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OBSERVATIONS

Le ballon rentre à Chalais.

Avarie de machine. — Descente à| Vélizy.

Le ballon rentre à Chalais.

Id. .

Vent de ô^'ôO à 7™00. — Descente à Villacoublay.

Le ballon rentre à Chalais.

Id.

Tel est le rapide historique des ascensions du ballon dirigeable la France. Il avait donné tout ce qu il pouvait donner, et de nouvelles expériences avec lui n'auraientpu qu'être une réédition des premières, sans aucun fruit nouveau.

Il fallait mettre à profit les résultats obtenus pour construire un nouveau ballon capable de réaliser des vitesses plus grandes, ce qui devait lui assurer la possibilité de naviguer plus souvent.

Quoiqu'une période électorale un peu âpre eût distrait les esprits au moment même des dernières ascensions du dirigeable, on peut dire que l'opinion publique était favorablement disposée pour les travaux du capitaine Renard, enfin promu commandant.

On pouvait donc croire que les encouragements moraux et.... pécu« niaires allaient pleuvoir sur rétablissement de Chalais. Mais il faudrait pour cela compter sans la fôôrme qui, chez nous, reprend vite le dessus, sans les bureaux qui n'abdiquent jamais leur toute-puissance jalouse et inquiète.

Il fallut lutter encore, et c'est sans doute à cette cause occulte que nous devons attribuer le silène^ qui s'est fait pendant trop longtemps autour de cette question de la navigation aérienne.

Le commandant Renard a annoncé à l'Académie qu'il allait construire un ballon de 3,400 mètres cubes portant une machine d'environ 40 chevaux et filant iO à 12 mètres à la seconde»

Où en est la construction de cet aérostat ? Nous le saurons bientôt sans doute ; mais il est regrettable que l'insuffisance des créditsannuels n'ait pas permis de l'expérimenter plus tôt.

Avant de construire le ballon /a France, le capitaine Renard avait réalisé de nombreuses expériences afin de déterminer la meilleure forme à lui donner. Il avait même construit un petit modèle de 60 m. cubes actionné par un petit moteur du capitaine Krebs. La pile da système Renard qui lui fournissait l'électricité, pesait 25 kilog. seulement, et la force développée atteignait 2(3 de cheval pendant uneheure un quart.

La vitesse obtenue au moyen de ce modèle fut environ de 4™, 50* par seconde. C'était un excellent résultat pour un type aussi réduit, et le succès de cette expérience donna le meilleur espoir pour l'avenir.

C'est à la suite de ces essais préliminaires que l'on entreprit la construction de la grande pile de 8 chevaux et dt ballon la France.

Un des premiers problèmes à résoudre concernait la forme qu'il convenait de donner à son enveloppe.

Giffard, Dupuy de Lôme, M. Tissandier, avaient jusque-là adopté pour leurs aérostats une forme symétrique terminée fn pointeaux deux extrémités. La courbe méridienne était alors simplement un arc de cercle. Convenait-il de conserver ce tracé ou de le modifier ? Telle était la question qui se posait tout d'abord.

Or certaines considérations théoriques indiquaient clairement l'avanla^o qu'il y aurait à rapprocher le maître-couple de la pointe avani.

C^est en effet un moyen efficace de combattre l'instabilité qui se traduit, dans les ballons ......... akchsod du z6Aonti&3s

faiblement allongés, par un tan- ....... Aseasu» «u 22 septembre im6

gage plus ou moins accentué^ , AaeeMion «m 23 s«f>umb^ a88&

mais qui, lorsque rallongement Les ascensions en 188&,

-est considérable^ peut devenir un véritable danger, comme on Ta TU, en 1855, dans Texpérience tentée par Giffard.

Pour vérifier expérimentalement la manière dont se comportent les corps dissymétriques et à tête obtuse, lorsqu'ils se meuvent dans un fluide, on tailla une série de petits modèles en bois présentant tous la même longueur et le même diamètre principal ; mais le maître-couple se trouvait à des dislances variables de la pointe.

On laissait tomber ces morceaux de bois la tète la première dansde Teau, et l'on observa scrupuleusement les phases de Texpérience. Celle-ci fut concluante ; elle permit de choisir la forme la plus convenable, pour laquelle le plongeur s'enfonçait d'un mouvement bien Tectiligne, sans mouvement de lacet.

En prenant le rayon du mattre-couple pour unité, le ballon la France, construit sur ces données, avait son maître-couple aune distance de la pointe égale à trois fois ce rayon, tandis que la partie postérieure avait jusqu'à 9 rayons de longueur. Autrement dit, le maître -couple était situé au quart de la longueur totale de Taxe.

Les courbes les plus convenables pour former les méridiennes du «cône antérieur et du cône postérieur sont des paraboles dont on détermine les équations de manière à ce que le volume enfermé dans J'enveloppe soit le plus grand possible.

Le ballon la France avait 8°* 40 de plus grand diamètre et 50"" 40 de longueur de pointe en pointe. Son allongement était donc de 6 «diamètres et son volume de 1,861 mètres cubes.

Son parallèle principal était situé à 12°* 60 de la proue, et le cône arrière avait 37°* 80 de longueur.

L'enveloppe était en soie ponghée de Chine imperméabilisée au moyen du vernis de Chalais. Une cloison également en soie séparait en deux parties inégales la capacité intérieure, pour former le ballonnet à air dont la manche descendait jusqu^au ventilateur placé .dans la nacelle.

Pour conserver au ballon une surface bien lisse favorable au glissement dans l'air, on l'avait recouvert d'une chemise en soie.

