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Cela, tout le monde le dil el le professe. Pour ma part, je déclare que, sur Finvilalion de quelques-unes de mes malades que désespéraient « ces affreuses taches du cou », j'ai parfois poussé aussi loin que possible les doses du mercure et de l'iodure sans en obtenir tl'effets appréciables. La chose est donc jugée, et, comme l'a dit Tanturri, « le temps est le seul remède de la syphilide pigmenlaire >y.
Ce défaut d'action du traitement spécifique sur les accidents de cet ordre devient surtout manifeste, par opposition, en certains cas où les malades présentent coïncidemment une syphilide pigmentaire et telles ou telles autres manifestations de syphilis. On Yoit alors — contraste curieux — ces autres manifestations céder rapidement à la médication spécifique, tandis que la syphilide pigmentaire subsiste, immuable, imiiiobile, exactement comme si l'on n'eut rien fait. Rappelez-vous à ce propos une de nos malades de la salle Henri IV qui était affectée à la fois et d'une pigmentation réticulée du cou et d'une syphUide papulo-tuberculeuse intense, confluente, criblant de ses souillures presque tout le corps. A l'avance je vous ai dit ce qui allait arriver, à savoir « qu'un traitement mercuriel un peu énergique ferait justice en moins d'un mois de celte affreuse syphilide papulo-tuberculeuse, mais laisserait subsister la syphilide pigmentaire du cou ». Et l'événement a réalisé de tous points cette facile prophétie.
SYimiLIDE PIGMENTAIHE. 3i
Au total, donc, les mélanodermies des syphilitiques constituent des manifestations qui, bien que dérivant de la syphilis, se traduisent par des lésions qui n'appartiennent pas seulement à la syphilis, et, de plus, se montrent absokmient réfractaires aux remèdes dont l'action antisyphilitique est le mieux démontrée.
Elles nous fournissent donc un type par excellence de ces curieux états jKilhologiques que, par définition, nous avons qualifiés du nom d'affections parasyphiiitiques.
Eh bien, voici maintenant la question que je me propose d'agiter dans ce qui va suivre.
Il est, dans la syphilis, nombre de manifestations dûment assimilables à la svphilide pigmentaire en ce que, d'une part, elles sont constituées par des lésions ou des symptômes dont personne ne songe à faire un patrimoine exclusif à la syphilis, et en ce que, d'autre part, elles ne sont pas accessibles à l'action thérapeutique du mercure et de l'iodure. Ces manifestations, on leur conteste, on leur récuse — et cela précisément pour les deux raisons précitées — toute affiliation à la syphilis. On dit : Ce ne sont pas là des produits de la syphilis, des accidents de la syphilis, puisque d'autres causes que la syphilis peuvent leur donner naissance, et
32 AFFECTIONS l'AUASVI'lIlMTIQUKS,
puisque i'iodure cl le mercure ue les guenssenl pas. Or, ])ourqu()i deux poids et deux mesures i Pourquoi récuser à ces états pathologiques la provemuice, l'origine syphilitique, alors qu'on la concède sans discussion à la syphilide pigmentante?
Cependant la logique et le bon sens ne sauraient jamais perdre leurs droits. De deux choses l'une: il faut ou bien rejeter à la fois hors du cadre de la syphilis et les états morbides en question et la syphilide pigmentaire, ou bien y admettre à la fois, pour les mêmes raisons, et ceUe-ei et ceux-là.
Or, exclure de la syphilis une des manifestations qui, de par la clinique, est justement considérée comme constituant un témoignage authentique, un « certificat >. de syphilis, ce serait un non-sens. Ne serait-ce donc pas un égal attentat contre la logique que d'exclure du même cadre toute une série d'affections homologues, présentant les mêmes caractères, se produisant au cours de la syphilis avec une fréquence non pas égale, mais supérieure, et dérivant en somme de la même cause avec un non moindre degré d'évidence?
Eh bien, ce sont les affections de cet ordre que nous allons maintenant passer en revue.
NEURASTHÉNIE
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NEURASTHÉNIE ET HYSTÉRO-NEURASTHÉNIE d'origine SYPHILITIQUE.
Il est assez fréquent d'observer au cours de la syphilis des symptômes ou des syndromes épars, dissociés, de la curieuse névrose qui, distinguée parBeard vers 18G9, ^^ien étudiée depuis lors par nombre de médecins, notamment par MM. Charcot, Bouveret, Levillain, Mathieu, etc., est actuellement connue sous le nom de neurasthénie.
Il est plus rare — mais non exceptionnel — d'observer au cours de la syphilis un ensemble symptomatologique plus complet, réalisant le tableau presque intégral de cette complexe et protéiforme névrose.
En tout cas, chez un certain nombre de nos malades, l'infection syphilitique devient certainement, incontestablement, le prétexte, l'occasion, la cause d un état neurasthénique diversement constitué, qui s'ajoute au bilan déjà si chargé des manifestations spécifiques.
C'est de cette neurasthénie d'origine syphilitique que je vais vous parler.
Elle comporte, comme bien vous pensez, des degrés multiples et des formes variées qu'il va nous falloir envisager tour à tour.
FouuNiEH. — Afjccl. parasyiihil. 3
AFFECTIONS PAUASYl'HILlTIQUIiS.