‹ Les affections parasyphilitiques [electronic resource]Chapitre 43 sur 68 · RACHITISME · texte numérisé non relu

RACHITISME

qu'ils sont à la fois traités par le mercure el allaités par une bonne nourrice peuvent ôlre préservés du rachitisme \ »

Au total, donc, le rachitisme de nos petits malades ne serait qu'un résultat du trouble général importé par la syphilis dans l'organisme. Conséquemment, je le répète, il constituerait un accident d'origine syphilitique, mais non de nature syphilitique.

Et voyez l'avantage de cette interprétation qui se prête également à expliquer ces deux faits : i" comment le rachitisme peut dériver aussi bien d'une cause spécifique que d'une cause non spécifique; — et 2° pourquoi le rachitisme, alors même qu'il dérive de la syphilis, se montre réfractaire aux agents antisyphilitiques.

Je terminerai en rappelant qu'une constatation récente ajoute un nouvel argument à la thèse que nous venons de défendre.

Des travaux d'ordre chimique ont été entrepris par mon distingué collègue et ami le D' Albert Robin sur les os des enfants hérédo syphilitiques. Or, de ces travaux encore inédits, mais qu'a bien voulu me communiquer M. Robin, il résulte ceci :

Que les os des enfants hérédo-syphilitiques sont particulièrement remarquables par la proportion

I. Le rac/iichme, par J. Comby, Paris, iSga, p. 35. — V. aussi Kirmisson, Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteur, Paris, iSyo.

FouRNlF.H. — Àffecl. parasypldl. ao

AFFlîCTIONS PAnASYPHILITIQUES.

considérable tVeau qu'ils contiennenl; el cela an détriment des éléments essentiels^ nobles^ du tissu osseux (à savoir phosphate et carbonate de chaux, associés à l'osséine).

Ainsi, tout ce qui est élément noble, utile, constitutif, est abaissé comme proportions; — tandis que l'élément aqueux, c'est-à-dire l'élément indifférent, banal, secondaire, s'élève jusqu'à une proportion relativement prédominante.

Quel trouble trophique! Quelle déviation du processus de nutrition! Et, aussi, quelle confirmation apportée à tout ce que je viens de dire, comme à ce qui me reste encore à dire sur l'influence dystroplîique de l'hérédo-syphilis !

Une influence de même ordre et de même origine se traduit quelquefois sur les sujets hérédosyphilitiques par des arrêts partiels de développement^ affectant en particulier tel ou tel viscère.

Bien que ce sujet ait été à peine exploré, nous sommes, dès à présent, en possession d'un certain nombre d'observations bien authentiques témoignant de ces singulières influences localisées de l'hérédité syphilitique. A tout le moins les exemples qui vont suivre pourront-ils servir de jalons pour des recherches ultérieures.

C'est ainsi que, d'une façon assez commune, on

AnnÈTS PARTIELS DU DEVELOPPEMENT.

constate chez les bérédo-syphilitiques un défaut de développement du testicule.

Le testicule reste chez eux, comme volume, plus ou moins au-dessous de la moyenne. Quelquefois même il se présente réellement petit, voire minime, voire presque rudimentaire en certains cas plus

rares.

Et notez qu'en l'espèce celte réduction de volume, cette ténuité de l'organe n'est en rien le résultat d'un état pathologique antérieur, à savoir de celte albuginite, de ce sarcocèle infantile qu'a si bien étudié le Hutinel. Car, ici, tout en étant petit, le testicule n'en est pas moins régulier de forme, souple, exempt de toute induration morbide, bref parfaitement sain. D'ailleurs, ce qui complète la démonstration en ce sens, c'est que, dans les cas en question, l'arrêt de développement du testicule coïncide fréquemment avec d'autres lésions de même ordre, c'est-à-dire d'ordre djstrophique.

A preuve une belle observation de mon ancien élève et ami, le docteur Poyet.

