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IIO LES AFFAIRES DE GKETE
d'une bande armée, VÉpitropie Réformatrice y dans les montagnes de TApokorona (septembre 1895), lui fournissait bientôt l'occasion d'envoyer des troupes dans l'île. Quelques succès des révoltés lui permettaient de donner des ordres secrets au Commandant Militaire. L'hiver de 1895 se passe, sans que Carathéodori obtienne les moyens financiers de rétablir l'ordre, sans que l'on interdise au Commandant de distribuer des armes à la populace musulmane ' .
Au printemps de 1896, l'anarchie est plus profonde. L'Epitropie reprend la campagne. On prêche l'insurrection dans la parlotte de l'Apokorona, où une centaine d'avocats sans clients et de héros sans ouvrage ont arboré le pavillon grec. « La Porte, écrit le consul de France, a fait tout ce qu'il fallait pour augmenter le mécontentement et favoriser le développement de la propagande révolutionnaire. » Le vali chrétien est enfin obligé de démissionner (mars 1896). Le Sultan renvoie alors en Crète un vali musulman, Turkhan-Pacha. Cet Albanais sceptique n'inspire confiance à personne. « Sa nomination produit la plus déplorable impression. » Les musulmans, qui ont témoigné leur mécontement contre Carathéodori en massacrant les chré*
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tiens, ce multiplient leurs agressions depuis l'arrivée de Turkhan-Pacha : ils veulent, dit-on, montrer par là leur mécontentement* ». L'Épitropie et les idées révolutionnaires, malgré les efforts du consul de Grèce et du parti modéré *, risquent d'entraîner le peuple.
Néanmoins, les chrétiens persistent encore dans leur attitude pacifique : ils ne veulent que le retour à l'état légal, au Pacte de Khalépa, la réunion de l'Assemblée à la date ordinaire, et le règlement de la question financière, qui permettra de réorganiser gendarmerie et tribunaux. « Turkhan-Pacha avoue que, du moment où la Porte n'a pas encore donné de solution à la question économique, il lui serait impossible de trouver, sans compromettre son gouvernement^ une réponse au réquisitoire des députés fondé sur les promesses solennelles faites par son prédécesseur. » Les consuls reconnaissent qu' ce au fond du cœur de chaque Cretois un vieux levain de haine fermente, depuis que la Porte, en 1889, a déchiré si brutalement le Pacte qui existait entre elle et la population Cretoise; depuis lors, elle a laissé ce malheureux pays dans un état d'abandon si complet, que tous les rouages de