I, 26 ; VII, 13 ; XVII
LES PAÏENS
un beau discours sur la constance dans la douleur (1). Apprendre, et toujours apprendre, telle était l'idée fixe d' Aulu-Gelle. Quand les maîtres n'étaient pas là, on s'instruisait encore entre camarades. Tous ces jeunes gens discutaient gravement pendant leurs promenades à travers les bosquets du Lycée, pendant leurs excursions à Eleusis, même dans la barque qui les ramenait d’Egine au Pirée (2). Tous les huit jours, avait lieu un dîner d’étudiants ; Aulu-Gelle y assistait régulièrement et s’y plaisait, car il y entendait souvent des conversations utiles ; mais il y avait pris en horreur un Crétois qui songeait uniquement àboire ou à faire boire, et qui prétendait couvrir son conseil de l'autorité de Platon. Les fêtes des Saturnales amenaient, dans ce monde des étudiants, une série d'amusements et de banquets. A l’heure du bain, on jouait aux sophismes, comme d'autres aux dés ou aux osselets ; on se les lançait à la tête, et, suivant qu’on trouvait ou non la réponse, on recevait ou l'on payait un sesterce; puis on mettait en commun tous les gains, ce qui fournissait aux frais d’un souper pour tous les joueurs. De plus, pendant cette période d’agapes, chacun offrait à son tour un dîner; celui qui régalait déposait sur la table un livre et une couronne de laurier; il préparait autant de questions qu'il y avait de convives, et l'on tirait au sort ; le premier qui trouvait une solution juste recevait la couronne et le livre; si personne ne devinait; le prix était consacré à Saturne, le dieu de la fête (3). Ainsi, jusque dans les réunions d’étudiants, Aulu-Gelle rencontrait ce qui lui plaisait tant aux cours et dans les conversations des maîtres athéniens : un mélange de sérieux et de gaieté, un moyen de s’instruire sans ennui. Ce séjour à Athènes devait rester toujours l’âge doré de sa vie.