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elle commence le massacre (ia/24 mai). L'Europe est enfin obligée d'intervenir.
Il semblait qu'une puissance dût prendre l'initiative : la Russie, depuis un siècle, avait toujours été favorable aux revendications Cretoises; dans les circonstances présentes, elle avait à venger, sans parler du massacre des orthodoxes, l'insulte faite à son consulat et le meurtre de son cawas. La Russie du prince Gortschakoff aurait montré quelque impatience à supporter pareil affront. Mais le prince Lobanoff sembla décidé à suivre en Crète la même politique de laisser faire que dans les massacres arméniens : autant qu'on en peut juger par les trop rares dépêches du Livre Jaune, il comptait ne pas entraver en Crète la besogne du Sultan. Il ne semble même pas avoir protesté contre le meurtre de son cawas.
Mais une autre puissance se crut menacée.
L'Autriche venait àgrand'peine d'arrêter les manifestations bulgares en Macédoine : elle craignit que les affaires de Crète ne remissent en campagne l'hellénisme macédonien. L'égoïsme bien entendu ouvrait son cœur à la compassion : le 27 mai, elle propose d'exercer une pression à
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Constantinople*. A ce moment, les consuls en Crète insistent auprès de leurs gouvernements et annoncent ce qu'un massacre général des chrétiens et des étrangers est inévitable, si l'Europe n'intervient pas». Les amis du Sultan sentent la situation compromise : sans attendre l'avis du prince Lobanolf^ le ministre français, ce pour des raisons d'humanité et en vue d'éviter de grands malheurs», autorise son consul à intervenir avec ses collègues des autres puissances (28 mai 1896).
C'est du moins ce qui apparaît dans le Livre Jaune et il semblerait que les ambassadeurs à Constantinople n'ont agi, le même jour, qu'après la décision du ministre français (n^* 79, 80, 83). Mais le Livre Bleu raconte autrement les choses. Les ambassadeurs à Constantinople se sont réunis le 28 mai : apprenant que seize bataillons viennent de partir pour la Crète et qu'une répression sanglante paraît décidée, en V absence d^ instructions de leurs gouvernements^ ils ont ré-