VIII
(4) Cf. Sittl, Die lokal. Yerschied. der latein. Sprache, 1882, p. 144-146.
AULU-GELLE
tout Pour la rhétorique, il fréquenta l'école du vieux Castricius, un homme grave et austère dont l’empereur Hadrien avait fait grand cas (1;; mais le jeune Aulu- Gelle trouvait Castricius un peu sévère, et il se tourna de préférence vers l’un des plus brillants rhéteurs du temps, l’Espagnol Antonius Julianus, avec qui on le rencontrait souvent, et qu’il suivait jusque dans sa villégiature de Pouzzoles (2). Pour la philosophie, il s’attacha surtout au Gaulois Favorinus ; il l’accompagnait dans ses promenades, dans ses visites ; « avec lui, dit-il, je passais des journées entières; cet homme-là m’avait captivé par la douceur infinie de sa parole; et j’allais avec lui partout, comme enchaîné par son éloquence » (3). Quant au dieu lui-même, il ne tenait plus école, mais on pouvait lui rendre visite; dès que les maîtres ordinaires avaient fini leur cours, le jeune homme se précipitait chez Fronton : « Je voulais jouir de sa conversation si élégante et si instructive. Je ne l’ai jamais vu ni entendu sans acquérir plus de goût et de savoir » (4). Ces doctes entretiens et l’enseignement des écoles étaient complétés par des séances de lecture à la Bibliothèque de la Paix ou ailleurs (5). Aulu-Gelle s’intéressait à tout; mais ce qui l’attirait le plus, c’étaient encore les cours des grammairiens. Il entendit alors tous ceux qui avaient quelque réputation. Mais aucun ne le séduisit autant qu’ Apollinaire : quand il l’eut rencontré, il reconnut en lui le maître idéal, longtemps rêvé, aussi aimable et spirituel que savant. Aulu- Gelle lui voua un véritable culte : il considérait ses paroles comme des oracles ; le cours fini, il lui soumettait presque toujours quelque question et notait mot
(1) Aulu-Gelle, II, 27; XIII, 22.
(3) XVI, 3, 1. — Cf. III, 1 ; II, 26.
(4) XIX, 8. — Cf. II, 26.