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A peine débarqué à Alexandrie, Conté débute par Tinvention du bronzage des fusils que la rouille détériorait rapidement dans ce pays humide et chaud.
Après le désastre d'Aboukir, la flotte anglaise apparaît menaçante devant Alexandrie. Notre savant installe en deux jours des fourneaux à boulets rouges.
Le matériel aérostatique ayant été détruit dans ce même désastre, il emploie ses aérostiers à installer au Caire des ateliers de mécanique, où il confectionne des outils, des instruments, des machines de tout genre ; il établit des moulins à vent, un télégraphe; il fabrique de la poudre, du carton, du drap, de l'acier, et jusqu'à des lames de sabre.
Son système de télégraphe sans stations fixes était particulièrement ingénieux. Outre un télégraphe à bras mobile, il en imagina un autre qui consistait en une série de petits ballons captifs maintenus à une hauteur d'une trentaine de mètres. A ces ballons étaient attachées des bajidesde taffetas noir pouvant, à volonté, se développer ou s'enrouler sur un cylindre au moyen d'une simple cordelette. On pouvait ainsi combiner une grande quantité de signaux suivant un vocabulaire convenu.
De retour d'Egypte, Conté reprit sa place au Conservatoire des N arts et métiers, et dirigea en même temps les travaux de gravure et d'impression du grand ouvrage sur l'expédition. Ce fut pour lui l'occasion d'une invention nouvelle ; il créa en 1803 une machine à graver qui permettait d'exécuter très rapidement les ciels et les teintes plates de grandes surfaces. Cette invention devait par la suite rendre de grands services dans la fabrication et l'impression des étoffes et toiles peintes.
Nous terminerons là cette esquisse bien rapide de la vie d'un homme qui fit tant pour l'aérostation militaire et qui peut à bon droit passer pour le fondateur de la plupart de ses procédés.
La mort de sa femme, survenue en 1804, porta un coup terrible à sa santé. Il déclina très vite, et mourut le 6 décembre 1805, de la rupture d'un anévrisme.