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LE FOURNEAU A GAZ ET LE GONFLEMENT

Nous avons déjà dit que le mode de préparation adopté pour l'hydrogène était la réalisation en grand de Texpérience de Lavoisier consistant à décomposer la vapeur d'eau en la faisant passer sur da fer chauffé au rouge. Cette réaction exigeait des températures trèsélevées, et par suite un appareil particulièrement solide.

C'était un grand fourneau de briques de forme rectangulaire^ maintenu par une carcasse en fer et dont Pâtre devait être constitué en carreaux très réfractaires. La voûte du four était elliptique, ei les foyers «e trouvaient, de part et d'autre de cette voûte, en contrebas de Tâlre ; tandis que des houras^ munis de registres qui ea réglaient l'ouverture, jetaient les produits de la combustion dans de. grandes cheminées atteignant une hauteur d'une vingtaine de pieds (7 mètres) au-dessus de Taire.

Les précautions les plus minutieuses étaient prises pour répartir très également la chaleur autour des sept tuyaux ou cornues métalliques, placés en quinconce (l-ans le four.

Quand ces tuyaux étaient en place, on élevait en briques les^ murettes fermant les pignons, en ménageant seulement des évents^ ou regards permettant de surveiller la chauffe ; car, dans toute cetlo opération, la perpétuelle préoccupation était de ne pas laisser chauffer les tuyaux au delà de leur point de fusion dont on était toujourstrès près.

Les tuyaux ou cornues étaient en fonte du Creuzot ; on les devait remplir au préalable d'une suffisante quantité de tournure et dé rognures de fer.

Voici comment Conté lui-même décrit cette pénible opération :

« On élève les tuyaux perpendiculairement avec la chèvre, et on les retient dans celte situation au moyen de trois ou quatre cordes que l'on attache à la partie supérieure et que l'on fixe à terre avec dès piquets.

LES AÉBOSTlEaS MILITAIRES.

« Oq attache au sommet de la chèvre une poulie qui sert à faire mouvoir un mouton propre à fouler le fer dans ces tuyaux. Ce mouton doit avoir à peu près leur diamètre intérieur et peser environ cent libres; quatre ou cinq hommes le font mouvoir, ainsi que ceux pour les pilolis. »

Pour un ballon de 19 pieds de diamètre (S m. 7o) — tel que Técole

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Fabrication de rbydrogène, d'après une aquarelle de Conté.

de Meudon en dut construire plusieurs — il fallait que les cornues ne renfermassent pas moins de 2,200 litres de fera oxyder.

Les cornues étant placées et murées dans le fourneau, on devait les fermer elles-mêmes aux deux bouts, ce que Ton faisait au moyen de plaques de tôle liiiéesdLvec soin.

Les tubes d'amenée de Teau et d'extraction du gaz avaient 6 pouces de diamètre et pénétraient à travers les plaques de tôle fermant ainsi les extrémités.

Sur un des côtés du fourneau se trouvait, à hauteur convenable,

LES A^SOSTIEBS. 4

le réservoir contenant Teau à décomposer ;. le liquide s'écoulait pour tomber en gouttes précipitées dans les cornues. Du côté opposé se trouvait la cuve pleine d'eau où le gaz devait se refroidir et se laver ; puis des caisses chargées de lait de chaux, destinées à absorber Tacide carbonique qui alourdirait Thydrogène. Avant de lancer ce gaz dans le ballon, on en recueillait quelques

Le gonflement, des premiers aérostats.

éprouvettes, et d'après la manière dont il brûlait, on reconnaissait son degré de pureté.

Un autre essai très efficace consistait à prendre un petit ballon de papier de dimensions telles qu'il se trouvât juste en équilibre dans l'air quand le gaz était assez pur. S'il était trop lourd pour s'enlever, l'hydrogène n'était pas assez purifié et devait être rejeté.

Tous ces préparatifs terminés, on admettait enfin l'hydrogène dans l'aréostat dûment préparé à le recevoir.

Pour cela, le ballon recouvert de son filet était élevé au moyen d'une corde attachée à la soupape et passant sur une poulie fixée au faîle de la tente ou d'une chèvre en perches. On achevait d'enlever, du moyen d'un soufflet aspirateur, l'air qui pouvait rester dans ses

plis. C'est alors qu'on pouvait lier l'orifice de gonflement sur le tuyau de production de Thydrogène, et opérer le gonflement, en ayant soin de répartir bien également le filet sur Tenveloppe, à mesure qu'elle s'ouvrait et s'arrondissait.

Lorsque l'aérostat était complètement plein, on attachait Textréraité des diverses cordes du filet au bord de la nacelle en osier; il ne res-

Campement de l'aérostat, d'après une aquarelle de Conté.

tail plus, pour opérer une ascension captive, qu'à fixer les cables de retenue.

Ces cAbles étaient au nombre de deux; ils avaient 600 m. de long et étaient réunis au filet dans la région équaloriale par de larges pattes d'oie répartissantbien les tractions et garnies de peau mince et souple aux endroits qui pouvaient frotter sur l'enveloppe.

La nacelle se trouvait ainsi suspendue sous le ballon ; et, tout à fait indépendante dés cordes d'attache, elle pouvait osciller librement sans les choquer. La troupe, divisée en deux brigades, s'attelait aux evlrémilés des câbles, qui pouvaient du reste s'enrouler sur un treuil solidement fixé au sol, lorsqu'on devait faire une série d'ascensions dans le mîme endroit. Le cylindre du treuil avait m. 15 de dia-

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mètre et 1 m. environ de longueur. Il était séparé, dans sa longueur, en deux parties égales par une cloison saillante, et les deux câbles s'enroulaient ainsi séparément sur l'une et sur l'autre.

Le mode de suspension par deux câbles s'attachant en deux points diamétralement opposés du ballon constitue, à la vérité, une solution assez défectueuse du problème. Il est impossible, en effet, que l'aérostat, soumis à des tractions forcément inégales, ne soit pas secoué entons sens, au grand ennui des passagers delà nacelle qui, souvent, n'ont pas besoin de ce surcroît d'agitation pour ressentir les effets du mal de mer.

Pour les transports près de terre, on pouvait également se servir avantageusement de 16 à 20 cordes attachées à la ceinture équatoriale du filet. Ces cordes servaient aussi à camper l'aérostat. Cette opération consistait à ramener le ballon jusqu'à ce qu'il touchât le sol recouvert d'une bâche en étoffe imperméable, et à attacher toutes les cordes à des piquets régulièrement espacés sur un cercle.

On complétait souvent cette installation en fixant une toile détente autour de l'équateur et aux mêmes piquets. C'est cette opération que représente l'aquarelle de Conté que nous reproduisons ici (page 51).

Le ballon ainsi catkipé ressemblait à une vaste tente à coupole hémisphérique.

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