Malformations anatomiques
A) Kérarocône. — Cette affection porte encore le nom de staphylome pellucide, d’hyperkeratosis. Elle est essentiellement caractérisée par une déformation
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de la courbure de la cornée et plus spécialement dans la zone centrale. La cornée ressemble à une surface conique. L’affection débute le plus souvent entre 12 et 30 ans par un trouble de la vision pour les objets éloignés. Si le malade vient consulter à ce moment, ce qui est rare, on ne note qu'un astigmatisme susceptible de correction optique. C’est à la suite d’examens répétés que le kératocône se révèle, et il faut y songer si l’astigmatisme augmente progressivement. Il n’y a pas de phénomènes réactionnels et la cornée demeure transparente.
Lorsque le kératocône est bien constitué on remarque à l’œil nu la déformation : de face, une fenêtre éclairée donne une image déformée sur la cornée ; de profil, l’examen est encore plus caractéristique.
A la skiascopie on voit dans le centre pupillaire éclairé une petite ombre circulaire concentrique au bord pupillaire. Son déplacement est irrégulier. L’examen de la cornée avec le disque de Placido, avec l'ophtalmomètre de Javal, fera de même apparaître avec la plus grande évidence les modifications de courbure.
L'examen ophtalmométrique sera toujours pratiqué pour déterminer l’axe et le degré de la plus grande déformation.
Le’ sommet du cône est aminci, ce dont on peut se rendre compte en le déprimant légèrement après cocaïnisation. Habituellement les deux yeux sont atteints, mais d’une manière inégale.
Le kératocône peut se compliquer d’une opacification cornéenne centrale s’accompagnant d’une légère réaction. On peut voir encore une ulcération au som-
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met du cône, avec secondairement une opacification ; une porte d'entrée étant créée il peut en résulter de l’hypopion, etc... Enfin cette lésion peut se compliquer de rupture du sommet, mais ceci est très rare et résulte le plus souvent d’un traumatisme.
Histologiquement, on retrouve toujours un amincissement de la cornée au niveau de son point le plus proéminant.
Diverses pathogénies ont é6t6 émises pour essayer d'expliquer l'apparition de cette malformation. Elles sont toutes notablement différentes et nous n’entrerons pas dans le détail de chacune d'elles. Il en est une, celle de Seiïler, qui considère le kératocône comme congénital. M. le Docteur J. Rollet, dans le Bulletin de la Société d'Ophtalmologie de Lyon 1928-29, signale un cas de kératocône chez une jeune fille de 18 ans et chez son père.
B) MYoPiE, HYPERMÉTROPIE, ASTIGMATISME CORNÉEN, CORNEA PLANA. — Nous réunissons dans un même paragraphe ces trois anomalies de la vision parce qu’elles présentent un caractère commun, c’est celui d’avoir une hérédité douteuse, contrairement à ce que prétendent un grand nombre d'auteurs. [l est en effet difficile d'établir le lien héréditaire qui unit plusieurs membres d’une famille touchés par une de ces affections. Elles sont tellement courantes qu’on se perd facilement dans cette recherche. De plus, il est un nombre considérable de personnes qui sont touchées par une de ces anomalies et qui cependant n'ont jamais consulté de médecin. Enfin, dernier point très important, on peut être myope ou hypermétrope et
avoir une cornée normale. Les éléments pathogéniques sont divers et l’on conçoit aisément les difficultés que rencontre un oculiste qui veut démontrer l’hérédité
de ces anomalies.
C) MÉGALOGORNÉE. — Jusqu'à Horner on avait confondu cette affection avec l’hydrophtalmie. Si nous nous en référons à Kestenbaum, la mégalocornée se caractérise de la façon suivante :
« Il y a absence de troubles fonctionnels ; la cornée est transparente et la membrane de Descemet est intacte ; l'affection atteint presque exclusivement l’homme ; elle est presque toujours bilatérale ; les yeux sont de mêmes dimensions ; la cornée a une courbure normale ; elle s'accompagne souvent d’embryotoxon : l'affection est pour ainsi dire toujours familiale ; Ia malformation se transmet comme un caractère récessif lié au sexe ; elle ne s'accompagne jamais d'hydrophtalmie. »
A son tour, Kayser a publié l'arbre généalogique d'une famille de 150 personnes, dans laquelle 17 sujets étaient atteints de mégalocornée. Il ne s’est produit aucun changement d'aspect pendant toute l'existence de ces malades ; l’acuité visuelle fut conservée.