CHAPITRE XL
l'état de l' aérostation militaire a l étranger.
A ceux qui seraient tentés de proclamer l'inutilité de l'aérostation •dans les opérations militaires, on peut opposer Tempressement -qu'ont mis presque toutes les puissances étrangères à suivre l'exemple •de la France.
L'Autriche, seule peut-être, n'a pas encore suivi le mouvement, et une étude très complète de MM. Hess et Wachter en donne la raison fondée sur les imperfections qui leur paraissent subsister encore -dans cette branche des applications militaires de}a science.
Le matériel est lourd et encombrant, disent-ils ; toutefois Ton ne devrait pas s'arrêter à cette objection, si le résultat final était toujours atteint; mais si les ballons captifs doiventse rapprocher trop de Ten- 'nemi, ils seront très vite criblés de projectiles. S'ils se tiennent au contraire à plus de 6,000 mètres, il est à craindre qu'ils ne voientrien.
Dans la guerre de siège, la fumée de lapoudre et la distance empêchent de rien observer. Pour l'observation du tir, on peut se contenter de m&ts. Les ballons libres, non dirigeables, peuvent^ à la vérité, servira mettre en communication une place investie avec le reste du pays. Mais en Autriche-Hongrie, aucune des deux capitales n'est for- »tifiée,et en raison de la direction du vent par rapport aux places du nord-est, quisont les plus importantes, la plupart desjballons iraient tomber en Russie.
On peut remplacer avantageusement ce moyen de communication soit par des pigeons, soit par la télégraphie optique.
Quanta l'éclairage él^trique et la photographie combinés avec les •ballons, le premier est trop incertain et la seconde donne des images trop petites aux distances auxquelles on doit se maintenir.
En résumé, <c le ballon militaire est un objet de luxe accessible .seulement à un pays très riche :». Telle est la conclusion finale de cette •étude qui donne sans doute l'écho de l'opinion- officielle en Autriche .
LES AÉKOSTIERS MILITAIRES. 301-
Les autres Etats militaires ne sont pas de cet avis. Âpres avoir vu le parti considérable que la France a tiré des ballons en 1870 et. au Tonkin, et leur utile intervention au Soudan et en Abyssinie, ces nations estiment sans doute qu'il y a là quelque chose de mieux, qu'un jouet ou qu'un objet de luxe, et semblent peu disposées à abandooner la voie où elles se siont engagées.
L'Autriche elle-même, si elle ne croit pas devoir consacrer la plus, faible part de ses ressources à Taérostation, s'intéresse à cet art nouveau, et c'est à Vienne qu'en i 888, s'est ouverte une curieuse exposition d'aéronautique sous l'initiative d'un fervent adepte de cet art, M. Victor Silberer.
Au point de vue des applications militaires, c'est à V Angleterre querevient l'honneur d'avoir compris, la première des nations étrangères,., le rôle que les ballons sont appelés à jouer à la guerre.
Une commission spéciale fut instituée, dont faisaient partie le major Beaumont, le colonel Scratchley et le savant chimiste du War-Office, M. Abel.
Le colonel Scratchley fut, parla suite, remplacé par le coloneL Noble.
Des ateliers spéciaux étaient en même temps installés à Ghatham,. et dès le mois de mai 1879, ces ateliers en pleine activité avaient déjà, livré 8 aérostats.
Après de nombreux essais, on arriva à cette conclusion qui semblait définitive et ne laissait pas d'élre un peu décourageante, que, dans l'état de la science, pour entretenir un ballon captif à la suite de Tarmée, il fallait transporter un train de 22 tonnes. L'opération du. gonflement n'exigeait pas moins de 9 à 10 heures.
C'est aux mêmes conclusions qu'arrivait le major Elsdale, ingénieur royal et professeur de la chaire d'aérostatique à l'école du Génie de Ghatham.
Dans un mémoire adressé au Ministre de la guerre, au sujet de Torganisatfon d'une station d'expériences et d'études, cet officier faisait ressortir les importants services que les ballons pourraient rendre dans l'expédition projetée pour la délivrance de Gordon. Le terrain peu accidenté du Soudan se prêtait à leur emploi.
