‹ Les Affections Héréditaires de la CornéeChapitre 5 sur 26 · Opacités congénitales · texte numérisé non relu

Opacités congénitales

Ces lésions ont été décrites pour la première fois par Klintosch en 1766. Cet auteur en aurait rapporté un exemple dans un ouvrage écrit en latin et dont l'original n'existe plus. Nous en retrouvons néanmoins des passages dans le livre de L. Picqué, intitulé : Anomalies de développement et maladies congénitales du globe de l'œil (1886). Il y a donc 165 ans que la première observation a été publiée.

En 1790, Farar, de Deptford, fit à la Société Médi-

cale de Londres une communication sur le même sujet

et rapporta l'exemple de trois membres d'une même famille atteints d’opacité congénitale de la cornée. Peu après, Beer et Ware rapportaient des faits analogues.

En 1808, Mayor, dans sa thèse inaugurale soutenue à Montpellier, mentionne également les opacités congénitales de la cornée et dit que la maladie est souvent héréditaire, mais il ne rapporte aucune observation, de sorte que son affirmation manque absolument de valeur au point de vue documentaire.

En 1819, Wardrop décrivit aussi les lésions congénitales cornéennes, mais il ne fournit pas non D d'observation détaillée.

Von Ammon, de Berlin, publia, en 1830, sur ce sujet un travail assez complet: et il est intéressant de noter en passant comment cet auteur concevait cette question. Il divisait ces opacités en deux groupes, à savoir : 4) les opacités partielles, siégeant à la périphérie, rarement isolées et accompagnées le plus sou-: vent de microphtalmie. Ces opacités partielles s’éclaircissent peu et on les observe chez plusieurs membres de la même famille ; b) les opacités totales, s’accompagnant fréquemment d'augmentation du volume de l'œil et des dimensions de la cornée. Dans ce cas, ces opacités s’éclaircissent avec l’âge. | Fe

En 1855, Fonmuller, médecin de l'hôpital de Foie a publié dans le Prager Vierteljahrschrift für die Praktische Heilkunde, un travail sur les opacités congénitales de la cornée. Il cite le cas d’un enfant venu au monde avec une opacité considérable des deux cornées. laquelle avait disparu six mois plus tard. On retrouve dans cet ouvrage deux observations de Von Ammon,

une de Maclagan, une de Tavignot. Cette dernière avait été communiquée par son auteur à l’Académie Royale des Sciences de Paris le 12 juillet 1847.

Hubert fit de ce sujet l’objet de sa thèse inaugurale en 1876 (Etude sur le développement de la cornée et sur les opacités congénitales de cette membrane). L'auteur cherche une étiologie, mais, en raison du petit nombre d'observations et du manque d’autopsies avec examen anatomo-pathologique, il ne peut que formuler des hypothèses. La question fut reprise en 1880 par Leclerc qui ajouta au travail précédent quelques observations. |

En 1901, une nouvelle étude a été faite par Hosch, parue dans les Von Graefe’s Archiv für Ophtalmologie.

Le Docteur Armaignac, de Bordeaux, fit en mai 1911 une communication au Congrès de la Société française d’ophtalmologie. (Opacité congénitale à peu près totale des deux cornées chez deux enfants de la même famille.) Cet auteur rapporte un cas très intéressant et propose à son tour une classification. Il distingue en effet les opacités congénitales primitives non inflammatoires des opacités congénitales secondaires inflammatoires.

Ce serait allonger inutilement cet exposé historique que de citer les diverses observations qui ont été publiées. Disons simplement qu'il est rare de trouver deux descriptions absolument identiques.

Le 27 juillet 1930, à la Société d’ophtalmologie de Lyon, une communication a été faite par M. le Professeur Mouriquand et M. le Docteur J. Rollet, sur 14 dégénérescence tachetée congénitale de la cornée chez

Pa its

le rat. Des examens systématiques au biomicroscope ont permis à ces auteurs de distinguer une nouvelle forme consistant en des opacifications superficielles que nous décrirons dans le chapitre II.

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