‹ Les affaires d'HaitiChapitre 41 sur 48 · PATRIOTISME DES LIBERAUX · texte numérisé non relu

PATRIOTISME DES LIBERAUX

Les imsurgés de Jacmel, de Miragoâne et de Jérémie et leurs affiliés à l'éta-anger suscitent partout des eimemis à la 7*atrie- Ils ont employé tous les moyens ils ont recouru à toutes! les calomnies les plus odieuses et les plus infâmes pour exciter les rancîmes et pour envenimer les colères des nations qui convoiteaîit l'île d'Haïti.

Après le regrettable incident de «l'Alps» qui a eu la rade de Jérémie pour théâtre ceux de la Jamaïque ont mensongèrement écrit au «New York Herald» pour déclarer que c'était le Président d'Haïti lui-même qui^ à Port-au-Prince^ avait fait canoniser le navire anglais.

Ce mensonge ne leur suffisait pas. Voilà ce qu'ils ont fait imprimer dans les journaux américains et anglais dont ils avaient trompé la bonne foi des rédacteurs : «Le moment semble mûr pour une intervention étcraingèirie dians les affaires d'Haïti»...

Partout Us font croire que les Haïtiens détestent les blancs; partout ils répètent niaisement que leur pays est bizarre dangereux, impossible; partout ils colportent qu'on veut massacrer en Haïti tous les hommes de la race blanche.

Ils disent aux Anglais : AUez, bombardez Port-au-Prince;

(J,J| UOEIL du 24 Novembre.

débarquez vos troupes sur la terre haïtienne; nous sommes avec vous de coeur (1).

Et ces gens s'intitulent libéraux^ se prétendent patriotes.

Allons donc! Ds souillent et prostituent ces mots si nobles en se les appliquant à eux-mêmes.

Et combien scmt-ils aveugles et vaniteux ces profanateurs

(1) 'Le parti politique qui, pour arriver au pouvoir, s'appuie sur «V intervention étrangère, numique à ses d&voirs envers VEtat. S'il 1 arrive au pouvoir par ce moyen, il ne possède qu'un pouvoir précaire <-et n'exerce qu'une souveraineté incomplète ; il est dans la condition du agouvemement qui appelle l'intervenitien étrangère contre la nation. 1 L'intervention devient permanente, l'anarchie en, est la conséquence, et <> conduit promptement soit à la ruine de l'Eta(t, soiî ai son asservissew,ent «à une puissance étrangère.* (Albert Sorei et Funck-Brentano.. Drodit des Grens.)

"Au point de vue du droit intemai,tio(ruil, il faut distinguer le pari politique national du parti politique. La Pologne est morte au XVIIIème Siècle parce que, dans cet héroïque pays il n'y avait que des partis jiolitiques. Ces pa/rUs n'éfxiient pas des partis politiques nationaux, car ils s'appuyaient à chaque instattit sur l'étranger, sur le Russe ou le Prv,ssien. En Haïti, le parti national est un parti politique national; le parti dit libéral est, actuellement surtout, un parti purement politique, car du jour où il a dernandé l'assistance de l'étranger, de l'Angleterre, il n'a plus été un parti poHtiqiie national. Qui veut se convaincre de l'absolue véracité de ce que je dis ici n'a qu'à lire, dans le Moniteur haïtien, le narré des événements qui eurent lieu à Port-au-Prince les 22^23 septembre 1883, le récit de l'entrée du présideait Sàlomon à Jacmel, à la fin de l'insurrectioii et surtout les curieuses révélations de l'insurgé Charles Desroches, mort à Mirogocne.» (L,-J. Janvier, Les Antinationaux, page 52.53. Paris, Août 1884.)

214 « LES AFFAIRES DUAITI 1883 - 1884 »

et c^ bls^phémateurs; et combien méprisexit-ils le peuple haïtien lorsqu'ils se figurent qu^ le pourront gouverner après qu'Us ont vomi sur lui des torrents de bave et des flots dln. jure!...

Dès l'instant qu'Us n'ont pas la main dans la caisse ils nous itaiient ils crient que nous sommes des sauvages; ils hurlent pour demander qu'on nous mette enj tuteUe; ils lèchent les bottes de l'étranger et lui chmitent à tue-tête : Va ^orge Haïti...

Nous ne serons plus dupes des hypocrites protestations de tendresse et d'auor dont ils nous assomment quand ils veulent monter au pouvoir (1).

Le peuple haïtien doit connaitre son devoir.

S'il veut vivre, il doit se débarrasser de tous ces renégats qui conspirent contre son indépendance.

On les trouvera dans Miragoâne, dans Jérémie et dans Jacmel.

H est temps d'en finir

(iy Pas plus d'ailleurs que tuxus ne serons dupes des protestations d amour que nous font actuellement ceitx qui, n^ étant pas Haïtiens, nous demandent d'unifier notre dette. L'an pa^sé, ils n'avaient pas con^ fiance, ils faisaient le mort, ne disaient mot, et trouvaient que je parlais trop, que j'écrivais trop. Cette année, ils ont tout mis en oeuvre pour faire croire à ceux que je fus seul à défendre il y a huit mois, que j'étais un m,auvais patriote parce que je combattais l'unification de la dette, unification qui contient un réel danger politique pour Haïti. Rien ne ?ne découragera. Je suis cuirassé contre tout. Et je dirai ï« vérité à mon pays, parce que c'est mon devoir. L>es homvies passent, les idées restent. Je ne suis qu'un serviteur des idées.

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