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d®s médecins allemands sur ce fait encore peu connu, que le diabète provoque très souvent des accidents gangréneux avec tendance envahissante, malgré les moyens antiseptiques. Il cite quelques exemples à cet égard, et un passage de Bouchardat : « tout homme gras et robuste, qui mange et dort bien, qui est suj2t aux furoncles, est suspect de diabête.» Dans la deuxième partie de son travail,il décrit les accidents gangréneux qui sont survenus chez des malades, dont le diabète était ignoré et qu'il avait opérés. Il conseille de ne faire aucune opération avant que le sucre ait entièrement disparu dans l'urine, l'auteur cite quelques exemples que l'on trouve dans l'ouvrage de Marchal Recherche sur les accidents diabétiques (Paris, 1864).
Roser attire donc l'attention des médecins sur ce fait que les diabétiques sont sujets aux infections et conseille la prudence dans jes interventions chirurgicales.
Jusque-là, on ne trouve rien de spécial aux affections auriculaires, mais seulement des données générales sur le diabète.
A un auteur français revient l'honneur de s'être occupé le premier de cette question et d’avoir employé le mot d'ofite diabétique. Maurice Raynaud (1) en 1881, cite une observation d'otite moyenne hémorrhagique avec ostéitedes cellules mastoidienne, survenue chez un diabétique. Ce cas est fort intéressant, quoique isolé, il montre l'existence
| (r} Annales des Mal. de l'Or., 1881, n° 2.
DAS d'une affection trop méconnue jusqu’alors et met en lumière certaines particularités qui semblent lui être propres. Le malade de Raynaud était atteint de diabète depuis un an, quand brusquement, 1l présente une vive, douleur. de l'oreille, survenue sans cause ordinaire : il n’y avait eu ni coup, ni refroidis-
sement, ni effort. Cette douleur atroce dura quel-
ques heures et ne fut soulagée que par une hémorrhagie abondante qui se fit jour à travers le conduit auditifexterne. Cet écoulement sanguinolent persista les jours suivants assez abondant. A l’autopsie, on trouva des lésions de l'oreille moyenne avec ostéite des cellules mastoïdiennes.
Nousreviendrons d’ailleurs, sur cette observation dans notre deuxième chapitre. ©
Raynaud attire l'attention sur la physionomie particulière de cette ‘otite : début brusque, douleur atroce, hémorrhagie suivie d’un soulagement immédiat.
Après cette publication les médecins ne semblent plus guère s'intéresser à cette question, elle devient plutôt le domaine de la chirurgie : en Allemagne surtout on se préoccupe de savoir si l’on doit trépaner l’apophyse mastoïde chez les diabétiques.
Kônig (1), Kraske (2), Israel (3), sont tous d'accord
pour intervenir, en s’entourant de tous les moyens antiseptiques ; Israel cite de plus un cas d'otite
(1) Centralbl. f. Chir., 1880, Kônig.
(2) Diabétesund sepsis. Deustche Med. Woch., 1881 n° 35.
(3) Enige Bemerkungen zur chirurgie des Berl. Klin. Wochensch. 1881, p. 705.
CNRS
“Ta moyenne purulente chez un diabétique et montre le rôle de l’artério-sclérose dans les accidents gangréneux. ;
En 1885, Kirchner(r), cite un cas d’otite moyenne .purulente avec autopsie:ildonne aussiles indications de l'intervention chez les malades atteints de glycosurie. Le malade de Kirchner se plaint de douleurs atroces de l’oreille droite, augmentant de jour en jour, vive injection des deux tympans, celui de droite proémine comme une bulle remplie de pus, paracentèse de ce côté; à gauche, quoiqu'il y eût une suppuration, on ne pratiqua pas l'opération, le malade n éprouvant aucune douleur, maisle tympan se perfora spontanément, écoulement de pus abondant.
Kirchner fait remarquer aussi que ce malade eut une expectoration purulente. Six semaines après le début de l'affection de l'oreille, dans la région mastoidienne droite, on constate une zone inflammatoire. Comme on pouvait craindre une perforation spontanée et issue de pus le long de la gaine vasculaire, on se résolut à faire l’opération.Ce malade . mourut cinq jours après l'intervention. À l’autopsie on trouva une vaste destruction des os temporaux des deux côtés et les cellules mastoïdiennes transformées en une seule cavité; de plus, le poumon gauche * était adhérent à la plèvre et, dans le lobe inférieur, se trouvait un foyer purulent, lésion considérée comme provenant de l’otite suppurative.
(1) KiRcHNER. — Ueber Ohrkrankh, bei diabètest Troisième Congrès Internat. d'otol. Bâle, 1885.
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Kirchner attire l'attention sur ce fait que la température n'avait jamais dépassé 380 et dit qu'ilne serait pas rare de voir ces inflammations apyrétiques dans le diabète.
L'auteur discute ensuite la question de l'intervention ; il vaut mieux, à Son avis, s'abstenir de toute opération à moins de symptômes graves qui, seuls, l’autoriseraient. |
Sonnenburg(1), Albert (2) étudient aussi cette question à l'ordre du jour de la trépanation de l’apophyse mastoide chez les diabétiques. Ils sont d'accord qu’il faut intervenir comme chez les individus sains, mais très antiseptiquement pour éviter les infections auxquelles sont exposés les tissus modifiés et incapables de lutter contre les germes extérieurs. | :
Schwabach (3) fait paraître une publication très
intéressante dans laquelle il passe en revüe les di-
verses observations citées jusqu’à cette époque. Il se demande ensuite s'il y a rapport ou coïncidence entre le diabète et ces faits observés.
A côté des cas d’Israel, de Toynbee, de Raynaud, de Kirchner qu'il rappelle dans son mémoire, Schwabach donne une observation personnelle d’otite purulente. Six ans après l'apparition du dia-
(1) Ueber Zellgew ebsentzündung bei Diabetes kranken..
Berl.Klin Wochensch., 1885, p. 33-34.
(2) Diabètes mell.u.Gang. sen. Allg. Wien, 1885.
(3) Ueber Ohrkrankh bei diabetes. Deutsche med. Wo-
chensch., 1885, p; 52.