‹ Les affections parasyphilitiquesChapitre 14 sur 62 · I. Voy. Leçons cliniques sur la sjpinlis, i" cdit., iSjS · texte numérisé non relu

I. Voy. Leçons cliniques sur la sjpinlis, i" cdit., iSjS

AFFECTIONS PAU ASYPIIIUTIQUF.S.

riques « de rond )^ cela n'est pas discutable et cela résulte même de l'observation. Mais ce qui n'est guère plus conlroversable, je crois, c'est qu'en certains cas l'hystérie issue de la syphilis se développe sur des sujets à antécédents non hystériques, chez lesquels rien, ni dans l'hérédité, ni dans le passé pathologique personnel, ni dans l'habitus, la plij^sionomie, etc., ne pouvait faire présager une manifestation de cet ordre. Il est positivement des syphilitiques sur lesquels l'hystérie s'abat de la façon la plus inattendue, la moins préparée^ la moins motivée par la personnalité même de la victime. Et ce n'est pas là, à coup sûr, un des traits les moins curieux en la matière.

Je précise, en prenant pour exemple V hystérie secondaire de la femme, type jusqu'ici le plus étudié et le mieux connu.

Or, ce qu'on observe chez la femme, dans les jeunes étapes de la diathèse, est ceci : Deux ordres de cas très nettement différenciés quant au début, quant à l'entrée en scène des accidents. Àinsi :

I. — Premier ordre de cas. — 11 est absolument commun que des femmes hystériques de vieille date, mais dont les accès, je suppose, s'étaient amendés depuis un certain temps, présentent tout à coup une récidive ou une recrudescence de leurs anciens malaises nerveux au cours de la période secondaire. Sous l'influence de l'éréthisme qu'imprime à tout l'être le poison de la vérole, ces

lIVSTÛlME.

femmes redeviennent alors subitement hystériques à compte nouveau, si je puis ainsi dire, ou le deviennent à un degré supérieur, si elles n'avaient cessé de l'être. Elles reprennent leurs accès ùonmlsi/s, elles reprennent leur état vaporeux, leur susceptibilité nerveuse. En un mot, l'hystérie, qui semblait calmée, subit de l'influence syphilitique une exacerbation nouvelle.

Et quoi d'étonnant, messieurs, à ce que la syphilis donne ainsi « le coup de fouet » à une névrose aussi mobile, aussi impressionnable — passez-moi le mot — et aussi sujette à oscillations, cà recrudescences, que l'est l'hystérie? Ne voyons-nous pas chaque jour cette névrose subir des exacerbations semblables sous l'incitation des causes les plus variées, de perturbations physiques comme de commotions morales? Et la vérole n'est-elle pas bien faite, à tous égards, pour stimuler une afl^clion si facilement accessible aux excitations de tout genre?

n. Second ordre de cas. — En autres circonstances (à la vérité beaucoup plus rares), on voit se manifester sur certaines femmes, à la période secondaire, des phénomènes hystériques ou hystériformes qui n'ont été précédés, avant l'infection, d'aucun accident semblable. Interrogeant alors avec le plus de soin possible les malades sur lesf[uelles on observe de tels symptômes, on ne reçoit d'elles ou de leur entourage que des témoignages absolument négatifs sur l'existence antérieure d'un

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AFFKCTIOXS l'AnASVPim.iTIQL'I'.S.

c'iilt liyslérique, voire parfois d'iino simple disposition au nervosisme. Il reste donc matériellement certain que l'iiysto'rie est de fraîche date pour ces femmes, qu'elle ne s'est développée sur elles que d'une façon toute récente, qu'elle est apparue avec la période secondaire, bref qu'elle figure au nombre des accidents nouveaux introduits sur la scène par la syphilis.

