalle jugulent une crise moyenne ou légère. Dans le cas de crise dyspneique plus sévère, on à recours à l'ADRENALINE : une injection sous-cutanée de 1/4 ou 1/2 milligramme de chlorhydrate d'adrénaline arrête tous les symptômes : Hyperpnée, angoisse et râles. Ce, en quelques minutes.
L'ALEUDRINE ou isopropyladrénaline est utilisée en tablettes dosées à 0,02 grs. Une tablette sulffit généralement. On se sert aussi dans les cas graves de solution d'aleudrine à 1 %, maïs en inhalation.
Dans l'asthme infantile, seule la dose change : comprimé d'éphédrine à 0,02 grs, solution d'adré-
Mel a
naline au 1/1000°; demi tablette d'aleudrine, le iout d'ailleurs variant avec l'âge et la violence de la crise.
En thérapeutique classique, le traitement de l'état de mal asthmatique, où le déséquilibre du sysième neuro-végétatif est profond et durable, suppose un régime alimentaire spécial où tout aliment pouvant léser le foie est banni, une hygiène générale appropriée, l'usage de très fortes doses d'aleudrine, d'éphédrine, d'adrénaline durant les crises. Entre celles-ci, sur le fond dyspnéique qui carastérise cette atteinte, le malade absorbera par décades de l'IK, de l'éphédrine, de la belladonne, du gardenal, des peptones. On utilise aussi des vaccins, les désensibilisants, les cuti-réactions, les cures thermales au Mont-Dore et à différentes autres stations.
Les résultats obtenus réels patents ne sont pas de longue durée et nombre de visux asthmatiques voient leur activité réduite et leurs nuits troublées par des crises constantes entre de plus ou moins longues périodes d'accalmie.
HAcoléide cel, quels résultats obtient-on én utilisant l'aérosolthérapie ?
Les mêmes substances broncho-dilatatrices utilisées par læ voir d'absorption, transpulmonaire arrêtent les crises aussi bien et plus vite qu'injectées.
L'aleudrine à l/millième donne des brouillards qui jugulent les crises paroxystiques à la suite de quelques aspirations seulement.
Si on utilise l'appareil de Dautrebande et que le sujet inhale environ vingt litres de micro-brouillard, on peut considérer comme sûr, étant donné les débits sérieux aérien et liquidien’de l'aérosolisateur, que la dose absorbée ne dépasse pas 3.000 y, soit 3 milligrammes d'aleudrine..Or, 20 % seulement
Pape Die
transitent à travers l'éppithélium pulmonaire : la crise est donc arrêtée par 6/10 de milligrammes d'aleudrine. Cette dose, quoique minime et presque homéopathique, préserve en outre le malade de toute autre crise durant plusieurs heures, à l'exclusion de l'emploi de toute autre anti-asthmatique.
L'état de mal voit lui aussi son pronostic amélioré. La technique de l'école Belge est la suivante :
Trois séries quotidiennes de dix aspirations de micro-brouillards avec de l'aleudrine en solution à 2,3 et même 4 millième. Entre chaque série d'aspirations, le malade prend de 1 à 3 minutes de repos. Cette triple inhalation se continue pendant environ un mois : durant les six ou sept semaines suivantes, les séanses ont lieu tous les deux jou:s, puis tous les trois jours. Enfin, une séance hebdomadaire d'entretien durant quelques moïs vient consolider un résultat acquis, même sur les asthmes les plus rebelles. Les deux observations suivantes de M. Dautrebande le montrent bien :
Monsieur X.., 25 ans. — Asthmatique depuis l'âge de sept mois. À un an apparait une dyspnée permanente avec crises paroxys-
tiques. Dès cinq ans, on constitue un trai-
tement à fortes doses d'éphédrine. Vingt
ans après, il n y à pas de résultat constant.
Le 4 mai 1942 on commence l'aérosolthérapie : on utilise de l'aleudrine en solution à 1 millième.
Dès le premier jour, la première inhalation fait cesser la dyspnée. La fréquence respiratoire tombé à 14 mouvements à la minute. L'apnée volonta:re passe de 55 à 65 secondes. Après la troisième inhalation, la fréquence est passée à 9 mouvements minute et l'apnée volontaire à 94 secondes.
ou .
Lés 5, 6 et 7 mai, triple inhalation quotidienne. Le 8 mai, la fréquence respiratoire est à 7 mou-
vements minute et le temps apnéique de 110 secondes.
Le 9 mai, on commence le traitement d'entretien : une séance hebdomadaire. On ajoute alors à l'aleudrine à 1 millième un autovaccin dans les proportions suivantes : 0,5 cc. de vaccin pour 5 cc.. de solution mère. Le vaccin est tiré de l'expectoration du malade. À dater de ce jour, tous les signes de l'asthme ont disparu, il n'y « plus de crise.
Monsieur N.., 41 ans. — Asthmatique depuis l'âge de 20 ans, le sujet souffre de crises nocturnes quotidiennes. La morphine n'agit plus, le malade doit fumer 8 cigarettes anti-asthmatiques par nuit.
Le 9 mars, début de l'aérosolthérapie. Aleudrine à l millième, triple inhalation quotidienne.
Dès le premier jour, le mieux est sensible. Le marlade ne fume que deux tigarettes.
Le 10 mars, le dyspnée or le malade laisse les cigarettes.
Le 12 mars, le malade rentre chez lui à pieds. Pas de crise de dyspnée malgré l'effort.
Jusqu'au 10 avril, on continue trois inhalations quotidiennes. La fréquence respiratoire est alors de six mouvements par minute. La dyspnée est partie, le malade ne présente plus de crise.
À partir du 15 avril, on institue la cure d'entretien.
Ces deux malades suivis n'ont plus jamais présenté aucun des symptômes de l'asthme. En cinq semaines environ, les aérosols d'alsudrine les avaient débarrascés de leur affect'on, à l'exclusion