La contrée.que les Anglais avaient à traverser est mal connue ; lea bandes ennemies se rassemblent et s'évanouissent avec une merveilleuse rapidité, à la faveur des moindres buissons qui, dans unpaysplat^.
suffisent à dérober la vue de leurs mouvements. C'était là une guerre •d'embûches et de surprises, contre lesquelles les colonnes en marche ■devaient se tenir toujours en garde, et les ballons devaient permettre, d'une faible altitude, de découvrir tout Thorizon.
Toutefois le major Elsdale signalait les difficultés sérieuses que devait présenter la fabrication de l'hydrogène dans un pays dénué de voies de communication. Il convenait, disait-il, d'évaluer à 10 tonnes le poids des substances nécessaires à la production de 20 mille pieds cubes (i) de gaz par les procédés ordinaires.
Le major s'est donc tout d'abord préoccupé de faciliter la production du gaz et a imaginé un appareil parfaitement transportable.
Le ballon lui-même peut être réduit à une capacité de 300 mètres cubes, et dans ces conditions le matériel tout entier peut être transporté par deux chameaux. Mais s'il s'agit d'une campagne de longue -durée et si le ballon doit servir chaque jour à des reconnaissances de terrain, il est nécessaire de prévoir une consommation quotidienne de gaz et de s'assurer d'un approvisionnement de 1,800 à 2,000 mètres cubes.
Alors même que l'hydrogène ferait défaut, on pourrait encore trouver un utile auxiliaire facile à construire dans les Montgolfières à air chaud ; mais, en temps de guerre, il y aurait quelque dangeràs'en servir à proximité de Tennemi; car leur volume est forcément plus grand que celui des ballons à gaz : elles oflrent donc aux projectiles un plus large but, et dans le cas d'une déchirure, la chute se ferait ^généralement plus rapide qu'avec les seconds.
Les conclusions du rapport du major Elsdale furent adoptées, et trois aérostats de 7,000 pieds cubes, en baudruche, furent envoyés en Egypte, dans le cours de Tannée 1885, sur le transport Queen, en même temps que le matériel mobile de production du gaz imaginé par le même officier.
La grande mobilité de ce générateur est rendue moins indispensable, du reste, par l'adoption d'un matériel de réservoirs en acier dans lequel l'hydrogène pouvait être transporté tout comprimé sous forte pression.
C'est l'Angleterre qui a eu le mérite de cette innovation qui tendra •certainement à se généraliser lorsqu'on sera parvenu à réduire au strict minimum le poids des réservoirs.
Dans l'expédition du Soudan, on devait, en effet, compter sur un poids mort de 300 grammes par pied cube de gaz transporté (environ
())BnTiron 600 mètres cubes.
10 kilog. par m. cube). C'est à peu près le poids des réactifs nécessaires, et Ton n'avait ainsi aucun profit comme poids ; mais Tencombrement était beaucoup moindre, et Top était débarrassé du tracas des fabrications en campagne, fabrications qui ne sont pas toujours faciles dansun pays comme le Soudan^ par suite delà grande quantité d'eau nécessaire.
Les Anglais avaientdeux types de réseryoirs suivant qu'ils étaient destinés à être transportés à bras d'hommes pu au moyen de voitures.
Dans ce dernier cas, op ne craignait pas de les faire pesants.
Les récipients étaient alors des cylindres d'acier de 12 pieds de long ; leur diamètre n*avait pas moins d'un pied.
Ceux qui n'excédaient pas la charge d'un homme avaient 9 pieds de longueur seulement, et le gaz qu'on y pouvait comprimer à 150 atmosphères occupait 120 pieds cubes en se détendant à la pression ordinaire de l'atmosphère.
La colonne d'aérostiers pouvait emporter une centaine de ces cylindres, ce qui correspondait à environ un gonflement et demi.