Et cependant, comme pathogénie, il est vraiment impossible, en de telles conditions, de ne pas rattacher ces accidents à une influence de la diathèse. Coïncidant, au moins dans la plupart des cas, avec d'autres manifestations d'origine incontestablement spécifique, nés en même temps que ces dernières et alïectant une évolution parallèle, les symptômes hystériques en question font évidemment partie d'un ensemble, d'un tout dont on ne saurait raisonnablement les distraire. Us sont donc très certainement d'origine syphilitique; ils composent donc une sorte à' hystérie secondaire^ dont la réalité clinique, amplement démontrée par des observations nombreuses, ne saurait plus être contestée.

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L'hystérie parasyphilitique se manifeste à des étapes très variées de la diathèse, à savoir : soit dans l'étape secondaire, soit dans l'étape tertiaire.

Au cours de l'étape secondaire, elle entre géné-

IIYSTÉIUH skcondaihe ;

HYSTKIIIIÎ TERTIAIRE. 1 07

ralement en scène à propos el à 1 occasion d un stimulus quelconque, par exemple d'une échéance d'évolution (début de la période secondante) ou d'une poussée éruplive. Et alors sa connexion chronologique avec d'autres manifestations de svphilis la dénonce forcément à l'attention. Il serait difficile en telle occurrence d'en méconnaître l'ongine spécifique.

Dans l'étape tertiaire, elle se produit à époques naturellement très diverses. On l'a observée jusqu'ici (ù ne parler que des cas bien authentiques) de la troisième à la douzième année. Mais nul doute qu'on ne la rencontre quelque jour à terme encore plus reculé, s'il en estd'elle(et celadoit être) comme de la presque totalité des manifestations tertiaires, lesquelles comportent, on lésait, comme échéances d'apparition, des différences parfois considérables.

Cette hystérie tertiaire se manifeste quelquefois en coïncidence avec telles ou telles déterminations d'ordre spécifique (exostose, sarcocèle, caries nasales, paralysie oculaire, voire symptômes de syphilis cérébrale, etc.). Mais, bien plus souvent que l'hvstérie secondaire, elle apparaît seule en scène, sans cortège, isolément; bien plus souvent que cette dernière, elle se produit pour son propre compte, si je puis ainsi parler. Or, vous coricevez quelle difficulté ce fait même crée au diagnostic; vous concevez s'il n'y a pas risque, en pareille condition, de prendre celte hystérie pour ce qu'elle n'est pas, à savoir pour une manifestation de lésions or-

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AFFECTIONS PAU ASYPHILITIQUI'.S.

ganiques, poui- une manifesLaLion de syphilis cérébrale par exemple.

Secondaire ou tertiaire comme échéance d'invasion, l'hystérie parasyphilitique n'emprunte pas une symptomatologie spéciale à la cause spéciale dont elle dérive. Bien qu'issue de la syphilis, elle n'en reste pas moins l'hystérie commune, vulgaire, banale, en tant que qualité de phénomènes morbides. Je n'ai donc pas à vous la décrire ici, d'autant que je n'aurais rien à ajouter ni à modifier au tableau magistral de cette afléction, tel qu'il est sorti de l'Ecole de la Salpêtrière, tel qu'il est reproduit dans le beau livre de mon collègue le D' Gilles de la Tourette *.

Je me bornerai donc à des aperçus généraux pour vous dire d'une foçon toute sommaire que cette hystérie est essentiellement variable comme symptômes et absolument polymorphe; — que, de plus, en tant qu'importance, en tant que caractères de manifestations, on peut lui reconnaître trois formes, à savoir :

1° Une forme légère^ atténuée, fruste; — d'une part, pauvre en troubles morbides, et, d'autre part, consistant en des troubles morbides superficiels, mitigés, ébauchés, incomplets. — Ce n'est guère là que de « l'hystérie vaporeuse », comme on dit vulgairement, de l'hystéricisme même plutôt que de l'hystérie vraie.

I. 'IVailé clinique et the'rapeiitiqiie de l'Iijsténe, Paris, 1891.

IIYSTÉIUE.

TIIOIS FOnsiES.

Dans celte forme peut aussi prend re place, nosologiquement, la variété bénigne cl hystero-neurasthénie que je vous ai décrite dans ce quL précède et qui consiste en une série de symptômes neurasthéniques légers, avec addition de quelques symptômes hystériques tout aussi foiblemeut accentués.

