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EN MANŒUVRES

SI] H TEBBE ET SUa MKR,

Les ^expéditions loin laines — au ïonkin, au Soudan ou en Âbyssinie,

— ont fourni de solides démonstrations de l'utilité deâ ballons à la guerre ; lïuiiâ elles n'ont permis de niellrc en œuvre qu*uii maltriel réduit.

11 serait curieux pourtant desavoir i:e ijue l'on jïcut attendre de l'organisa linii très complète dont on a pourvu le? troupes spéciales d*aérosliens, et que Ton emploiera daos les guerres en

Grandes manœuvres. — Près du village de Peyrens.

LES AÉR0STIEII8 HIUTAIRES. 263

pays civilisés, où les moyens de communication ne feront pas défaut.

Si l'expérience de campagnes réelles nous manque, les parcs aérostatiques ont du moins fait leurs preuves dans les grandes manœuvres, cette image de la guerre. Ils ont montré une mobilité que beaucoup] ugeaient irréalisable; le service de renseignements a toujours été très aisément assuré, partout où Ton a eu recours à eux, notamment aux grandes manœuvres de 1888, pendant les opérations entre Castelnaudary et Castres.

On lira avec intérêt les lignes suivantes, écrite» par un témoin oculaire, de nos amis, qui, prenant un vif intérêt aux si curieuses évolutions du parc de ballons, a suivi à peu près constamment les aérostiers pendant toutes leurs manœuvres :

« Nous sommes au bout des marches préliminaires ; je suis à Castelnaudary, auprès de la compagnie d'aérostiers, dont les opérations ont pour moi toute la saveur de la nouveauté. C'est une découverte réelle que je fais ; car je ne me doutais pas de ce que tout cela pouvait être. 11 semble, en effet, que rien ne doive être plus simple que de manœuvrer un ballon ; tandis qu'en réalité, on n'y arrive qu'avec toute sorte de soins et de précautions. Les marches, les passages d'obstacles ne se font pas sans de grandes fatigues pour les hommes, qui du reste — il faut leur rendre cette justice — ne s'épargnent guère pour assurer le résultat final.

Ils ont l'air d'aimer leur ballon, comme un marin aime son bateau ; et je vais plus loin : considérez la compagnie d'aérostiers lorsque l'aérostat est dégonflé, plié et enfermé dans les coffres des voitures ; vous n'avez pas devant vous les mêmes hommes que lorsque le ballon gonflé flotte sur leurs tôles. Oh ! alors ils se redressent fiers et triomphants ; leur attitude est énergique ; leurs mouvements, bien coordonnés au moindre commandement du chef, concourent vers le même but : on sent qu'ils ont charge d'âme.

Ils n'ont pas besoin de drapeau, et se serrent autour de leur ballon.

Mais n'anticipons pas.

Depuis le commencement des manœuvres, les aérostiers n'avaient point encore fait usage de leur ballon, qui était resté jusqu'alors soigneusement empaqueté dans les voitures. Mais tandis qu'ils prenaient •quelque repos à Castelnaudary, dans l'attente des événements, les troupes avaient pris le contact de l'ennemi.

Une action décisive était imminente, et le général en chef, sentant approcher le nioment des heurts suprêmes, donna l'ordre à la

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compagnie d'aérosliers de se tenir prête à entrer en action. N'étaitce pas le moment, en effet, de ne rien négliger pour reconnaître les positions de l'ennemi ?

Donc il fallait se préparer à gonfler un ballon.

De grand matin, les voitures sont attelées et toute la compagnie vient s'établir le long du canal, à la sortie de la ville; car l'opération du gonflement exige de grandes quantités d*eau.

Les voitures se rangent, pendant qu'on forme les faisceaux. Quelques hommes, en un clin d'œil, dressent une tente rectangulaire dans laquelle on place une table pliante et des sièges. C'est là que sera le bureau des scribes qui s'installent et ouvrent leurs registres.

Les escouades se rangent, chacune à son poste ; Tune d'elles tire de la voiture d'agrès un grand panier d'osier qui est une nacelle et qui sert, pour l'instant, à emmagasiner des engins de toute sorte.

Sur l'herbe verte, on étend une large toile à voile, par-dessus laquelle enfin on dispose délicatement Tenveloppc du ballon. Les hommes, gantés de coton blanc et chaussés de lisières, régularisent les plis tout autour de la soupape comme point central, étendent bien symétriquement le filet par là-dessus; c'est ce que certains aéronautes appellent disposer le ballon en épervier^ et cette opération a été imaginée, p^rail-il, par cette famille Poitevin qui compte autant d'aéronautes habiles que de membres.

On apporte des sacs de lest qu'on répartit autour du ballon et sur lesquels les hommes s'asseyent sans façon, en attendant que les mécaniciens soient prêts à leur tour.

