‹ Les affaires de CréteChapitre 17 sur 60 · Cf. Annales de Géographie, t. VI, pi. viii · texte numérisé non relu

Cf. Annales de Géographie, t. VI, pi. viii

LA QUESTION CRETOISE Gl

tolérance méprisante, il avait laissé les Cretois rétablir leur hiérarchie religieuse; il les avait même incités à demander des évoques au Patriarche de Constantinople. Des lors, rattachée au reste de Thellénisme, toujours soutenue dans sa foi et dans sa résistance, la Crète chrétienne vécut dans l'attente du sauveur promis. Au temps de Tournefort déjà, les Cretois « se flattent que le grand duc de Moscovie les tirera quelque jour de la misère où ils sont et qu'il détruira l'Empire des Turcs ^ » (1700).

Pendant tout le xviii® siècle, les missionnaires du mont Athos entretinrent cette espérance. Les chrétiens ne demandaient qu'une occasion de révolte. Outre que, limités dans leurs caprices par la conversion ou par la ruine des plaines, les beys poussaient de jour en jour leur exploitation vers la montagne, la tranquillité chrétienne n'était plus entretenue par les prudentes saignées, que Venise pratiquait autrefois, ni par l'exportation au dehors des chercheurs d'aventures. Depuis que le métier des armes était réservé aux seuls musulmans, l'archer de Crète

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