2" Une forme moijeiine — la plus commune, je crois — consistant en ceci, comme symptômes les plus usuels : Éréthisme nerveux général, vague et mal défini; modifications du caractère, (c énervement » , impressionnabilité singulière, malaise moral et psychique, mobilité d'humeur, irascibilité, caprices, pleurs sans motifs, colères sans causes, etc. ; — sensations douloureuses fixes ou erratiques, difficilement localisables en général : constriction thoracique, poids à l'épigastre, dyspnée sans raison, pandiculations, vapeurs, pâmoisons, hyperesthésie rachidienne, globe hystérique remontant de l'estomac à la gorge, pour produire en ce point une sensation d'étoufFement, de strangulation ; troubles de sensibilité, multiples et variés :

hyperesthésies ou anesthésies locales de la peau et des muqueuses; perte du réflexe conjonctival et du réflexe pharyngé; — parfois aussi (mais moins fréquemment), troubles sensoriels vers la vue, l'odorat, le goût, l'ouïe, et, notamment, rétrécissement du champ visuel; — troubles musculaires variés : spasmes, tremblements, convulsions partielles; — et enfin, véritables crises d'hystérie con-

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AFFECTIONS PAUASYPHILITIQUKS.

vulsive, avec tous les symptômes et les variétés qu'elles comportent.

3" Une forme grave, constituée par addition aux phénomènes qui précèdent de symptômes véritablement sérieux, importants, importants soit par les troubles fonctionnels qui en dérivent, soit par leur durée longue, très longue, parfois indéfinie, à savoir : hémianesthésie sensitive; — hémianesthésie sensorielle très accentuée; — paralvsies diverses; — monoplégies; — paraplégie; — apoplexie hystérique*; — et surtout hémiplégie, typle plus commun, type commun à ce point qu'on a voulu en faire l'expression la plus usuelle, l'expression prédominante, principale, de l'hystérie parasyphilitique^ notamment à la période tertiaire.

Il ne rentre pas dans mon sujet de vous faire l'analyse de ces multiples déterminations possibles de l'hystérie d'origine spécifique. Mais, en revanche, j'ai le devoir de vous signaler ici un, grand fait sur lequel j'appellerai toute votre attention. Ce fait, c'est la confusion fiicile, naturelle, presque fo rcée, de quelques-uns de ces symptômes graves de l'hystérie parasyphilitique avec des symptômes de môme ordre dérivant de lésions organiques de syphilis.

1. V. Debove, Soc. médicale des hôpitaux, 1879. Achard, De C apoplexie Itjstéritjue, Thèses de Paris, 1887.

H. Rouhy, Conlribution à l'étude de l'hystérie toxique; — de l'apoplexie hystérique dans la syphilis, 'I hèscs de Paris, i88g.

2. V. A. Richard, Contribution à l'étude de l'hémiplégie hystérique chez les syphilitiques, Thèses de Paris, 1887.

HYSTÉRIE

EIUIEURS A SON SUJKT.

Que de fois, avant que l'hisloire clinique de l'hystérie ne fût devenue ce qu'elle est aujourd'hui sous l'impulsion d'une école célèbre, des manifestations d'hystérie faisant invasion chez des sujets syphilitiques n'ont-elles pas dû être prises pour ce qu'elles n'étaient pas, c'est-à-dire être rapportées à des lésions organiques et recevoir au total l'étiquette diagnostique de (( syphilis cérébrale » ou de « syphilis médullaire » ! Pour ma part, je fais une confession formelle et je dis en toute sincérité : « Tel cas qu'il y a une quinzaine d'années j'aurais classé sans hésitation et sans arrière-pensée dans la syphilis cérébrale, aujourd'hui je le classe dans l'hystérie; et cela, parce que, grâce aux travaux de mes collègues en neurologie, grâce aux progrès de la science contemporaine, j'ai appris à connaître des manifestations hystériques dont je n'avais pas notion autrefois' ». Et, comme tout le monde, je crois, aurait à fiiire le même aveu, il résulte de là que nombre de cas qui ont été catalogués jadis sous la rubrique syphilis cérébrale ou syphilis médullaire doivent rentrer dans le domaine de l'hystérie parasyphilitique. H y a donc sur ce point matière à révision relativement aux documents anciens. C'est là ce qu'ont dit également MM. Debove et Achard ; j'ajouterai seulement ce qu'ils n'ont pu dire, à savoir que leurs intéressants travaux serviront utilement ce travail de révision.