Ceux-ci sont à Tœuvre. Un bon feu de coke est allumé sous la chaudière du treuil à vapeur, dont la pompe allonge jusqu'au canal son long tuyau d'aspiration.

L'eau aspirée se rend par un autre tuyau jusqu'au générateur à gaz, dont les grands cylindres en cuivre rouge reluisent au soleil levant. La longue manche en tissu imperméable, par où doit s'écouler le gaz, est étendue sur le sol jusqu'à l'appendice du ballon.

Tout est prêt. Le capitaine jette un dernier coup d'œil et s'assure que toutes les dispositions sont bien prises pour que Topération marche régulièrement.

Il donne le signal.

Des hommes saisissent les touries d'acide sulfurique que ron vide dans Tappareil. La [fompe, en même temps, envoie des torrents d'eau qui s'échappent, après avoir lavé le gaz, dans une rigole lestement creusée.

Le gaz commence à se dégager, gonflant la manche et soulevant peu à peu l'enveloppe du ballon avec, le filet qui la recouvre.

Les curieux sont nombreux, faisant cercle; et les factionnaires ont bien de la peine à les tenir à distance.

— Allons, messieurs les fumeurs, éloignez-vous ; notre ballon éclaterait à la moindre étincelle.

Et l'aérostat s'arrondit de plus en plus; il a l'air maintenant d'une vaste ampoule.

Une douzaine d'hommes l'entourent et accrochent des sacs de lest au filet : ce dôme gigantesque, loin de peser sur ses fondations , les enlèverait volontiers en s'envolant dans l'espace. Mais le gonflement va si vite, que toute cette escouade, gantée comme pour une revue, a assez à faire de déplacer sans cesse les sacs de lest.

Deux heures ont suffi pour donner la vie au monstre tout à l'heure aplati sur rherbe. 11 se lialance maintenant, retenu seulement par ses cordes équaloriales au bout desquelles les sacs de lest sont attachés. Ses flancs rebondis de soie écrue brillent comme une énorme lune de métal, satellite déhonnaire en visite sur sa plaotsle.

'/-^AA-yi

^66 LES AÊROSTIKR9 MIUTAIRES.

Le générateur est arrêté; la chaudière làciie &a vapeur; et tandis que les mécaniciehs remettent tout en état, un cammande^ ment retentit :

— Tout le monde à son poste I

Les hommes se hâtent, et se rangent autour du ballon, dont ils isaisissent les cordes équatoriales. Une escouade d'arrimage enlève la nacelle toute préparée et l'approche. On accroche la suspension. On attache le pavillon tricolore aux cordages, et le lieutenant de manœuvre commande :

— Laissez monter !

Voilà donc le ballon équipé ; la nacelle se balance sous la barre du trapèze qui l'encadre. Son câble est attaché et la relie au treuil à vapeur.

Les aérostiers laissent &ler dans leurs doigts les cordes équatoriales, «t la voiture-treuil s'ébranle enfin au trot de ses quatre chevaux

j entraînant le ballon avec elle.

On s'engage dans les rues tortueuses de Ga»lelnaudary, dont la population n'avait jamais vu pareil spectacle et assiste, non sans ^tonnement, au franchissement successif de huit fils télégraphiqfues- Les aérostiers enlèvent prestement cette manœuvre qui mérite une courte description. Je l'ai vu faire par plusieurs méthodes; mais le plus généralement, pour la marche, le ballon est attaché par un double câble auxiliaire, dont on fait passer tout d'abord le brin libre par-dessus l'obstacle, soit qu'on lance au préalable une balle de plomb attachée au bout d'une ficelle légère, soit que des sapeurs montent aux poteaux télégraphiques au moyen de griffes qu'ils s'attachent aux pieds.

Une fois que le brin libre est passé, on le rattache à l'une des voitures, et l'on détache le second brin que l'on fait passer à son tour.

Cinq à six minutes suffisent pour un semblable franchissement.

Après^voir ainsi traversé Caslelnaudary, les aérostiers se trouvèrent sur une grand'route ; mais les platanes qui la bordaient, rejoignaient leurs feuillages, ne laissant point voir le jour entre eux. Cependant le câble, bien tendu par le ballon qui le tirait de toute sa force ascensionnelle, put se frayer tranquillement un passage au travers.

Il était sept heures et demie quand la compagnie s'arrêta au rendez-vous, en deçà du ruisseau de Fresquel.

Le général de Sesmaisons, impatient de juger par lui-même des ressources de ce nouvel auxiliaire, le fit immédiatement traîner au

LES AÉBOBTIERS MILITAIRE». 267

milieu d'un champ, et, le premier dans la nacelle^ malgré le temps brumeux^ il fit une intéressante ascension.

