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LA CONSTRUCTION DE L'AÉRONEF DE HEUDON

C'est en 1882 que MM. Renard et Krebs commencèrent les travaux relatifs aux aérostats dirigeables.

Deux modèles réduits d'aéronefs, l'un de 11 mètres, l'autre de 16 mètres, furent essayés et donnèrent des résultats satisfaisants. En 1883, tous les essais préliminaires étant terminés, l'on s'attela définitivement à la construction de l'aérostat de 50 mèlres, dont l'essai fit tant de tapage.

Le type de l'aéronef qui fut adopté à Meu-

don diffère beaucoup de celui que le capitaine Renard voulait primitivement construire.

Pour suivre pas à pas les modifications successives qui furent apportées au premier projet, il faut se reporter à six ans de distance, au moment où les officiers de Meudon crurent, après le coup d'épaule donné par Gambetta, qu'on allait commencer de suite la construction du ballon.

Le capitaine Renard, qui a la bosse de l'invention très - développée , voulait faire un aérostat ne ressemblant en rien à ce qu'on avait fait jusqu'alors. Son projet comprenait un ballon tubulaire; au centre même du tube, l'hélice se trouvait suspendue avec une grande hardiesse.

Pour obtenir ce tube, il fallait coudre dans l'intérieur du ballon un certain nombre de cloisons rayonnantes en étoffe (voir planche I).

Cette disposition rapprochait du centre de

résistance le centre d'action du propulseur; mais cet avantage théorique était contrebalancé par des difQcultés pratiques d'exécution.

En outre, ce projet était dangereux : l'hélice pouvait déchirer les parois du tube où elle était enfermée; en ce cas, les aéronautes donnaient une nouvelle édition de la chute d'Icare.

Pour éviter cet inconvénient, le capitaine de La Haye proposait de suspendre Thélice entre deux aéronefs symétriques (voir plan • che II).

Les nacelles étant suspendues de manière à équilibrer le propulseur, les deux aérostats devaient se maintenir à une distance constante et avancer parallèlement.

Ce système maintenait le centre de propulsion sur le même axe que le centre de résistance, tout en évitant les côtés daugereux du projet de M. Renard.

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Mais il avait Finconvénient d'augmenter le poids mort et de doubler la dépense.

M. Krebs fut d'avis que pour un premier essai, qui devait être décisif, il fallait, avant tout, éviter les complications.

« Il n'y a rien à inventer, disait-il; contentons-nous de perfectionner les aéronefs de nos devanciers; nous sommes certains d'obtenir un résultat. »

Il proposa de donner à l'aérostat une forme ovoïde (voir planche III), afin d'augmenter sa stabilité pendant la marche, et d'appliquer l'hélice à la nacelle, comme l'avait fait M. Dupuy de Lôme.

On finit par se ranger à son avis. Avant d'indiquer comment on passa du projet à l'exécution, nous croyons que c'est le moment de présenter à nos lecteurs les deux officiers qui restèrent seuls chargés de ce travail, par suite du départ du capitaine de La Haye.

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