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XVI

LES PAÏENS

par mot ses réponses. Ni l'âge ni l’absence n’affaiblirent cette confiance et cette touchante affection.

C'était la mode alors, pour les jeunes gens de bonne famille, d’aller terminer leurs études à Athènes. Curieux comme il l’était et respectueux des gloires consacrées, Aulu-Gelle ne pouvait manquer d’entreprendre ce pèlerinage classique. La Grèce l’enchanta, et cette période de sa vie devait laisser dans sa mémoire des souvenirs toujours vivants (1). Il fut à Athènes ce qu'il avait été à Rome : l’écolier modèle. Du matin au soir, il suivait des cours ou assistait à de savantes conversations. En peu de temps, il devint le familier de ses nouveaux maitres. Il entendit le fameux philosophe cynique Peregrinus, cet original qu’on avait surnommé Protée, et qui plus tard, pour réveiller l’attention du public, imagina de se brûler tout vif aux jeux d’Olympie : il demeurait alors aux portes d’Athènes, dans une cabane, où notre étudiant lui rendait souvent visite i2b Pourtant Aulu-Gelle se plaisait beaucoup plus dans la société d’Hérode Atticus : c’était un grand personnage, qui avait autrefois brillé à Rome et avait été l’un des professeurs de Marc-Aurèle ; il s’était retiré en Attique, où il employait une partie de ses richesses à doter Athènes de monuments ou de travaux d’art, et où tout le monde révérait en lui le bienfaiteur attitré du pays dont il était aussi la gloire. Dans sa magnifique villa de Képhissia, dont on vantait les eaux fraîches et les ombrages, Hérode aimait à recevoir les Romains distingués qui séjournaient à Athènes ; Aulu-Gelle allait fréquemment passer quelques jours chez lui, et tirait bon profit de ses entretiens (3). Pendant une de ces villégiatures, le jeune homme fut pris de la fièvre et dut s’aliter; dès qu’on le sut, ses camarades vinrent le

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