Cette observation est relative à un jeune garçon de seize ans, né de parents syphilitiques et aj^nt présenté dans son enfance des accidents non douteux de syphilis héréditaire. Or, d'une part, ce jeune homme, en raison de sa petite taille et de la gracilité de ses formes, avait tout à fait l'allure enfantine, « à ce point qu'on l'eût pris volontiers pour un enfant de dix à onze ans »; et, d'autre

AFFECTIONS l'ARASYPHILITIQUES,

part, il présentait une verge non développée, « analogue à celle d'un sujet de sept à huit ans », et des testicules qui « ne dépassaient pas le volume d'un haricot ». A noter, de plus, qu'en relation avec cet arrêt de développement du système génital, «la voix était aiguë, criarde comme celle d'un tout petit enfant ou comme le timbre d'un mirliton ».

On a vu de même des arrêts de développement affecter les omires, ïutérus, voire le mgin.

Tel est un cas dû à M. le D"" Lancereaux, cas relatif à une femme de quarante ans, née d'un père syphilitique et ayant présenté dans sa jeunesse divers accidents de syphilis héréditaire. « Non seulement, dit l'observateur, cette femme était de petite taille et peu développée, mais ses seins (à quarante ans) étaient ceux d'une jeune fille non encore pubère. — Elle n'avait jamais été menstruée. — Le pubis était complètement glabre.

I^a vulve était remarquablement étroite. — Le

vagin permettait difficilement l'introduction du petit doigt, etc. — La malade ayant succombé à une affection intercurrente, on constata à l'autopsie un état d'atrophie ou plutôt de non-développement de l'utérus, qui était très petit et comparable à l'utérus d'une fillette de huit à dix ans. — Les ovaires rudimentaires ne contenaient même pas de vésicules de De Graaf. »

N'oublions pas enfin que la microcéphalie a été

ARRÊTS DU DÉVELOPPEMENT INTELLECTUEL. 3oQ

plusieurs fois signalée comme stigmate d'hérédité syphilitique.

Tout ce qui précède est relatif au développement physique.

Eh bien, de même, une conséquence possible de l'hérédo-syphilis consiste en de véritables arrêts, à des degrés divers, du développement intellectuel.

C'est un fait aujourd'hui bien authentique — quoique peu connu, peu accepté, je dois le reconnaître — que les descendants des sujets syphilitiques sont quelquefois frappés de déchéance intellectuelle.

Très positivement, la syphilis héréditaire crée parfois des enfants bornés comme intelligence, voire des enfants idiots.

Et rien d'étonnant à cela. D'une part, il est bien légitime que la syphihs réagisse sur l'intelligence de par les déterminations spécifiques qu'elle peut exciter vers le cerveau dans le jeune âge. Et, d'autre part, en ce qui concerne notre sujet, il n'est pas plus surprenant que l'influence hérédo-syphilitique retentisse sur le développement intellectuel par des processus d'autre genre, ne comportant plus rien de syphilitique.

AFFliCTlONS l'Ail ASVI>HILITIQUKS.

Quels troubles cérébraux relèvenl de ce dernier mode d'influence? Le voici :

I. — Dans un premier degré, on a affaire à des sujets bornés, simples, obtus, niais, à insuffisance intellectuelle dûment accentuée.

Ce sont là des sujets qui, la plupart du temps, ont subi un arrêt de développement tout à la fois physique et psychique. Ils ont fait leurs dents tard ; ils ont marché tard; ils n'ont grandi que lentement. De même ils ont été en retard pour parler.

Au delà, ils n'ont appris à hre et à écrire mais

à lire, plus spécialement encore — qu'avec une difficulté singulière. Toujours leur mémoire s'est montrée défectueuse, débile, paresseuse, infidèle. Dans un âge plus avancé, ils deviennent de mauvais écoliers, inintelligents, mal doués, rebelles à la culture et au développement, « bornés », en un mot, et constituant le type de ce qu'on appelle par euphémisme « des enfants arriérés ». Inutile d'ajouter que tels ils restent et resteront plus tard, avec des aptitudes intellectuelles très inférieures au niveau moyen.

II. — Dans un second degré, l'arrêt du développement intellectuel est pour ainsi dire absolu, non moins que définitif et irrémédiable.

Un certain nombre d'observations de ce ffenre ont ete citées déjà par divers auteurs, notamment par Critchett, J. Ilutchinson, H. Jackson, Mercier, Parrot, J. S. Bury, Tarnier, etc.

Tous ces cas, identiques comme fond, présentent

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