Le moment est venu^ du reste, de se rendre utile : les troupes sont engagées vigoureusement du c6té de Tréville; le rôle du ballon est tout indiqué; et, sans perdre un instant, la section de télégraphie relie rapidement le téléphone de Taérostatau quartier général, avec lequel, dès lors, Taéronaule peut de sa nacelle converser directement et sans intermédiaire. C'est un des résultats les plus merveilleux qu'on puisse rêver.

Pendant la guerre de Sécession, au siège de Richmond, les unionjiistes avaient déjà réalisé une disposition analogue et Taéronaute pouvait manœuvrer, de sa nacelle, un appareil Morse qui transmettait directement ses dépêches au quartier du général Mac Glellan. Mais cette installation avait été faite à loisir. Combien, du reste, la découverte du téléphone est venue apporter de facilités à toutes ces manœuvres !

Cependant les troupes ont continué leur mouvement en avant ; on songe à rapprocher le ballon du front de combat, et à il heures il va s'établir àPeyrens ; mais la section de télégraphie n'a plus le temps nécessaire pour rétablir la communication directe avec le quartier général.

Les opérations delà journée terminées, la compagnie gagne son cantonnement à Revel.

Nous suivons curieusement son mouvement, car le vent s'est élevé, et nous prévoyons que le ballon aura quelque difficulté à passer entre les deux rangées de platanes dont le feuillage forme une véritable voûte de verdure au-dessus de la route. Mais le géant ne se déconcerte pas pour si peu, et son câble, raide comme une barre de fer, se contente de casser, avec un bruit sec, les bouts de branchettes qui lui barrent le passage et qui jonchent le sol derrière lui.

Chemin faisant, nous rencontrâmes une aéronaute de notre connaissance, ou plutôt un amateur fanatique d'aérostation, en villégiature par là, et qui, le nez enTair, comme tout le monde, regardait le confrère.

— Eh! eh! nous dit-il, en le montrant du doigt, j'aimerais assez prendre mon voilà-dedans. Bon matériel^ solide et bien construit: cela ne craquera pas en route. Mais, entre nous, pourquoi cette longne suspension qui met la nacelle à dix mètres en dessous du ballon ? c'est autant que l'on retranche de l'altitude de l'observatoire, et à quoi cela sert-il, grand Dieu ?

— Je ne suis qu'un profane» et je n'oserais discuter avec un

homme aussi compétent ; et pourtant je ne saurais me ranger à votre avis ; car si je ne suis pas aéronaute, je sais quelque pea de géométrie, et dans tous ces cordages qui allongent démesurément la suspension, je découvre un arrangement qui a sa raison d'être. Regardez, en effet : voyez-vous la nacelle tourner sans cesse sur elle-même, comme si elle était suspendue par un point? Non ; elle s'oriente dans lèvent et s'y tient, ce qui est indispensable pour la facilité et la régularité des observations. Eh bien, mais c^esl au dispositif de suspension qu'elle doit cette immobilité ; tout semble combiné pour s'opposer à la rotation, au moyen d'un appareil de torsiou semblable à la suspension bifilaire de Gauss.

Ce raisonnement convainquit-il notre interlocuteur? Nous ne pûmes le savoir, car il n'y répondit pas, et se contenta d'allonger le» lèvres en une sorte de moue un peu dédaigneuse: ce qui nous fit penser que nos réflexions n'étaient pas absolument dénuées de sens, si, comme le dit l'adage, le silence est un aveu.

Le 9 septembre, il y avait bataille.

L'ennemi occupait les hauteurs de Lagardiolle. Le ballon s'était placé, pour l'observer, à quatre kilomètres environ, près de la ferme de la Vaysse. Le temps était clair et très favorable aux observations, que le téléphone transmettait régulièrement.

Le 10, nouveau et dernier combat kSaix, pendant lequel l'aérostat, qui s'élait transporté près de Verdalie, ne cessa de donner des indications.

Dans toutes ses manœuvres en présence de l'ennemi, on voit que le ballon ne se hasarde guère à se montrer en l'air et à séjourner à moins de 4 à 5 kilomètres des batteries d'artillerie ; c'est qu'en effet son élévation dans l'espace ne suffit pas à le garantir; il faut bien compter qu'il servira de cible à toutes armes qui se trouveront à bonne portée, car on ne saurait prendre trop de précautions contre cet indiscret, et ce sera œuvre pie que de le mettre hors de combat.

Il importe donc, d'un autre côlé, que l'aérostat se tienne hors de la zone dangereuse, ou tout au moins assez loin pour que le réglage du tir lui laisse un répit vite mis à profit pour les observations auxquelles il est destiné.