I. V. Bulletin de l;i Soc. française de dermalol. et de syph.,

AFFECTIONS T>An A.SYPH1LITIQI;eS.

Eh ])ien, à ce propos, il importe que je vous présente quelques spécimens cliniques, pour bien vous faire comprendre à quelles erreurs peut contluire l'hystérie parasyphilitique méconnue.

I. — Ce sont d'abord les moiioplégies qui peuvent donner le change. Exemple.

Un jeune homme contracte la syphilis en 1884. H en est fortement éprouvé, au point de maigrir considérablement, de devenir (( méconnaissable ». En 87, il est pris d'une parésie du membre inférieur gauche, avec perte de la sensibilité dans ses trois modes, secousses dans la jambe, douleurs lancinantes et alTaiblissement du réflexe rotulien. — Tout naturellement, le soupçon d'une moncplégie organic{ue par syphilis s'imposait de prime abord. Eh bien, en étudiant à fond le malade, M. Landouzv eut le mérite de ramener le diagnostic dans la bonne voie, et cela de par la coi> statation de toute une série de stigmates hystériques, à savoir : abolition du réflexe pharyngé, rétrécissement du champ visuel gauche, dyschromatopsie gauche, aflaiblissement de l'odorat et de l'ouïe à gauche, extinction complète du goût sur la moitié gauche de la langue, etc.

C'était donc une monoplégie par hystérie parasyphilitique dont, bien sûrement, était affecté le malade ^

I. Cas empruuté à un très remarquable iravall du G. Guinon sur Les «genls provocateurs de l'hystérie, Thèses de Paris, 1889,

HVSTICRIE.

MONOl'LÉOinS, PAnAPLÉGIES.

If. — De même pour les paraplégies. A ce propos, écoutez le fait suivant, à coup sûr des plus curieux.

Une jeune femme syphilitique entre clans le service de mon bien regretté collègue et ami le D"" Vidal, En pleine évolution secondaire, elle est prise d'une paraplégie à marche rapide, qui se complète en quelques jours. Survenue en de telleconditions, cette paraplégie semblait donc bien légitimement devoir être imputée à la syphilis. Elle n'en était cependant qu'un résultat indirect; en réalité, ce n'était là qu'une paraplégie hystérique provoquée par la syphilis. Et de cela voici la preuve, ou plutôt tout un arsenal de preuves : 1° D'abord, la malade était une ancienne hystérique, dont les accès, à la vérité, s'étaient absolument calmés depuis sept ans (remarquez le ûiit au passage, comme un bel exemple de l'influence de la syphilis sur le réveil des névroses à longue échéance). — 2° Elle présentait, d'autre part, de nombreux et incontestables stigmates d'hystérie (hémianesthésie gauche, abolition du réflexe pharyngien, rétrécissement du champ visuel, dyschromatopsie gauche, perte du goût, etc.). — 3" La paraplégie en question n'était bien sûrement qu'une « paralysie psychique », comme le démontra ce qui va suivre. La malade, voisine de lit d'une femme syphilitique comme elle et alFectée d'une paraplégie grave avec incontinence d'urine, eschares, trépidation épileptoïde, etc., avait été très vivement

FouRNiru. — Â ff cet. paras jphil, 3

AFFECTIOKS I>A 11 ASV l'IULlTIQURS.

impressionnée par ce lamentable speclacle, et s'était paraplégiée (( par auto-snggeslion ». Ne vous récriez pas, car bientôt se lit la preuve de ce fait extraordinaire. El, en effet, la malade, changée de lit et placée au voisinage d'une femme affectée de surdité, peu de temps après se trouva prise elle-même de surdité. — 4° EnH", cette paraplégie se jugea spoiite sua presque subitement, à la façon des névroses guéries par émotion, « par miracle ». Un beau jour, la malade se prit de querelle avec l'infirmière qui lui signifia ne plus vouloir s'occuper d'elle. Très émue, elle essaya tout aussitôt de marcher et réussit à faire quelques pas en titubant. Au bout de trois ou quatre jours, elle marchait. Bientôt il ne fut plus question de la paralysie'.

