‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 102 sur 126 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

mot d'espoir, jamais une parole douce ne s'est échangée entre nous, Monsieur Alquier vous l'affirmera.

MARTHE, découragée.

Mais je le sais ! Mais je le sais ! Est-ce que je n'aimerais pas mieux que vous soyiez coupables? Est-ce que je ne donnerais pas ma vie pour vous savoir une coquette, une intrigante, une détraquée... Au lieu d'être là à m 'écraser, je ne sais de quelle fatalité, à marcher inattaquables et sûrs, vers on ne sait quel avenir, on ne sait quel événement. Eh, que n'a-t-il été votre amant dès le premier jour... mais en vérité, c'est vous qui êtes l'épouse ici et moi la maîtresse !

PHILIPPE

Tu oublies que je suis là, Marthe, c'est à ( i8i )

moi qu'il faut t'en prendre. (Avec lassitude.) Passons nos nerfs en famille, je t'en prie.

MARTHE

Du tout. Je me possède admirablement, et Mil® Schlumberger n'entend que ce qu'elle doit entendre, quand on agit comme elle le fait.

HÉLÈNE

Eh bien, oui, oui... j'aime votre mari de toute mon âme plus violente, plus vivante que la vôtre. Quand il vieillissait d'ennui près de vous, je suis venue ardente et neuve et, de nos deux esprits, de nos élans renouvelés l'un par l'autre, nous avons fait un espace, un domaine où nous seuls pouvons vivre. Que vous importe? Pas une caresse, pas un mot tendre ne le franchit.

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