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LE CAPITAINE KREBS

Le capitaine Krebs fonne, avec le capitaine Renard, un contraste frappant.

Il est aussi blond que son collège est brun, aussi froid que l'autre est enthousiaste.

Le capitaine Krebs a plutôt la tournure d'un offîcier que celle d'un savant. Il fit ses études au lycée de Besançon et en sortit en 1870 pour faire campagne dans l'armée de la Loire. Après la guerre, il entra h Saint-Cyr comme officierélève.

i04 LES AÉROSTATS DIRIGEABLES

Vers la fia de l'année 1878, il fut détaché de son régiment pour remplacer le capitaine de La Haye au service de l'aérostation. A Chalais, il était spécialement chargé de diriger l'atelier mécanique, où un grand nombre d'ouvriers d'art travaillaient sous les ordres du contremaître Lépine.

La qualité prédominante du capitaine Krebs est le sens pratique. Il ne fait exécuter une machine qu'après en avoir étudié à fond chaque organe; jamais les ouvriers ne sont obligés de recommencer une pièce dont il a donné le dessin d'exécution.

Le capitaine Krebs a également une connaissance approfondie de tout ce qui regarde la mécanique. Deux traits de la jeunesse de cet officier donneront une idée des dispositions qu'il a toujours eues pour la construction :

Ëtaut enfant, le jeune Krebs avait fait une machine à vapeur qui faisait marcher tout une

scierie mécanique installée dans une vieille machine à coudre.

Plus tard, étant en garnison dans un port de mer , il n'avait pas de plus grand plaisir que d'aller voir construire les navires. Une difficulté s'étant présentée un jour dans la construction d'un nouveau modèle, ce fut le lieutenant Erebs qui se chargea de la résoudre.

Il fit à lui seul les plans du navire, et son projet fut exécuté de point en point.

On comprend quels services le capitaine Krebs a dû rendre aux ateliers de Chalais, qu'il vient d'ailleurs de quitter pour entrer aux sapeurs-pompiers de Paris, sur la demande du colonel Couston.

Prochainement il sera chargé d'étudier le matériel des pompes à incendie ; il vient d'être envoyé pour cette raison à Londres, où il s'est mis en relation avec son collègue anglais, le célèbre capitaine Shaw.

Les travaux antérieiu^ du capitaine Erebs sont, pour la ville de Paris, un gage de ce qu'elle peut attendre de cet officier.

Pour achever de dépeindre M. Krebs, disons que, contrairement à son collègue M. Renard, il se défend d'être inventeur.

Dans les travaux dont il est chargé, le capitaine Krebs ne donne aucune part à Timagi nation, et base tous ses calculs sur des chifires certains, et vérifiés par rexpérience.

Maintenant que le lecteur connaît MM. Renard et Krebs, nous allons exposer comment ces deux tempéraments opposés finirent par s'entendre pour déterminer les parties essentielles de l'aérostat, c'est-à-dire la forme du ballon et le choix du moteur.

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