‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 40 sur 126 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Pourtant, je n'ai pas eu d'amant et j'en arrive à me demander si mon mariage a comporté l'amour.

Marthe, ah ! çà, voyons.

MARTHE

Que puis- je te dire? Jusqu'à ces derniers mois j'ai connu une telle paix... assurée d'avoir mené la vie d'une femme heureuse, je me préparais à vieillir, à mourir doucement. C'était une chose étrange, un peu ridicule, dont je m'enorgueillissais : on ne connaissait pas un écart dans la vie de PhiHppe Alquier. On disait : c'est un chaste, l'intelligence lui suffit. Et, que ce fût elle ou moi quit'ayions gardé...

PHILIPPE

Eh bien qu'est-ce qui te chiffonne? Est-ce que je me dérange? J'abats une besogne effrayante.

MARTHE

Tu travailles trop, mais tu n'as pas les yeux d'un travailleur. Tandis que l'huile baissait dans ma lampe, je ne sais quelle lueur, quelle flamme remonte dans ton regard.

PHILIPPE

Tu as toujours eu la manie du couvre-feu l Mais rassure-toi, il y a autre chose dans la vie, pour vous faire un regard de vivant, que les amours du premier âge et même du dernier.

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