Pendant la guerre de 1870-71, les ballons-postes sortis de Paris eurent plus d'une fois à essuyer le feu des fusils prussiens ; mais ils ne furent atteints que lorsqu'ils se trouvaient à raser le sol : il est si facile à un ballon libre de s'élever hors d'atteinte, que ce n'est pas pour eux que l'on doit craindre.

Les feux de mousqueterie seront du reste toujours insuffisants,

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tandis que, grâce à une portée beaucoup plus grande^ les canons tirant des shrapnels pleins de balles qui s'éparpillent en une gerbe très dense, permettent d'atteindre un ballon — surtout un ballon captif — à une distance assez considérable.

En 1880, les Anglais firent des expériences à ce sujet et atteignirent, au moyen de shrapnels de 13 livres, un ballon situé à 1,780 mètres de la pièce, et à 260 mètres d'altitude. Toutefois le ballon ne s'abattit pas* brusquement sur le sol ; il descendit lentement, et s'il y avait eu des aéronautes dans sa nacelle, ils auraient atterri sans danger.

C'est ce qui se présenta également à peu près constamment au cours des expériences exécutées au polygone de Cummersdorf. Là, le ballon était élevé de 400 à 250 mètres, et à une distance de 5,000 mètres de la batterie tirant à shrapnnls.

Au moment où le ballon s'élevait^ des observateurs placés aux extrémités d'une base mesurée relevaient sa direction et sa hauteur sur l'horizon. Le recoupement des deux directions trouvées donnait assez rapidement la position réelle de l'aérostat et servait à régler le tir.

Il estau contraire très difficile de le régleren observant les premiers coups : on ne peut dire avec certitude qu'un coup est trop court que lorsqu'au moment de l'éclatement on voit la gerbe se projeter sur le ballon lui-même. Dans tout autre cas, on ne peut apprécier la distance du point d'éclatement au but, faute de points de comparaison.

Quoi qu'il en soit du mode de réglage usité à Cummersdorf, on parvint à abattre le premier ballon à la deuxième décharge ; le second tomba à la vingtième : l'un et l'autre avaient de vingt à trente trous qui s'élargissaient par la fuite du gaz.

El France, où Taéroslation militaire a pris naissance, on ne devait pas négliger de contrôler les résultats obtenus dans le tir contre les ballons. Des expériences récentes et très complètes ont été exécutées au camp de Châlons. Elles ont permis d'établir les règles de tir qui nous serviront contre les ballons ennemis, en même temps qu'elles ont montré la zone où l'action du canon commence à perdre de son efficacité.

En définitive, un ballon pourra remplir son office pourvu qu'il se tienne à 4 ou 5,000 mètres des batteries qui pourraient le prendre comme objectif. Non pas qu'à cette distance il soit tout à fait à l'abri; mais qui donc Test, sur le champ de bataille ?

Il suffit qu'il ait le temps, avant que le tir ennemi soit réglé et l'inquiète réellement, de prendre les renseignements dont il a besoin, et le plus souvent un quart d'heure lui suffira pour cela.

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C'est en suivant cette tactique qu'on a utilisé le ballon aux grandes manœuvres que nous relations succinctement tout à l'heure.

Ces manœuvres démontrent une fois de plus la mobilité complète d*un équipage de ballons et les services qu'on en peut attendre à la guerre, surtout lorsque Ton fait coùcourir au but tous les progrès actuels de la science : le télégraphe et le téléphone, qui permettent de transmettre instantanément les renseignements pris de la nacelle du ballon, et la photographie elle-même, qui donne la physionomie exacte du terrain et fixe la position des troupes d'une manière nette et plus éloquente que tous les commentaires.

Le ballon ne sert pas seulement à observer l'ennemi ; on peut très utilement l'appliquer à régler la marche sur plusieurs routes des diverses colonnes d'une même armée. De sa nacelle, en efiet, l'officier aéronaute aperçoit la tète de chacune de ces colonnes, et peut établir avec elle un échange de signaux commodes et rapides.

La photographie aérostatique.

Depuis le jour où pourla première fois, au siège de Richmond, les Américains prenaient de la nacelle d'un ballon un panorama photographique des positions en avant^ la photographie a réalisé d'énormes progrès, et l'on ne saurait comparer les épreuves obtenues à cette époque déjà lointaine, avec les beaux clichés que M. Nadar et le commandant Fribourg, par exemple, peuvent montrer anjourd'hoi»

Gela tient en grande partie à la transformation radicale survenue dans les procédés photographiques, et à l'invention des plaqaes extra-rapides au gélatino-bromure d'argent.

Le ballon, aussi tranquille qu'on puisse le souhaiter^ n'est pas, en efïet, un poste immobile ; s'il est captif, la brise l'agite dans une oscillation lente ; s'il est abandonné librement dans Tespace, le venl l'emporte avec lui. Il est donc nécessaire, pour qu'un appareil photographique placé dans la nacelle puisse donner une boaae épreuve, que le temps de pose soit aussi faible que possible : c'est ce que les procédés instantanés actuels permettent de réaliser.

