LA PAIX EN HAÏTI
Cernés dans les villes de Jacmel^ de Jérémie et de Mîia. goane, les insurgés haïtiens qui avaient pris les armes pour empêcher que les terres de l'Etat ne fussent distribuées aux paysans, ont fait leur soumission au gouvernement constituticmnel du président Salomon.
La République noire fille et amie de la République fran-
:{1) Cet anticle parut smis ma signature, dans le RAPPEL du 5 Fé, ^rier 1884. C^est sous ce mêm titre que, dans l'EVENEMENT du 28 Janvier, M, Galli disait ceci:
iLes nouvelles d'Haïti font considérer comme définitivement terminée Vinsurrection d'Haiti.
iLes troupes du gouvernememt ont pris possession des villes de Jérém^ie, Jacmel et Miragoâne.
<^0n sait que le représentant d'Haiti à Paris, M. Villevaleix, a donné sa démission, à la suite de désaccords qui s'étaient élevés eiitre ses secrétaires et lui. Des journaux d'HoA.ti Vuvaient accusé de favoriser à Paris la cause de Vinsurrection. La lettre de démission de M. Ville valeix, très violente contre le président Salomon et son gouvernement, prouve que ces accusations n'étaient pas erronées.
"Il est probable que le nouveau représentant d'Haiti à Paris ne sera pas nommé avant quelques mois».
La REPUBLIQUE RADICALE du 28 Janvier fut plus explicite que L'EVENEMENT du même jour. Oit y lit:
€<Les journaux opportv/nistes — Le PARIS notamment — ont mené, il y a quelques semaines, grand tapage sur la démission de M. Ville. valeix, minist're résident de Haiti à Londres et à Paris, M. Villevaleix,
çaise va entrer pour n'«i plus sortir^ nous Pespérons^ dans une ère de paix et de prospérité.
Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs la proclama, tion suivante qui est un document irréfutable à Tappui de Topinion qui a cours que les Haïtiens sont déjà parvenus à un état de culture intellectuelle, et ont déjà acquis une instruetion et une modération p<ditiques qui méritent l'estime de FEurope:
tcdfisaient-ils, ne vmilait pas s^associer, en qualité de fonctionnaire ahaithen, aux horreurs commises par ce gouvernement».
'Nous n' y reviendrons pas. Quant à ce qui coTiceme M. ViUevaleix, nos lecteurs savent à quoi s'en tenir sur ces prétendues horreurs. Les riotijvelles que lunts apportent les derniers journaux d^Hcuti VOEIL, entre autres, contredisent de la mamère la plus formelle les appréciations de îios confrères opportunistes,
iM. Villevaleix n'a démissionné que parce que, après trois otis de protestatioftis de son dévoilement hypocrite au gouviement,€nt du président ScUoTnon, U s^est aperçu, que le double jeu qu'il jouait en compagnie des plus acharnés ennemis de ce gouvernement, s'étoit trouvé découvert, et parce qu'il croyait d'ailleurs, sur la foi de télégrammes reçus de New York, Kingston et Saint^Thomas, que c''en était fait du président Salomon et que son gou/oemevient devait tom,her avant la fin de Novemhre,
«L'espoir de M. Villevaleix a été déçu: le gouvememnt dxi Général Salovion est debout et plus fort que jamais. Quand à Vancie^i ministre résident de Hditi à Paris, il en est pour sa honte d'avoir servi avec de gros émoluments et pendant trois années consécutives ce gou-