Les tubes d'hydrogène, en dehors des appplications aérostaiiques, ont rendu au Soudan de grands services pour la production de la lumière oxhydrique, tant pour échanger des signaux optiques que pour éclairer les chantiers du chemin de fer stratégique en construction de Souakim à Berber, auquel on ne travaillait que la nuit, pour éviter la trop grande chaleur du jour. L'oxygène nécessaire était transporté, comme nous venons de le voir pour l'hydrogène, dans •des tubes de 38 centimètres de long.
L'emploi de ce mode de transport de l'hydrogène comprimé dans des tubes qui constituent de véritables gargousses, se rattache à une série de recherches relatives à des procédés nouveaux de fabrication de ce gaz.
La production rapide, telle qu'on peut la faire pour un gonflement direct, exige des procédés coûteux. Il y aurait avantage à leur substituer une fabrication lente, pourvu qu'elle fût économique et qu'on pût la faire àloisir, loin du front d'opérations.
L'électrolyse de l'eau en donne les moyens.
On sait en quoi elle consiste. C'est la décomposition de Teau par un courant modéré, dans un appareil nommé voltamètre ; mais si cette opération se fait très simplement dans une petite expérience de laboratoire, elle n'est pas sans présenter quelque difficulté dès qu'il s'agit de réaliser les grandes quantités dont on a besoin dans la pratique aérostatique.
Sans être arrivé sans doute à des résultats absolument définitifs
etau dernier mot du progrès, M. Nordenfelt, qui, après avoir créédes types réussis de torpilleurs et de canons à tir rapide, s'est leplus occupé de cette question, est parvenu à produire très couramment rhydrogène par ce procédé qui, allié à Temmagasinage par compression dans des tubes, deviendra peu à peu industriel.
M. Baldwin, un aéronaute fort connu, en'a tiré parti pour les expériences qu'il a exécutées, pendant tout l'été 1888, dans diverses villesan glaises, où il transporte avec lui son hydrogène tout comprimé.
C'est ainsi qu'il a opéré le gonflement du ballon qui lui a servi à faire d'intéressantes descentes en parachute à Alexandra-Palace.
La maison Lane lui fournit Thydrogène condensé à la pression de- 120 atmosphères dans des tubes qu'elle lui loue. Son gaz lui revient,, tout compris, à raison de 10 centimes le pied cube de gaz ramené alla pression ordinaire, ce qui représente 30 centimes l'hectolitre ou- 3 francs les iOO litres.
Il faut remarquer que ce prix est absolument exagéré, et qu'orv devra arriver à produire l'hydrogène à dix fois meilleur marché, certainement.
Un calcul assez simple montre, en effet, qu'une machine productrice d'électricité absorbant 10 chevaux de force suffirait à fabriquer un mètre cube de gaz par heure. Or, dans ces conditions, le mètre cube d'hydrogène ne reviendrait pas à plus de 25 centimes, tandis que, par les procédés habituels, il coûte 1 franc. Il faudrait y ajouter les frais de compression, qui ne seront jamais fort élevés.
Du reste, la faculté d'établir l'usine de production où l'on veut,, permettrait de réduire beaucoup le prix de revient en se plaçant près d'une chute d'eau.
Comme on le voit, l'Angleterre a posé la question immédiatement, sur un terrain pratique, et a su tirer un bon parti des ballons dans une opération de guerre instructive. Disons immédiatement que, malgré le silence gardé, l'établissement de Chalais est loin d'être en retard sur cette question. Le commandant Renard, le premier, a réalisé un voltamètre de grande puissance et tout à fait industriel. Il a établi également un matériel de compression.
V Italie Siipn profiter de l'expérience acquise parles Anglaisdans leur expédition soudanienne, lorsque l'occasion s'est présentée d'utiliser les aérostats en Abyssinie, dans des conditions à peu près semblables.
Depuis quelques années, du reste, cette puissance avait suiv» l'exemple de la France. L'institution d'une compagnie d'aérostiers eï>
Italie date de i883, et c'est au cours de cette mêmti année que M. Gabriel Yon, un constructeur français, livrait le nvatériel complet d'un parc aérostatique.