III. — V hémiplégie hystérique prête bien mieux encore à confusion. Pour tout observateur qui ne s'en défiera pas, nombreux seront les cas où le diagnostic erroné de syphilis cérébrale risquera de se suljstituer au diagnostic vrai d'hémiplégie par hystérie parasyphihlique.

Pour vous en convaincre, laissez-moi vous citer les quelques cas suivants.

Un homme de 34 ans, anciennement syphilitique, commence par souffrir de la tête et présenter une exostose crânienne au niveau de la suture sagittale. Au cours des 7 à 8 mois suivants, il est pris quatre

I. \. Hystérie cl sjpinlis; paralysie psfchiqiie,l^!xr le Paul Raymoud; Progrès mcdical, 7 avril 1888.

• HYSTÉRIE

IIlhlIPLIiGIIÎ IIVSTEIUQUE.

fois de violentes crises épilepliformes, avec perle de connaissance et convulsions latéralisées. A la suite de ces crises, il devient et reste hémiplégique.

N'est-ce pas là par excellence, je vous le demande. Messieurs, le tableau d'une syphilis céréljrale à ses débuts? N'est-ce pas là pour les encéphalopathies spécifiques une modalité initiale des plus communes, des plus usuelles? Pour ma seule part, j'aurais à citer plus d'une centaine de cas où l'invasion de la syphilis sur le cerveau s'est traduite très exactement par les symptômes précités.

Donc, en l'espèce, le diagnostic de syphilis cérébrale semblait tout naturellement indiqué, surtout de par la coïncidence de l'exostose crânienne, de par cette estampille de syphilis sur le crâne, si je puis ainsi parler. Mais, avec son flair de grand clinicien, M. le P'' Potain, dans le service duquel se trouvait le malade, sut éviter l'écueil où tant d'autres auraient sombré. Étudiant en détail les particularités du cas en question, il arriva bientôt à dépister l'hystérie sous le masque de la syphilis cérébrale, et cela de par la constatation d'une série nombreuse de signes révélateurs, à savoir : analgésie très accentuée du côté gauche; — aneslhésie à la fois cutanée et musculaire; — anesthésie de tous les sens de la moitié gauche du corps ; — rétrécissement du champ visuel à gauche ; — antécédents nerveux héréditaires et personnels, etc., etc. Si bien que de cette investigation complète du malade le

AFFECTIONS PAI! AS V l'IIII.lTIQU F.S.

diagnoslic ne tarda pas à jaillir en pleine lumière et à se formuler ainsi : « liémiplégie hystérique, et hémiplégie par hystérie dérivant de la syphilis* ».

Un eas pkis délicat encore a été déterminé par M. le P"" Charcot dans le sens de l'hystérie. Il s'agissait d'un malade qui, dans la dixième année d'une infection syphilitique, vint à être affecté de céphalées violentes, d'ictus apoplectiformes et d'hémiplégie droite avec hémianesthésie. N'était-ce pas là un ensemhle symptomatologique qu'il pouvait paraître tout simple et non moins rationnel, étant donnés les antécédents spécifiques du malade, d'imputer à une détermination organique de la syphilis sur le cerveau? Que de syphilis cérébrales se présentent sous un tel aspect! Eh bien, une analyse plus approfondie du cas clinique vint démontrer à M. Charcot que la syphilis cérébrale ne devait pas être mise en cause; — que les céphalées notamment, qui semblaient témoigner en faveur d'une origine spécifique, n'étaient que des céphalées hystériques (ce qu'attestait en l'espèce une hyperesthésie excessive du cuir chevelu, a phénomène d'hvslérie par excellence »); — que les prétendues apoplexies, étudiées minutieusement, n'étaient rien autre que des « attaques subites de sommeil »; —

I. M. Potaiu iacline même à penser que, duus ce cas, l'cxoslose sagittale a servi « d'agent jirovocatcur » pour déterminer i'hvslcrie, et cela a par ébranlement du système nerveux chez un sujet prédisposé ». — V. Gazette des hôpitaux, i/j avril 1887.