Bien avant l'essai de photographie en ballon tenté à Richmond en 1862, Nadar avait fait des tentatives de ce genre. Il avait même songé à établir le cadastre par ce moyen, et il avait pris, dît M. Tissaodier, des brevets dans tous les pays de l'Europe. Les premières expériences échouèrent d'abord ; mais peu à pende meilleurs résultats furent atteints.

c Je savais bien, dit M« Nadar dans les Mémoires du GéatU, la dif-

Photographie prise ea ballon. — Entrée du président Carnot à Grenoble.

ficjilté première contre laquelle j'avais à lutter : la mobilité de ma nacelle, si captive qu'elle fût, paries mouvements de haut en bas, de bas en haut, d'arrière en avant, d'avant en arrière, de gauche à droite, et réciproquement, sans parler des mouvements rotatoires et aussi de touN les combinés de ces mouvements entre eux.

« Mais on connaît aussi quels perfectionnements a atteints la photographie quanta rinslantauéité,et le moindre praticien sait que, quelle que soit la rapidité des produits photochimiques qu'il emploie, celte rapidité s'accroît en raison de l'éloignement de son objectivité... »

Les principales tentatives, en dehors de celles de M. Nadar, sont dues à M. Dagron, vers 1878 ; à M. Triboulet, en 1879 ; à M. Paul Desmarets, en 1880.

En 1883, un habile opérateur anglais put obtenir quelques bonnes épreuves ;mais ce n'est guère qu'en 1883, que MM. Ducom et Gaston Tissandier, au cours d'une ascension exécutée le 19 juin 1885, réussirent à prendre des vues du sol très satisfaisantes et très nettes. L'appareil photographique était une chanàbre noire ordinaire, disposée sur le bord de la nacelle, de manière à pivoter sur un axe et à être fixée, l'objectif dirigé sur le sol. La chambre avait été construite par M. Mackensiein ; elle était faite pour recevoir des plaques 13(18. L'objectif avait 36 centimètres de distance focale et était muni d'un obturateur àguillotine installé par M. Moussette et se déclenchant au moyen de l'air comprimé en pressant une poire de caoutchouc.

Le temps de pose avec ce dernier système était de l|oO de seconde. On pourrait facilement obtenir un temps de pose de durée encore moindre, mais cela ne parait pas nécessaire pour les opérations aérostatiques.

d Le départ, dit M. Tissandier, eut lieu à 1 h. 40 m. de l'après-midi, soufflant par un vent sud-ouest, dans la direction du nord-est.

Dix minutes après l'ascension, une première photographie a été exécutée à 670 mètres au-dessus de la rue de Babylone et des magasins du Bon-Marché.

Une autre opération a été faite au-dessus du pont Saint-Michel, à une hauteurpresque semblable. On distingue nettement sur l'épreuve obtenue: le pont et le quai Saint-Michel, le quai du Marché-Neuf, l'Ëtat-Major des pompiers, près la préfecture de police. On compte quinze voitures de place stationnant sur le quai du Marché-Neuf ; on distingue nettement les tramways, les passants, et la trace d'une voiture d'arrosage^ qui a marqué sur Fépreuve une traînée grisâtre. Au-dessus de l'île Saint-Louis, à 605 mètres d'altitude, l'appareil a

LES A^HOSTIEBS. IS

donné un remarquable cliché en plan. Quand on examine à la loupe répreuve photographique, on d^ouvre des détails inattendus, tels que les rouleaux de cordes dans un bateau amarré près de rétablissement de bains froids, des passants arrêtés sur le quai, etc. On peut, sur le cliché, compter les cheminées des maisons, formant en projection de petits points noirs sur les toits. )>

M. Pinard a également obtenu de très bons clichés dans un voyage aérien exécuté à Nantes, le 14 juillet 1885.

Enfin, la même année, le 18 juillet^ les officiers de rétablissement de Chalais exécutaient également des photographies très remarquables , pendant que leur ballon planait à 700 mètres au-dessus de Paris.

C'est le capitaine Gcorgel qui était spécialement chargé des opérations photographiques.

A partir de cette époque, les bonnes épreuves ne sont plus rares. M. Tissandier en a obtenu un grand nombre, et à roccasion des grandies manœuvres du 5°"" corps, M. le commandant Fribourg, chef du service photographique de l'armée, a pu étudier l'installation et le mode opératoire, au point de vue spécial des applications militaires, notamment dans l'ascension qui eut lieu le 10 septembre 1886, dans le ballon le Gay-Lussac^ sous la conduite de M. le commandant Renard, accompagné de M. le commandant Coupillaud.

