PE PORT
tance propre de la cornée ne présente aucun changement notable. Enfin la membrane de Bowman montre dans ses couches profondes un protoplasma se colorant à peine et des noyaux difficiles à reconnaître. Cependant, il semble à peu près certain qu'il s’agit là d'un artefact dû au desséchement de la cornée avant son inclusion dans la paraffine. Plus tard, Fuchs à décrit les mêmes caractères. Il a montré que la substance opaque incluse dans la cornée se colore en jaune par le mélange de Van Gieson et il conclut que cette substance doit être rapprochée de la mucine. De plus, pour cet auteur ces opacités prendraient naissance dans les lames cornéennes. Enfin, il existerait un léger état de dilatation des lacunes lymphatiques des couches superficielles de la cornée, donnant naissance à un trouble diffus. |
Webhrli, en plus des bacilles qu'il a rencontrés et dont nous avons parlé dans l’étiologie, trouve des leucocytes au niveau des opacités. Il signale également le nombre assez important des cellules en dégénérescence dont les noyaux sont en karyolyse. Il constate enfin de véritables nodules de cellules du type épithélioïde, renfermant parfois même des cellules géantes. On comprend maintenant pourquoi cet auteur considère cette affection comme tuberculeuse. Nous avons déjà dit notre opinion à ce sujet.
- b) TRAITEMENT :
En présence de ces malades, nous sommes désarmés. Comme Grœnow a pu le constater, les opacités continueront à s’accroître indépendamment de nos tenta-
es VE
tives thérapeutiques ; l’acuité visuelle baissera proportionnellement. Il est bon d'ajouter cependant que cette maladie n'a pas forcément une évolution continue et qu'elle aboutit rarement à la cécité complète.
Grœnow avait essayé, sans résultats heureux, des instillations de sulfate de zinc à 1 %, et plus tard du sulfate de cuivre.
Nous devrons tout de même exercer une thérapeutique symptomatique.
B. — Dégénérescence tachetée héréditaire et familiale de la cornée (type Fehr Hambresin)
Nous réservons une place à part à l'étude de cette maladie qui a fait l’objet d’une publication de M. Hambresin, de Bruxelles, le 10 mai 1926. Cependant nous n'insisterons pas longuement sur elle car l'observation de cet auteur est presque unique (Fehr, en 1904, avait signalé un cas semblable). Peut-être s'agit-il simplement d’une forme spéciale de la maladie de Grœnow.
a) ÉTIOLOGIE :
On ne note rien de particulier dans les antécédents de ces malades ; pas de syphilis, pas de consanguinité. aucune tare, aucune infection. L'auteur remarque seulement que cette affection débute au moment de la puberté et il conclut de ce fait qu'un trouble endocrinien doit pouvoir se retrouver chez les malades. Mais il n'a pas été démontré que cela fût vrai et d’ailleurs un traitement opothérapique a été sans action.
CMP er
b) CARACTÈRES HÉRÉDITAIRES :
Incontestablement cette affection est héréditaire Te: nous reprenons l'observation de M. Hambresin, nous verrons que la malade, Mme [..., a eu huit enfants dont un a été tué à la guerre. Parmi les 7 autres, 3 sont malades, à savoir : une fille de 32 ans, un garçon de 25 ans et un autre de 21 ans. On apprend, grâce aux renseignements obtenus, que le fils qui est mort souffrait de la même affection. En somme, sur 9 membres d’une famille, 5 sont atteints. Il résulte de cette observation que cette maladie frappe indistinctement les deux sexes.
c) ÉTUDE DES LÉSIONS :
Atteinte cornéenne bilatérale comme toujours, avec le plus souvent prédilection pour un côté.
La biomicroscopie a montré au faible grossissement des taches rondes et surtout ovales, dans le parenchyme, mais laissant intacte la périphérie de la cornée. À un grossissement plus fort, on est frappé du fait que ces taches sont aplaties. Comme les noyaux de Grœnow, elles sont disposées en plusieurs plans mais paraissent être en rapport avec la structure anatomique de la cornée. Autre détail, le bord de ces taches est nettement délimité. Enfin, chacune de ces macules se montre constituée par une infinité de petits points blancs.
Le reste de la cornée est intact. Les nerfs, particulièrement, se montrent indemnes. Cependant, comme le fait remarquer M. Hambresin, les lésions se trouvent