IX, 4: XVI
(2) Praefat., 23.
AULU-GELLE
une lettre de convocation où on lui ordonnait de siéger « à partir du jour des calendes » ; pris de scrupule, et ne sachant si le jour des calendes était compris ou non dans lasession, il alla demander l’avis d’Apollinaire fl).
Cependant les tribunaux lui laissaient des loisirs. Il les consacrait tout entiers à l’étude ; il continuait ses investigations littéraires, historiques, philologiques ; il courait les bibliothèques et les boutiques des libraires; il entendait des cours, des déclamations. Son plus grand bonheur était de se promener aux endroits où l’on était sûr de rencontrer des groupes de rhéteurs, de grammairiens, de philosophes, de poètes, partout où l’on causait, où l'on discutait : aux environs du Palatin, au Champde-Mars, sur la place Agrippa, au Forum de Trajan, dans la rue des Cordonniers, dans le quartier des Sigillaires, chez Favorinus, chez Apollinaire, chez Fronton. Aulu- Gelle, pendant son séjour à Athènes, était resté en correspondance avec ses amis de Rome ; de retour en Italie, il avait été accueilli à bras ouverts par ses camarades et ses anciens maîtres ; et il avait repris ses habitudes d’autrefois. Tous les moments qu’il pouvait dérober aux affaires de son métier ou à l’étude, dont il se faisait également un devoir de conscience, il les passait dans cette société d’honnêtes gens aimables pour qui les lettres étaient tout. 11 suivait Apollinaire ou Fronton, comme l’ombre suit le corps ; il dînait souvent chez Favorinus, chez Julianus, ouchezle poète JuliusPaulus, qui avait une jolie villa au Vatican; on lisait à table quelque ancien auteur, puis on le commentait jusqu’au soir, et l’on discutait encore dans la rue, en rentrant chez soi (2). Mais ces heureux entr’ actes qui lui rappelaient sa jeunesse, ces loisirs intelligemment remplis qu’il savait se ménager dans sa vie affairée d’avocat ou