V. aussi un cas de même genre, également dû à M. Polam [Caz. des hiipitaux, 28 avril 1887).

HYSTÉHIE.

HÉMIPLÉGIE HYSTÉaiQUE.

que l'hémiunesthésie trouvait bien plus légilimement son explication dans l'hystérie que dans une lésion organique, etc.; — bref, que, pour ces diverses considérations et quelques autres encore que je passerai sous silence, le diagnostic vrai du malade était celui « d'accidents hystériques développés sous l'influence de la syphilisV». — Diagnostic délicat, s'il en fût, et devant lequel aurait bien pu succomber, on en conviendra, la sagacité de médecins moins familiarisés que le grand maître en question avec les difficiles problèmes de la neurologie.

Je vous citerai encore un cas de même ordre, qui a été présenté récemment à la Société de dermatosyphiligraphie par mon chef de clinique et ami le D' Hudelo. Ce cas peut se résumer ainsi :

Un malade, affecté depuis 1886 d'une syphilis des plus graves (chancre phagédénique, syphilides ulcéreuses à répétitions multiples, sarcocèle, gommes du pharynx, etc.), entre dans le service de la CHnique pour une affection intense du squelette nasal, avec ozène épouvantable, coryza sanieux, et nécroses multi'ples s'étendant jusqu'au plancher du crâne. Il est affaissé, adynamié. Bien qu'il réponde assez correctement aux questions qu'on lui adresse, il paraît hébété, obtus, abruti, abasourdi; il ne quitte pas son lit et reste parfois des journées entières sans dire un mot. En outre, il se plaint

I. V. Hystérie et syphilis, leçon rcsumec par Gilles de la Tourcltc, Progrès médical, 17 déc. 1887.

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AFFECTIONS PA H ASY PHI LITIQU ES.

d'une céphalée intense « en coups de marteau », et présente (ce dont il ne paraît pas se douter) un affaiblissement marqué des deux membres gauches. Notre première impression nous porte à croire que ce malade est en voie d'élaborer une de ces encéphalo-méningites sourdes, insidieuses, qui succèdent fréquemment aux ostéites naso-crâniennes et que j'ai naguère étudiées devant vous*. Mais un examen plus approfondi dirige bientôt notre attention sur une autre piste, de par la constatation d'une série de signes révélateurs de l'hystérie, à savoir : hémianesthésie sensitive complète de la peau et des muqueuses du côté gauche; — hémianesthésie sensorielle gauche (diminution de l'ouïe; perte du goût; rétrécissement extrême du champ visuel); — perte du sens musculaire, toujours du même côté; — point liyperesthésique au niveau de la partie inférieure delà fosse iliaque gauche; — C[uelques antécédents hystériques peu douteux, remontant à trois ou quatre ans, etc., etc. En sorte que, finalement, force nous a été de reconnaître là un cas d'hystérie évoquée ou provoquée par la syphilis et d'instituer, comme dans les exemples précédents, le diagnostic inattendu, mais formel, positif, à'hystéro-syphilis'^.

1. Des ostéites naso-crdiiieiijies d' oiïg'inc syphilitique. Leçon recueillie par le D'' Barthélémy, « Annales des maladies de l'oreille et du larynx », 1881.

2. Y. Hudclo, Uysléro-sypliilis ; carie, cl/tnioidieitiie ; lie'miparesic et Jiémianestltcsie sensilivo-sensorielle du cote gaiic/te, « Annales dedermat. et de sypliil. », 1892, p. Sifl.

HYSTÉniE. TROUBLES PSYCHIQUES.

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