‹ Les affaires de CréteChapitre 27 sur 60 · I. Nons reviendrons sur cette affaire · texte numérisé non relu

I. Nons reviendrons sur cette affaire

LÈS DIPLOMATES g5

naient de Grèce. Tout en reconnaissant les efforts du gouvernement hellénique à déconseiller l'agitation, il laissa entendre que peut-être le consul grec en Crète était moins le représentant de son ministre que l'agent de cette société secrète, VEthniki Hetairia, dont on commençait à pressentir les menées.

Le consul de Grèce protesta. D'insinuations en répliques, d'affirmations en démentis, les rapports se tendirent. La famille consulaire épousa la querelle de son chef, et les informations données par eux à leurs gouvernements s'en ressentirent. Alors que tous les ministres européens, accrédités à Athènes , se portaient garants de la bonne foi et de la tranquillité du gouvernement grec \ les consuls de la Canée dénonçaient l'agitation grecque en Crète et excitaient le Turc à la répression. Quand on sait ce qu'a toujours amené l'envoi de troupes ottomanes dans l'île, on se demande comment un consul de France a pu signer la dépêche suivante (26 décembre 1896) :

On annonce l'arrivée prochaine de cinq bataillons de renforts. C'est encore trop peu pour faire face à

I. Livte jaune, p. 24, dépêche de M. Boiiréc : oc Je suis débarqué au Pirée le 25 décembre (iSgb), J'ai trouvé Athènes beaucoup plus calme que je n'étais fondé à le croire, d*aprh les renseignements répandus au dehors... L'idée généralement répandue ici est que, pour le moment, il n'y a rien à faire et qu'il faut laisser les choses suivre leur cours. »

g6 LES AFFAIRES DE GHETE

tous les bcst)iiis. On doit cependant se réjouir de ce sacrifice que la Porte s'est imposé. Tel n'a pas été l'avis du gouvernement hellénique, qui a invité son agent ù faire des représentations au vali. Carathéodory Pacha a répondu, avec juste raison, que TÉpitropie constituait un danger assez grand pour que le gouvernement dût prendre des mesures *.

Le consul anglais lui-même, malgré sa haine des orthodoxes, — dans ses dépêches, il les accuse de comploter le meurtre des consuls et en particulier du consul britannique^, — désapprouvait l'attitude de Carathéodory. Mais les télégrammes du consul de France égarèrent ambassadeurs et gouvernements, et l'Europe laissa débarquer en Crète ces troupes turques, dont elle aura tant de peine aujourd'hui à se débairasser^.

Même quand il fut patent que les affaires Cretoises étaient l'œuvre des beys et du Sultan, les discussions et les querelles continuèrent : elles aboutirent enfin au télégramme du 5 février 1897, qui, envoyé par le consul grec à son gouvernement, décida le départ de la flotte hellénique, et qui, ouvrant la crise actuelle, conduisit à la guerre de Thessalle*. Nous aurons à revenir

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