I. Livre jaune, pp
2i Livre jaune p. 38. Les citations suivantes sont empruntées Au même rapport du consul de France.
l'administration ne fonctionnent plus et que nous vivons aujourd'hui en pleine anarchie; les fautes continuelles commises par la Porte ont causé dans la population un tel mécontentement que le parti insurrectionnel voit le nombre de ses partisans augmenter de jour en jour ».
Tout est prêt pour la lutte. Le Sultan fait le jeu de l'Epitropie, en refusant de réunir l'Assemblée à la date légale. Malgré la surveillance du gouvernement grec, les comités crétois d'Athènes envoient des armes et de l'argent : aies Crétois, dans ces derniers mois, ont pu se procurer une grande quantité de munitions ; ils ont renouvelé leur armement ; les paysans n'ont plus aujourd'hui de vieux fusils Chassepot, mais des fusils Gras et Martini. » Le gouvernement grec tente une dernière démarche, car il ne veut à aucun prix de l'insurrection : il s'adresse aux trois puissances protectrices pour « que l'on obtienne de la Porte la convocation immédiate de l'Assemblée ; toute cause de conflit disparaîtrait aussitôt ». Les trois puissances protectrices, la Russie, la France et l'Angleterre, avaient, dans le protocole du 20 février i83o, promis aux Crétois les mêmes privilèges qu'aux Samiens.
En i856 et en 1869, ®^^^^ avaient renouvelé la même promesse. En 1878, elles s'étaient portées garantes du Pacte de Khalépa. Mais il leur con-
LES DIPLOMATES Il3
vient aujourd'hui de laisser protester leur signature : elles refusent d'intervenir *.
Le gouvernement grec se tourne alors vers tous les signataires du traite de Berlin : l'article 23 de ce traité stipule que a la Sublime Porte s'engage à appliquer scrupuleusement dans l'île de Crète le Règlement Organique de 1868, •en y apportant les modifications qui seraient jugées équitables». L'Allemagne répond qu'elle s'abstiendra. L'Italie a ses affaires éthiopiennes. La Russie a voudrait être mieux renseignée sur les motifs qui ont dirigé le Sultan » . La France répond a que l'attitude des autres puissances déterminera ses propres résolutions^ ». L'Angleterre et l'Autriche se taisent.
Pourtant Abd-ul-Hamid semble céder, et il ordonne la convocation de l'Assemblée Cretoise pour le 28 mai. Il sait que, d'ici là, interviendra le Baïram. Il a donné ses ordres aux beys Cretois et au Commandant Militaire. Sans provocations nouvelles, les troupes ottomanes marchent contre les chrétiens de l'Apokorona. Un combat acharné se tourne en défaite des Turcs. La populace musulmane tombe alors sur les chrétiens de la Canée et, le jour du Baïram, après avoir assassiné les deux cawas de Russie et de Grèce,