L'aérostat partit de Chalais-Meudon à 11 h. 30 m. du matin; le ballon a traversé Paris, suivant la direction nord-est, avec une vitesse moyenne de 10 mètres à la seconde. L'altitude maxima a été de 1,480 mètres. La descente s'est opérée àTourolte, près Compiègne, à 2 h. 15 m. C'est pendant ce court trajet que les photographies ont été exécutées par M. le commandant Fribourg.

L'appareil dont s'est servi cet officier est une chambre en bois à tiroir tenue à la main et portant un œilleton et un guidon pour les visées. Au moment de prendre la vue, l'appareil tenu à la main était appuyé sur le bord de la nacelle, et se trouvait avoir ainsi la fixité suffisante.

Le commandant Fribourg dans la nacelle.

Dans les applications militaires, on peut dire que Ton aurait besoin, le plus souvent, de photographier non pas le terrain que les aéronaules ont directement sous leurs pieds, mais plutôt celui que Tennemi occupe.

Dans cet ordre d'idées, l'un des clichés du commandant Fribourg est digne d'attention. C'est une vue de la petite ville de Senlis, prise à 1,200 mètres d'altitude et à environ 2^000 mètres de distance horizontale (1).

On peut aussi citer une épreuve photographique des plus originales, exécutée par les aérostiers militaires à Grenoble. Cette épreuve, dont nous donnons une reproduction en héliogravure, représente le cortège du président Carnot, lors de son voyage dans la capitale du Dauphiné.

« Un certain nombre d'expériences de photographie en ballon, dit M. Tissandîer, ont été entreprises à l'étranger, et quelquefois avec grand succès. Des ascensions ont été faites récemment dans ce but en Allemagne et en Angleterre. En Autriche, un aéronaute fort habile, M. Silberçr, a réussi à exécuter des photographies aériennes, et en Amérique, d'autre part, M. John G. Doughty, à la fin de Tannée 4885, a obtenu non seulement de bonnes vues terrestres prises dans le Connecticut, mais de bonnes photographies de nuages et d'ombres du ballon sur les nuages. Ces études spéciales offrent un grand intérêt au point de vue météorologique, etil serait à désirer qu'elles soient entreprises parmi nous.

€ Dans toutes les expériences dont nous avons parlé jusqu'ici^ la disposition des appareils photographiques dans la nacelle a été à peu prèsla même, M. Jacques Ducom et moi, nous avions fixé l'appareil à la nacelle ; mais avec les obturateurs instantanés, cette disposition n'est pas nécessaire : il suffit de tenir l'appareil à la main et de le poser au moment voulu sur le rebord de la nacelle. Nous recommanderons aux expérimentateurs de munir leur appareil d'un chercheur facile à imaginer, qui permette de voir l'image prise, dans l'objectif au moment où l'on va ouvrir l'obturateur. L'aérostat dans les airs est soumis à des rotations fréquentes, et il n'est pas toujours facile de viser l'objet qu'il s'agit de prendre. »

Nous n'avons parlé jusqu'ici que des photographies en ballons moîilés ; elles nécessitent l'équipement d'un matériel aéronautique dispendieux, et chaque expérience est onéreuse. Il nous reste à étu-

(t) Cette vue a été reprodaite en héliogravure dans la brochure du capitaine Espitallier, les Ballons et leur emploi à la guerre (Masson).

dier le problème de la photographie aérienne à exécuter en ballon captif non monté, muni d'un appareil dont Tobturaleur puisse fonctionnera distance. Ces expériences peuvent être entreprises à beaucoup moins de frais.

Malheureusement on peut difficilement attendre d'un appareil automatique qu'il choisisse juste le point intéressant du terrain pour en saisir la physionomie ; or les appareils ainsi disposés ne pouvant jamais prendre tous les points de l'horizon, il est à craindre qu'on n'ait jamais la partie du terrain dont on aurait besoin.

Il a été imaginé plusieurs procédés que nous allons faire connaître.

Le système qui nous paraît le plus complet est celui de M. Triboulet, architecte. L'appareil, construit par lui depuis 1884, consiste en une caisse hexagonale à six objectifs latéraux, et à un objectif vertical. On enlève cette caisse, dont le poids n'est pas considérable, au moyen d'un petit ballon captif de ISO mètres cubes environ. Chacune des chambres photographiques contenant la plaque sensible est munie d'un objectif particulier et d'un obturateur à guillotine^ maintenu en place par une armature d'électro-aimant formant verrou.

En outre du câble d'ascension, le ballon enlève avec lui un fil métallique communiquant avec le sol. Quand le moment est venu de faire fonctionner l'appareil, on fait passer le courant électrique de terre au moyen d'un commutateur relié à une pile : l'armature attirée déclenche le volet, qui, sollicité par un ressort de caoutchouc, glisse rapidement devant Tobjectif et donne un temps de pose suffisant pour le plein soleil.

