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XI

(2) Id., XI, 27-29.

LES PAÏENS

avec joie les fonctions de cette antique corporation qui remonte au temps de Sylla. Je ne cache ni ne couvre ma tète chauve; mais je laisse voir mon crâne à tout venant (1). »

Telle est cette œuvre étrange, très mêlée sans doute, mais puissante et savoureuse, l’une des plus originales et des plus curieuses que nous ait léguées l’antiquité. Comme dans l'Histoire de Pantagruel ou le Don Quichotte, on trouve de tout dans l 'Ane d'or : des histoires enfantines, les aventures d’un baudet ; des contes populaires, mis au point par le plus habile artiste ; ici de la délicatesse, là de la violence et de la crudité; du fantastique, du réalisme, de la satire, des tableaux de mœurs, des souvenirs personnels; un singulier mélange de scepticisme et de dévotion, d'érudition et de façons populaires, de laisser-aller et de raffinement ; des négligences, du mauvais goût, mais partout de l’esprit, de la verve, une bonne humeur entraînante, d’heureuses hardiesses, une imagination ardente et mobile qui s’enflamme à propos de tout et jaillit en tout sens pour retomber en lumière et en couleur. Par cette variété d’aspects, l'Ane d’or offre pâture à tous les goûts; par la richesse du contenu et l’éclat de la forme, il a enchanté les lecteurs de tous les temps.

Pour rendre tant d’impressions vives, pour fixer les aspects pittoresques de la vie sociale et laphysionomie changeante des choses, Apulée dut créera son usage une nouvelleforme littéraire. Lui-même se rendait bien compte qu’il ne parlait point le langage de tout le monde, et il

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