‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 108 sur 126 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

négligent et un peu lâche de ceux qui acceptent les circonstances et n'ont jamais, une fois dans la vie, posé leurs conditions.

HÉLÈNE

Et vos fils, et Marie?

PHILIPPE

Ah ! ceux-là... ils se soucient bien de moi. Que j'embrasse ma fille ou l'un des autres, que je les retienne une seconde, ils n'ont qu'une pensée : filer. Ce n'est pas que je leur fasse peur, à cet âge on n'est guère tendre.

HÉLÈNE, avec un demi-éclat.

Pour moi vous serez toujours le mari de Marthe Alquier.

PHILIPPE, avec impatience et gêne.

Vous, l'affranchie, à ce point le respect des lois et des institutions?

HÉLÈNE

Quand il n'y aurait entre elle et vous que cette union libre dont on attend de si grands bienfaits, je sens que certains gestes me seraient toujours impossibles. Et puis alors je serais vraiment punie, je me sentirais une rivale. Ces années de vous que je n'ai pas connues, les siennes, votre jeunesse à tous deux, elles m'épouvanteraient. Ceux qui désirent cela, ceux qui veulent faire une règle de cela... comment leur cœur est-il donc fait? Pour moi, la femme est celle qu'on trahit peut-être, mais qu'on ne remplace pas. Vous pouvez diviser votre cœur, y inventer des demeures nouvelles, mais dans la forte et lente réalité,

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