Cet équipage comprend un ballon de 10 mètres de diamètre, cubant par conséquent 530 mètres, et les diverses voitures nécessaires au transport et au gonflement. Mais lorsqu'on résolut d'envoyer une section d'aérostiers à Massaouah, ilfallut aussi combiner un équipage léger facilement Iransportable sur des chameaux ou sur des véhicules légers.
C'estlecapitainePecori Giraldi qui fut chargé d'organiser Texpédition.
Cet officier avait acquis déjà une grande expérience des choses de Taérostation qu'il avait surtout étudiées au cours M'une mission à Londres.
Il fit préparer ddux ballons de 248 et de 480 mètre scubes — le Volta et le Galilée — construits à Paris dans les ateliers de M. Yon, -qui les a pourvus d'une voiture-treuil extrêmement légère, débarrassée de la chaudière et de la machine à vapeur qui alourdissent le treuil habituel.
Les aérostiers manœuvrent eux-mêmes le ballon, le font monter ou descendre en agissant directement sur les manivelles du petit treuil.
Le 14 décembre 1887, avaient lieu à Paris les essais des ballons devant une Commission de réception, et le 22 décembre, le capitaine Pecori s'embarquait pour l'Afrique, où les opérations aérostatiques ont immédiatement commencé.
Là encore, la question de fabrication de l'hydrogène s'est posée. Par suite de la pénurie et de la mauvaise qualité de Teau dont on
LES AÉR0STIEU8. 20
Ballon italien en Abyssinie.
LES AÉROSTIERS IjJJLlTAIRES.
disposait à Massaouah, il était presque impossible d'y faire une installation d'usine à hydrogène; les voitures-générateurs, d'autre part, n'étaient pas assez sures de trouver de l'eau dans les stations où il pouvait élre nécessaire de gonfler ; en sorte que le problème se présentait sous une forme ardue, si l'on ne s'était pas immédiatement résolu à appliquer le procédi5 qui avait si bien réussi aux Anglais dans les mêmes parages.
Voiture à hydrogène italienne.
11 ne restait qu'à fabriquer en un lieu quelconque et à comprimer rhydrogène dans des tubes d'acier.
Ces tubes ont 2 mètres 40 de long, un diamètre intérieur de 13 centimètres et 13 millimètres d'épaisseur de paroi.
Le gaz y est comprimé à 135 atmosphères, et le contenu d'un de ces tubes occupe, par conséquent, en se détendant à la pression ordinaire, un volume de 4«°c 250 environ. Le poids d'un tube est de 30 kilogr., soit 7 kilogr. par mètre cube de gaz transporté.
11 faut 70 à 75 réservoirs pour obtenir un gonflement de 300 mètres cubes. C'est donc un poids total de 2,000 à 2,250 kilogr. à trans-, porter ; tandis que îes seuls réactifs pour la fabrication directe pèseraient 2,700 kilogr., au minimum.
LES A^RQSTIERS MILITAIRES.
Il y a là un avantage certain sur le poids à transporter. . L'emploi des tubes à hydrogène comprimé a permis aux Italiens de ne point installer leur usine à gaz en Abyssinie. C'est à Naples qu'est établie toute cette fabrication, et il n'existe à Massaouah qu'un appareil fixe pour les besoins éventuels.
Tandis que l'Italie, la Rassie, la Chine elle-même s'adressaient au même constructeur français pour se pourvoir de matériel aérostatique, l'Allemagne est restée assez long-^ temps hésitante sur le parti qu'il convenait de prendre.
En 1870-71, l'armée allemande avait vainement essayé d'utiliser les ballons, devant Strasbourg ; aprî^s la guerre, cet art fut assez délaissé jusqu'au moment où les résultats obtenus en France amenèrent la création, en 1884, d'une école d'aérostation.
Le major Buckholz fut mis à sa tête, tandis que la partie technique fut confiée plus spécialement à l'aéronaute civil Opitz.
Un détachement de soldats du Génie fut d'abord mis provisoirement à la disposition du major Buckholz.
