ACTE I, SCÈNE VII
La carrière que vous m'aviez demandée, je ne peux plus vous l'offrir, mais je demeure responsable de votre avenir : je veux votre bonheur.
HÉLÈNE, riant avec envie de fleurer.
Oui, comme un puissant veut le bien d'un serviteur pauvre en lui donnant un bureau de tabac !
l'abbesse.
Vous aurez l'amour, la jeunesse encore, la famille et la fortune, l'orgueil et la vanité.
HÉLÈNE, ironique.
Que de choses !
L ABBESSE
Oh ! le mépris... n'était pas si difficile qu'on croyait.
(Un temps. La jeune fille réfléchit.)
HÉLÈNE
Je ne vous comprends pas. Que s'est-il donc passé? Qu'on nous chasse de nos maisons, cela est facile, mais de nos vocations, qui en a le pouvoir?
L ABBESSE
Vous êtes trop jeune, Hélène. Je n'aime pas les vocations hâtives. Je désire, au moins pour un temps, vous ramener à la vie normale, à l'existence de toutes.