‹ Les aérostats dirigeablesChapitre 14 sur 49 · GAMBETTA SE FACHE · texte numérisé non relu

GAMBETTA SE FACHE

Lorsque le budget de la guerre fut voté par les Chambres, y compris les 200.000 fr. de crédits supplémentaires alloués pour Taérostatiou, les capitaines Renard et de La Haye demandèrent à ommencer immédiatement la construction du ballon dirigeable.

La réponse qui leur fut faite mérite une mention spéciale ; elle prouve jusqu'à quel point la routine devient ingénieuse quand il s'agit d'étouffer une idée de progrès.

LE rRESENT lo

Il fut répondu « que la commission du budget s^était évidemment trompée en votant un crédit non prévu par les bureaux ; qu'en conséquence il riy avait pas lieu d'employer un centime à la construction d'un aérostat dirigeable! »

C'était catégorique ; cette décision indiquait non-seulement de la force d'mertie, mais encore une opposition bien tranchée, contre toute tentative de dirigeabilité I

Le capitaine Renard était atterré par tant de mauvais vouloir. Cette fois il croyait tout perdu.

•=— Ne perdez pas confiance, lui dit son compagnon ; nous en avons trop vu pour ne pas être blindés contre le découragement* Attendess seulement quelques jours ;

Que se passa-t-il?

M. Martin-Feuillée, alors rapporteur dil budget de la guerre et depuis ministre dé la justice, pourrait sans doute le raconter?

Toujours est-il que Gambetta se fâcha tout

rouge en apprenant qu'on traitait de songes creux les idées qu'il avait défendues devant la commission du budget. Il ne parlait rien moins que d'interpeller le ministre de la guerre.

Tout plia devant sa colère. La commission d'aéroslation fut autorisée à continuer ses travaux, et les 200.000 fr. lui furent intégralement alloués.

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