^ Les premiers essais réussirent assez bien : on fit quelques ascensions à Cologne, à l'occasion des manœuvres de forteresses qui y avaient lieu. On en profita même pour essayer de faire servir les ballons à la télégraphie optique en les illuminant intérieurement; et un projecteur électrique actionné par une dynamo laissée à terre au pied du câble permit d'éclairer tout le terrain en avant des attaques.
Ces premiers essais parurent assez encourageants pour pousser plus avant l'organisation du service, et l'on construisit, en 1885, à Schœneberg, près de Berlin, un établissement d'aérostation militaire "" dans une ancienne gare.
Ballon chinois.
LKS AKnUSTlRHS MÎUJAIHES.
r.a perrodo des !Aloin*rm*^nt3 n'élait pas closo tou- It^fi^îs, el Ips pxpérii^ac*^s ont porté sur dos appareils IIX^ ' cl e 1 11 <> d b 1 **s tl i vers .
Sur ces enLret'iùh'S. un insuccès coiil- ]\\id vint refroidir nn peu rt'nlhr>usi;ismo. Aux mand^uvrt^s de I8K7, pendant le simulacre du siiîgo de Mayenc(% on essaya, sans y n'-uï^sir, à cause du mauvais temps sans doute, de gOîill^T i\pu\ iïu IrHishallonB.
h\{/tt/tr'iiufH/ il d'aérosliers a replié son matériel» el a repris, d*assi*z média nie humeur, le cliem in do son éeole, avant la fin des niamrmvros.
L'aérostation no sr^mble pas, décidément, faite pour le tempérament l e n 1 n , J.e s ai'' l'u s l i e r s ail e m a 1 1 d s o 1 1 1 p o u r l a n l é l é p 1 u s 1 1 e u r eux dan-^ la partie srienlillque dt^ kn)uestiun.
Ils vit^nnent d*adop(er, en ellel, un procédé cliiniitjue de production tle riiydrogrne <|ui leur aurait donné de bons résultats, parai t-il. Ce prncédé, expérimenlé n FiirstenwalJ, prés de Iterlin, est dû à
Mano'i ivres alleïuaride?^.
ïii Déti^ehomenL
M. Richter, ancien lieutenant dans rartillerie prussienne, et au docteur Majert.
Il consiste à mettre en présence du zinc et de l'hydrate de chaux. Il se forme' du ziiicate de chaux, et, une partie de l'eau contenue étant décomposée, il se dégage de l'hydrogène.
La réaction se produit à une température élevée qui nécessite un four.
On charge le mélange de zinc et d'hydrate sur des coupelles que l'on enfourne dans des connues en fonte placées au-dessus du foyer.
Ce procédé réalise peut-être un progrès sur ce que faisaient les Allemands auparavant ; mais il ne présente pas d'avantage sur les procédés français.
Le zinc qu'on y emploie n'est pas du reste un produit courant; il doit être pulvérulent, tel qu'on le trouve seulement dans les cornues comme résidu de fabrication.
Comme on le voit, l'aérostation militaire est à l'ordre du jour dans la plupart des armées européennes; et ce n'est pas seulement chez les grandes puissances que cette organisation nouvelle a pris pied. Le Danemark lui-même fait de nombreuses expériences, et dernièrement encore la Nature relatait un intéressant voyage du lieutenant Rambusch, eu ballon libre.
Les renseignements qui précèdent, quelque succincts qu'ils soient, indiquent suffisamment l'intérêt qu'on accorde partout aux questions d'aéronautique. Jusqu'à présent et malgré les efforts de l'étranger, la France tient la tête, tant par la perfection de son matériel que par ses méthodes théoriques.
Il s'est ,créé à Paris une véritable spécialité pour la construction des matériels d'aérostation militaire, et nos industriels sont devenus les fournisseurs à peu près exclusifs de toute l'Europe.
Nous avons parlé des équipages construits par M. Yon.
Un grand nombre de puissances se sont également adressées à M. Lachambre, dont les appareils sont particulièrement bien compris.