LES PARCS DE BALLONS CAPTIFS
Construire un matériel roulant pour la manœuvre des ballons de campagne, c'est-à-dire fabriquer une usine à gaz portative et un treuil à vapeur pouvant manœuvrer comme un caisson d'artillerie, c'était un problème à faire reculer les meilleurs ingénieurs de France.
Ce problème fut pourtant résolu, après deux ans de travail assidu. En 1880, ce matériel nouveau était essayé pendant les grandes manœuvres et donnait d*aussi bons résultats que possible, On doit croire qu'après ce succès nos
aérostiers purent aborder la construction du ballon dirigeable ; ce fut le contraire qui arriva.
Le général de Rivière vit un jour fonctionner un treuil à vapeur monté sur un charriot et construit d'après les plans du capitaine Krebs.
A l'aide de cet ingénieux appareil, le captif pouvait être manœuvré par un soldat, sans difficulté.
— Voilà ce qu'il me faut pour mes places fortes ! dit le Vauban de la rue Saint-Dominique. Et il demanda qu'on lui fabriquât plusieurs parcs de ballons captifs.
— Avec le temps et l'argent qu'il faudra pour cela, mon général, objecta le capitaine Renard, nous nous chargerions de faire une flottille aérienne.
— Cela viendra plus tard. Construisez d'abord mes parcs.
— Mais c'est un travail de Romains que vous réclamez de nous, mon général.
— Non, mon ami, les Romains n'ont jamais eu de ballons, Tite-Live en fait foi. Mais moi, j'aurai les miens!
Cet argument ne souffrait pas de réplique.
Il fallut se mettre à la besogne. Au lieu d'être un terrain d'expériences, Chalais devint une manufacture où l'on fit des ballons captifs sans discontinuer.