SYPHILIS HÉRÉDITAIRE
AFFECTIONS PARASYPHILITIQUES DE LA SYPHILIS HÉnÉDITAIRE.
Contrairement à une croyance, à un préjugé qui n'est que trop accrédité clans le public médical, l'hérédité syphilitique ne se traduit pas exclusivement par des manifestations d'ordre syphilitique. Elle se traduit encore et tout aussi souvent, plus souvent même, dirai-je, par quantité de phénomènes qui, pour n'avoir plus, comme lésions et comme symptômes, l'apparence, l'allure, le cachet syphilitique, n'en sont pas moins des conséquences indéniables de la syphilis.
Je ne crains pas de vous le répéter encore, on croit trop que la syphilis, maladie spécifique, se restreint à des manifestations et à des lésions d'ordre spécifique. Erreur profonde, erreur d'anatomo-pathologistes exclusifs et à courte vue, erreur à laquelle l'observation inflige un démenti journalier. On a dit : « Li syphilis ne fait que de la syphilis ». Illusion ! La syphilis fait autre chose que de la syphilis. Elle ne réagit pas seulement sur ses victimes en tant que maladie spécifique cl de par son poison propre; elle réagit aussi sur elles en tant que malaçlie générale, et cela de par la perturbation profonde qu'elle importe dans l'organisme,
FouHNiER. — Affcct. parasyphil, j8
AIFECTIONS PAnASYPHILITlQlIKS.
(le par la crase humorale qu'elle modifie, de par le tempérament qu'elle aflecte, la sanlé qu'elle altère', etc. Et ces influences d'un autre ordre, d'un ordre non spécifique, se traduisent souvent par telles ou telles manifestations morbides qui, pour être issues de la syphilis comme origine^ n'ont cependant plus rien de syphilitique comme nature.
Je vous le disais dès le début de ces conférences, une des convictions qu'a le plus solidement implantées dans mon esprit l'étude assidue de la svphilis, c'est que cette grande maladie n'est pas seulement, exclusivement, une affection à svmptômes et à lésions syphilitiques. Non, la syphilis n'est pas cela seulement. Je me la représente comme une individualité pathologique plus complexe. Je me la représente non seulement comme une intoxication spécifique, mais encore comme une maladie générale vulgaire.^ laquelle, à ce titre, peut faire tout ce que fait une maladie de ce genre. A ce titre, donc, c'est une maladie qui, par les réactions qu'elle exerce sur l'organisme, est susceptible d'éveiller, à côté de ses troubles propres, des troubles d'un autre ordre, par exemple de s'en prendre à ce qu'on appelle vulgairement et en bloc « la santé », d'amoindrir la résistance vitale, de retentir sur le développement de l'embryon et
I. Ces considérations et d'autres qui vont suivre ne sont énoncées ici que d'une façon toute sommaire. On les trouvera plus développées et légitimées, je pense, dans mes deux livres sur l'Hérédité syphilitique cl la Syphilis héréditaire tardive.