M. Triboulet a successivement essayé cette appareil, en février 1884, et plus récemment, le 20 novembre 188t)^ à des hauteurs variant de 100 à 200 mètres ; malheureusement, lors de ces expériences, le temps était brumeux, et les épreuves obtenues manquent de netteté ; elles montrent toutefois le parti que l'on peut tirer de ce système.

En 1884^ le major Elsdale a exécuté des expériences de photographie aérienne au moyen d'un système analogue.

Enfin, M. Cassé a plus récemment enlevé, au moyen d'un petitballon captif, un appareil photographique minuscule tout armé, et muni d'une mèche à temps, qui brûlait le fil retenant le système armé et déclenchait l'obturateur à guillotine.

LES JkÉROSTlERS âflI.lTAlHES. 277

Les signaux lumineux en ballon.

Vemploi des aérostals^ visibles de tous les points d*un horizon étendu, pour les communications par signaux, a donné lien à des essais intéressants de télégraphie lumineuse.

Il n'est pas nécessaire pour cet usage d'avoir des ballons d'un fort diamètre, car on peut se dispenser de leur suspendre une nacelle. II suffit de les munir d'une lampe électrique dont les conducteurs suivent le câble de suspension.

A terre, se trouve la machine dynamo-électrique chargée de fournir Félectricité nécessaire et mue par un petit moteur à vapeur.

Sur le circuit métallique on greffe un manipulateur Morse, et les interruptions plus on moins longues du courant donnent des extinctions correspondantes et de même durée pour la lampe.

Dès le mois de mai i885^ M. Eric Stuart Bruce a fait à ce sujet de nombreuses expériences en Angleterre, au camp d'AIdershot, avec un ballon de 140 m, cubes environ, portant six lampes à incandescence d'une force de 15 à 20 bougies ; la source d^électricité était une pile de 25 éléments.

En 1887, le même inventeur répétait ses expériences à Anvers en Belgique. Le ballon était en batiste d'Ecosse recouverte d'une légère couche de gutta-percha. G^étail un tout petit aérostat de 1 m. 29 de diamètre, capable d'enlever une couronne de six lampes au bout d*un câble de 90 mètres.

M. Bruce préconise surtout laproduction de la lumière dans le ballon même, sous prétexte qu'on obtient ainsi une boule lumineuse très grosse, que Ton doit apercevoir de loin beaucoup mieux que les points brillants que donneraient les lampes elles-mêmes.

C'est évidemment une erreur, car, en admettant que Popacité de l'étoffe ne fit pas perdre une bonne partie de la lumière émise, celle-ci se répartit sur une plus grande surface et son intensité décroît en proportion.

Il n'est donc pas étonnant que l'on n'ait pu apercevoir le ballon lumineux au delà de 18 kilomètres ; encore cette portée extrême estelle fort douteuse.

En réalité, lorsqu'on voudra utiliser les ballons pour la télégraphie optique, on devra se contenter de les faire servir à enlever jusqu'à une hauteur suffisante une source lumineuse de grande puissance — une lampe à arc voltaïque de préférence. — Cette source devra rester suspendue à l'air libre sous le ballon. Dans ces conditions, la

vitesse de transmission, qui est nécessairement beaucoup plus lente que pour la télégraphie ordinaire, peut atteindre 8 à 10 mots par minute^ mais la limite de visibilité se trouvera reculée presque indéfiniment.

Les Allemands ont essayé d'installer sous un ballon un projecteur assez puissant pour éclairer tout le terrain occupé par l'ennemi. L'inconvénient des postes situés sur le sol et d'où Ton cherche à projeter un rayon lumineux, c'est que ces postes sont généralement trop bas ; le faisceau lumineux est alors rasant^ et il suffit d'un rideau d'arbres pour l'intercepter.

Du haut de la nacelle d'un ballon, au contraire, le faisceau franchit tous les obstacles.

Dans les essais allemands, le projecteur était suspendu au cercle de filet et pouvait prendre toutes les inclinaisons dans tous les sens, de manière à être dirigé sur un point quelconque.

Gomme dans les essais de télégraphie lumineuse, la source d'électricité était au pied du câble , le long duquel s'enroulaient les conducteurs.

L^aérostation en escadre.

L'aérostation en escadre.

Les navires de Tair peuvent-ils prêter assistance aux navires de l'eau ?

Les ballons peuvent-ils servir à éclairer une escadre et à transmettre des ordres aux bâtiments qui la composent?

Autant d'intéressantes questions qui ont pour elles le bénéfice tout au moins de l'imprévu — car Montgolfier n^avait point songé à celte application — et que l'on vient d'essayer de résoudre dans de»

Le commandant Renard.