Tandis que les prédécesseurs du capitaine Renard taillaient cette chemise absolument comme le ballon lui-même, par fuseaux longitudinaux, et se voyaient forcés de la recouvrir d'un réseau de rubans •disposés transversalement pour recevoir l'effort de traction de la nacelle, la chemise du ballon la France a été formée par un système •de fuseaux transversaux^ ce qui supprime l'artifice précédent et la ootable augmentation de poids qui en résultait.

Au bord de la chemise, ou housse, s'attachent les suspentes et les

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balancines disposées dans le système de suspeDsion à réseaux triangulaires.

Ce système, tel que Dupuy de L6me l'avait appliqué, réclamait une adaptation aux dimensions de la nacelle du nouveau dirigeable. Cette nacelle est, en effet, très allongée, alin de permettre le développement des balancines. Dans le ballon de 1872, qui était fort peu allongé, la longueur de la nacelle n'en était pas moins le tiers de 1& longueur du ballon.

Lorsque rallongement de Taéronef est considérable, il en résulte pour la nacelle des proportions gigantesques aussi.

Celle du ballon de Cbalais atteint 33 mètres de long, soit plus de la moitié de la longueur du ballon lui-même. Sa carcasse est composée de 4 bambous dessinant les angles saillants de cette construction. Des entretoîses, des croix de Saint-André en cordelettes de fer^ donnent à cette carcasse sa forme et la rigidité nécessaire.

Pour la suspendre sous le ballon, il était presque impossible de faire passer toutes les balancines par un même point nodal : on les a groupées en deux faisceaux distincts. Des traversières tendues obliquement, sur lesquelles sont attachées les balancines, complètent le système.

La nacelle n'est pas accessible sur toute sa longueur, ce qui aurait obligé à y poser un plancher pesant. On a simplement ménagé, au centre, une chambre cubique d'environ 2 m. de côté, limitée en avant à la machine motrice ; à Tarrière sont disposées les piles sur deux rangées, entre lesquelles on peut s'aventurer sur un étroit plancher en clayonnage.

La carcasse de la nacelle est, pour le moment des ascensions^ enveloppée de soie de manière à présenter à l'air une surface parfaitement lisse, comme nous l'avons dit.

Il nous reste peu de chose à dire du moteur, après les indications contenues dans le chapitre précédent. C'est une machine Gramme tournant avec une énorme vitesse, 3,600 tours par minute^ et susceptible de développer 9 chevaux de force.

Un train d'engrenage réduit la vitesse et met en mouvemenlTarbredel'hélice qui ne tourne plus qu'à 50 ou 55 tours par minute.

Cet arbre n'estpas l'organe 1*^ moinscurieux de toute cette machine. C'est quelque chose comme un tuyau de poêle de près de 15 mètresde lon^ ; il est formé d'un cylindre creux en tôle suspendu dans un certain nombre de paliers qui le soutiennent. Mais on comprend qu'il était impossible d'assigner à tout cet ensemble une rigidité comparable à celle du bâtis d'une machine ordinaire. Il faut que tout puisse

au contraire plier et subir des déformations appréciables, sans déterminer de trop grands frottements dans les organes de mouvement.

Le capitaine Renard a résolu le problème en installant des paliers oscillants et maintenus en place par des tendeurs. L'arbre prend en toi)rnantsur ces points d*appui de curieux mouvements héliçoidaux, sans qu'il en résulte toutefois de résistances anormales.

Cet arbre donne le mouvement à Tappareil de propulsion, vaste hélice à deux branches de 7 mètres de diamètre, placée à Pavant de la nacelle, en sorte que la poussée habituelle est remplacée ici par une traction.

La pile inventée par le capitaineRenard est composée d'un grand nombre de petits élémentscylindriques, semblables à un jeu d'orgue. L'électrode négative étant constituée par un bâton de zinc, on prend pour électrode positive un cylindre d'argent d'une épaisseur extrêmement faible. Le liquide employé pour donner à cette pile toute sa puissance est un mélange d'acide chromique et d'acide chlorhydrique*; le dosage de ce liquide est variable et permet de faire varier à son gré les constantes de la pile qui peut également, ou dépenser toute son énergie en un temps très court, ou bien, à volonté et par une simple addition d'acide chorhydrique, ralentir peu à peu son débit jusqu'à celui des piles ordinaires au bichromate de potasse: cette propriété est particulièrement précieuse dans les diverses applications que peut recevoir cette pile en dehors de la navigation aérienne. C'est ainsi qu'on peut réaliser soit une lumière très vive pendant un temps très court, soit au contraire augmenter la durée de l'éclairage en sacriGant de son intensité.

Pour la navigation aérienne la condition principale étaitl'intensité, et l'on devait demander à la pile tout ce qu'elle pouvait donner sous le poids le plus petit possible.

L'hélice, vue de profil.

tHS AÉROSTIKHS MKJTJilHKS.

Dans le ballon la /V^y^r*', olle pouvait fonctionner pentUint doux heurof^-

La jùle ilf^ M. Tissaadier, qui était certainement la plus *!'nergir[ue jusque-là, pouvait durer 2 Injures oL dertiii' ; mais, en re%^aurhe, elle étail moins [Miisj>ante. Qi^t* Ji'^^ tle la force humaine f*mployée par Dupuy de Ltune?

Le tableau suivatii fait ressorti i' h?s avanlages de la pile Henaril sur les liitlérentes «rmrces d'énergie qui peuvent lui être comparées:

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