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LES AÉROSTIERS MILITÂIUES. 281

expériences forlbien faites, à bord des navires de notre escadre de la Méditerranée.

Le Ministre de la marine avait chargé le commandant Renard de combiner tous les appareils nécessités par cet usage inusité.

En vue de Fessai projeté, le port de Toulon avait, en outre^ envoyé à rétablissement de Chalais une équipe de marins commandés par le lieutenant de vaisseau Serpette^qui s*étail donné corps et âme à la réalisation de cette idée.

On installa sur la pelouse du parc de Chalais un grand navire muni de sa hune, et, pendant quelques jours, on put voir nos matelots manœuvrant le ballon autour de cette représentation sommaire d'un pont de navire.

Les marins ont les qualités d*un bon aéronaute ; ils Tout bien montré pendant le siège de Paris. Aussi furent-ils vite au courant •de cette manœuvre nouvelle. Ils purent alors regagner Toulon, où 'Commencèrent immédiatement les expériences réelles sur de vrais navires.

Un officier de rétablissement de Chalais, le capitaine Jullien, avait •été chargé d'installer les appareils et d'assurer la fabrication de l'hydrogène à bord.

Quoi qu'en aient dit certains journaux, les procédés de fabrication étaient ceux de Chalais, et nous n'avons rien emprunté aux Allemands en cette circonstance.

L'aérostat employé était de petite capacité et ne pouvait enlever <)u'un seul aéronaute qui, presque toujours^ a été le lieutenant de vaisseau Serpette.

Les opérations préliminaires eurent lieu le i2 juillet 1888 ; le treuil d'enroulement était aoiarré sur le pont de la batterie flottante VImpiacable. On constata simplement que tout fonctionnait bien et que les ascensions captives étaient faciles.

Les expériences réelles commencèrent le i7 juillet, en présence d'une commission présidée par le commandant de Maigret.

M. Serpette, du haut de la nacelle, conversait au moyen du téléphone avec les membres de la commission qui étaient auprès .du treuil, sur le pont de VImpiacable. La mer lui oflrait un merveilleux champ d'observation ; car rien ne peut se dérober et, grâce à l'altitude du ballon, la courbure de la terre n'est plus un obstacle à la vue qui s'étend jusqu'à la limite de bonne vision.

L'observateur put donc très aisément énumérer toutes les voiles ^ui se trouvaient dans son horizon, renseigner très exactement sur Ja direction de leur marche, et leur vitesse.

282 LES AÉROSTIERS MIUTÀIRES.

Dans une deuxième série d'expériences, c'est au moyen des signaux, ordinaires de la marine que M. Serpette s'entretint avec l'amiral Amet commandant Tescadre d'évolutions et qui se trouvait sur la passerelle du Colbert.

Les signaux sont échangés entre les deux navires et transmis jusqu'à la nacelle par le téléphone.

Malgré le peu de rapidité inhérent au système de correspondance par signaux, les renseignements transcrits à l'amiral sont nets et précis, et tous les états-majors de l'escadre suivent avec intérêt cet échange de communications entre \ Implacable et le Colbert.

Le navire sur lequel était amarré le ballon était jusque-là restéimmobile. Dans une dernière série d'expériences, on voulut voir comment se comportaient l'un et Tautre pendant une marche. Le ballon fut transporté à bord de Y Indomptable^ qui prit la mer aussitôt, s'éloignant de l'escadre que M. Serpette devait observer. Enfin, après une longue course dutonr des îles d'Hyères, cet officier a terminé ces brillantes expériences par une ascension libre au-dessus de la Méditerranée. Il s'était muni de tous les engins que comportait une semblable tentative, et parmi lesquels un des plus utiles est le cône-ancre inventé par M. Duté-Poilevin.

C'est un vaste cônecn étoife, maintenu ouvert par un cercle léger auquel s'attache une cordelette reliée d'autre part à la nacelle. Lorsqu'on le laisse pendre. à la mer, il se remplit d'eau, et si le vent tend à entraîner le ballon, il est forcé d'entraîner aussi toute la masse d'eau qui remplit le cône, La résistance que cet appareil oppose amène une quasi-immobilité : le ballon est bien réellement à l'ancre et peut attendre ainsi qu'un navire vienne lui porter secours.

L'emploi des ballons dans le service d*escadre n'a encore fait l'objet que d'un petit nombre d'essais ; maison peut affirmer pourtant que les résultats en sont concluants.

Le commandant Renard et le lieutenantde vaisseau Serpette auront eu le mérite d'introduire dans la guerre maritime l'usage de ces observatoires volants, merveilleux instruments d'information appelés, nous n'en doutons pas, à jouer un rôle important dans les formidables batailles navales de l'avenir.

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